6171299Xavier Bettel, 42 ans et Premier ministre du Luxembourg, est devenu le premier dirigeant uni par les liens d’un mariage homosexuel dans l’Union européenne.

Il ne voulait pas médiatiser l’événement, mais impossible d’échapper aux journalistes, car la cérémonie était historique: le Premier ministre libéral du Luxembourg, Xavier Bettel, a épousé, son compagnon, et est ainsi devenu le premier dirigeant uni par les liens d’un mariage homosexuel dans l’Union européenne.
Le jeune Premier ministre, 42 ans, avait fait savoir, en août 2014, son intention de se marier avec Gauthier Destenay, un architecte belge avec lequel il est lié par un contrat d’union civile depuis 2010. “Il m’a demandé et j’ai dit oui”, avait-il déclaré au journal américain (en anglais).

“Merci aux Luxembourgeois”
Quelques mois après l’entrée en vigueur du mariage pour tous dans le pays, la cérémonie a eu lieu à l’hôtel de ville de la capitale du Grand duché. “Le Luxembourg peut donner l’exemple”, s’est enthousiasmé l’un des convives, l’animateur Stéphane Bern, cité par l’Essentiel.

Xavier Bettel est ressorti ému aux larmes de l’hôtel de ville, précise le journal luxembourgeois, face à une centaine de personnes et sous les poignées de riz lancées par quelques spectateurs. Le Premier ministre s’est contenté de souhaiter à tout le monde “d’être aussi heureux que [lui] aujourd’hui”, avant de remercier ses compatriotes.

Lorsque l’on voulait obtenir les suffrages de ses concitoyens ou être respecté par ceux que l’on dirige, il a été longtemps préférable de cacher son homosexualité sous peine de ne jamais épouser la carrière politique ou militaire. C’est donc souvent après leur mort qu’on a appris l’homosexualité de certains célébrités ou hommes politiques. Si dans les temps anciens, nombre d’empereurs ou de rois ont été des homosexuels affichés, car au-dessus des lois, la démocratie a souvent obligé les homosexuels à ne rien révéler de leur orientation sexuelle. Au début du 20e siècle, les ministres ou députés dont on découvrait l’homosexualité étaient livrés en pâture aux caricaturistes et à une presse violemment homophobe et leur carrière ruinée. Ce n’est qu’au début du 21ème siècle, que quelques hommes politiques ont fait leur coming out avant même d’être élus et se sont aperçus que l’électorat, dans sa majorité, n’en faisait plus un motif de rejet dans le monde occidental.

En juin 1997, André Labarrère, le maire socialiste de Pau (Pyrénées-Atlantiques), a été le premier homme politique d’envergure à faire son coming out. Alors âgé de 70 ans, cet ancien ministre n’a alors plus rien à cacher et se dévoile dans un roman, Le Bal des célibataires.
Un an plus tard, alors qu’il vise la mairie de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë brise le même tabou par « devoir de solidarité envers les homos », explique-t-il dans « Zone interdite », sur M6. « C’était héroïque », commente Jean-Luc Romero. « Un billet sans retour », appuie Bruno Julliard.
D’autres s’engouffrent dans la brèche. Ainsi, en 1999, l’ancienne députée-maire PS de Dreux (Eure-et-Loir), Françoise Gaspard, devient la première femme politique à déclarer son homosexualité dans une interview au Nouvel Observateur.

Si la gauche française se révèle plus ouverte, la droite tarde à s’inscrire dans son sillage. Pourtant, elle aussi compte en son sein quelques personnalités homosexuelles, à l’image des ministres Jean-Jacques Aillagon et Frédéric Mitterrand qui, venus de la société civile, ne s’en cachent pas.

Guido Westerwelle, 53 ans, ancien ministre allemand des Affaires étrangères, avait scéllé son mariage à Bonn en 2010 avec Michaël Mronz, 53 ans, organisateur d’événements sportifs. Le mariage homosexuel n’étant pas reconnu en Allemagne, c’est un «partenariat domestique», l’équivalent du pacs français, qui a été scellé devant le maire, en comité restreint. Westerwelle, proche d’Angela Merkel, a fait son coming out en 2004, un an après avoir rencontré Mronz. Il n’est pas pour autant devenu un militant de la cause gay, et considère son mariage comme une «affaire privée». Westerwelle avait déjà expliqué qu’il ne se rendrait pas en couple, en tant que ministre, dans les pays où l’homosexualité n’est pas tolérée.

