LES POINTS MARQUANTS
  • En 2040, l’Afrique abritera un milliard de citadins.
  • Un nouveau rapport sur l’urbanisation en Afrique dresse la liste des défis urbains actuels, notamment à Bamako.
  • Par exemple, les ménages africains consacrent l’essentiel de leurs dépenses au logement soit 55 % de plus que dans d’autres régions du monde. Comment changer cela ?

Selon le nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « Ouvrir les villes africaines au monde », les quelque deux millions d’habitants de Bamako, n’ont toujours pas accès aux logements, services et emplois dont ils ont besoin. Ce rapport sur l’urbanisation de l’Afrique préconise d’accompagner la forte croissance démographique des agglomérations africaines d’investissements dans les infrastructures. Ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui.

Le manque de zones aménagées favorise l’apparition de quartiers informels à forte densité, peu desservis en infrastructures et insuffisamment connectés aux principaux centres d’activités. Cela génère, également des problèmes de mobilité urbaine, d’accès aux services de base et d’emploi.

C’est le cas du «Quartier sans fil» ou «TSF», un quartier informel érigé spontanément dans la commune II du district de Bamako, et confronté au manque d’hygiène, d’assainissement et d’eau potable.

« Il n’y a aucune voie de canalisation pour l’évacuation des eaux usées. La seule voie qui existait a été barrée par les habitants du quartier de la Cité du Niger», indique Adama Coulibaly, conseiller du chef de quartier.

Les habitants de ce quartier ont fini par s’habituer aux eaux stagnantes et boueuses où l’on a posé de gros cailloux pour permettre aux piétons, notamment les enfants, de traverser. Une situation pourtant dangereuse selon Somik Lall, économiste principal à la Banque mondiale et corédacteur du rapport, récemment en visite à Bamako, « le surpeuplement, le manque de connectivité et les coûts élevés pour les ménages et les entreprises, freinent le développement urbain et sont source de problèmes quotidiens pour les habitants. Comparé à d’autres régions, l’essentiel des dépenses des ménages africains sont consacrées au logement. »

Pour lui, « la pauvreté des villes africaines tient davantage à leur absence d’ouverture sur le monde qu’à l’essor démographique et au manque d’investissement. Les villes africaines produisent peu de biens et de services exportables sur les marchés régionaux et internationaux ».

Le rapport souligne que dans des villes comme Bamako et Maputo (au Mozambique), les constructions anarchiques ou mitage urbain, représentent plus de 50 % de l’évolution du tissu urbain de 2000 à 2010. Dans de nombreuses autres agglomérations, cette part avoisine ou dépasse les 40 %. Ce genre de phénomène ne fait qu’empirer les trajets entre le domicile et le lieu de travail, qui sont particulièrement difficiles et coûteux dans les villes africaines. Vient s’ajouter à cela la faiblesse des infrastructures de transport. Tous ces facteurs freinent le  développement de l’économie.

Pour y remédier et améliorer les conditions de vie dans les villes africaines, la Banque mondiale aide le Mali à renforcer les capacités institutionnelles de leurs municipalités à travers le Projet d’appui aux communes urbaines du Mali (PACUM), qui est en cours d’exécution depuis 2012. Ce projet devrait permettre d’améliorer l’efficacité des communes et de développer la construction d’infrastructures ainsi que la fourniture de services urbains à leurs habitants, en leur versant des allocations conditionnelles, en fonction de leur performance.

Par ailleurs, les besoins en investissement sont déterminés suivant une dynamique participative, afin de s’assurer que les choix d’investissement des conseils communaux répondent aux priorités objectives des populations.  