En Europe, 14 pays autorisent le mariage homosexuel

Aujourd’hui, 14 pays européens (dont 12 membres de l’Union européenne) reconnaissent le mariage homosexuel : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009, avec une disposition obligeant l’Eglise à trouver un pasteur pour célébrer les mariages religieux), la Norvège (2009), le Portugal (2010), l’Islande (2010), le Danemark (2012), la France (2013), la Grande-Bretagne (Angleterre et Pays de Galles en 2013, Ecosse en 2014), le Luxembourg, la Slovénie, la Finlande et enfin l’Irlande (2015).

Quelle législation européenne ?

L’Union européenne dispose de compétences très limitées en ce qui concerne la famille. De son côté, la Cour européenne des droits de l’Homme a estimé en 2004 que “le fait de réserver le mariage à des couples constitués d’un homme et d’une femme relève des prérogatives des lois nationales et ne constitue pas une discrimination” (bien qu’en 2008 cette même Cour ait considéré que l’homosexualité ne pouvait “justifier une différence de traitement juridique quant à la possibilité de devenir parent”).
En 2003, le Parlement européen avait demandé à tous les Etats membres de l’Union Européenne “d’abolir toute forme de discrimination (législative ou de facto) dont sont victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d’adoption d’enfants”.

En 2010, le Parlement européen a de nouveau évoqué le sujet, en soulignant que le droit à la liberté de circulation n’était pas garanti pour les couples homosexuels. En effet, si un tel couple uni dans un pays décide d’emménager dans un autre qui ne reconnaît pas cette union, et donc les droits inhérents (adoption, sécurité sociale, héritage), ceci constitue une discrimination et une violation du droit de l’UE. La Commission européenne travaille à la reconnaissance mutuelle de tels droits sur l’ensemble du territoire européen. La législation européenne pourrait ainsi évoluer.

L’Europe tente d’imposer l’homosexualité à l’Afrique

L’Europe n’a pas réussi à faire reconnaître le droit des homosexuels africains. Durant le dîner qui rassemblait les chefs d’Etat des deux continents, à Bruxelles, le chef du gouvernement belge Elio Di Rupo a pourtant lancé un vibrant réquisitoire : « Nous ne pouvons pas tolérer, où que ce soit, que certains soient privés de leurs droits et persécutés en raison de leurs origines, de leur orientation sexuelle, de leur religion ou de leurs convictions ». Le premier ministre socialiste a lui-même rendu publique son homosexualité en 1996, au lendemain de l’affaire Dutroux qui lui avait valu une ignoble campagne d’information l’accusant de pédophilie. Ses hôtes l’ont écouté poliment mais son ardent plaidoyer ne les a pas fait changer d’avis.

Sur le continent africain, seule l’Afrique du Sud a légalisé le mariage homosexuel, en 2006. Quarante pays sur 54 condamnent l’homosexualité de différentes peines.
La palme revient au zimbabwéen Robert Mugabe qui soutient que les « homos sont pires que les chiens et les cochons ». Le 28 février, le Président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi qui criminalise la « promotion » de l’homosexualité et rend obligatoire la dénonciation des homosexuels.

A Bruxelles, les Européens ont tout fait pour faire infléchir la position des Africains. Durant les réunions préparatoires au sommet des chefs d’Etat, les diplomates ont tenté de faire passer dans la déclaration finale une mention relative à « l’égalité des sexes et des droits des groupes les plus vulnérables, incluant ceux appartenant à des minorités ». « Nous nous y sommes opposés, explique un diplomate ouest-africain. Aucun de nos parlements ne peut faire adopter une loi reconnaissant l’union entre personnes d’un même sexe sous peine de se retrouver avec son opinion publique sur le dos.

Macky Sall, le Président sénégalais, a bien résumé la situation lors de la visite à Dakar en 2013 du président Obama, qui demandait aux Africains d’évoluer sur la question. Le président sénégalais lui avait répondu que l’Afrique n’y était culturellement pas prête, tout comme les Etats-Unis pour la peine de mort ». Nous africains, nous avons nos propres cultures et personne ne nous imposera d’autres cultures. «Nous avons notre code de la famille, nous avons notre culture, nous avons notre civilisation. Il faut que les gens, aussi, apprennent à respecter nos croyances et nos convictions. Au nom de quoi doit-on penser que parce que ailleurs, on pense que l’homosexualité doit être dépénalisée, que ça doit être une loi universelle ? Au nom de quoi ça doit être une loi universelle ? Il faut respecter le droit également pour chaque peuple de définir sa propre législation. Je ne vois pas pourquoi on doit nous imposer cette vision. Les gens doivent avoir la modestie de comprendre que tous les pays ne sont pas les mêmes, n’ont pas les mêmes histoires, évolutions. Chaque pays a son propre métabolisme. Ce sont des problèmes de société, chaque société doit apprécier selon ses capacités dixit le Président Macky Sall.

Africpost

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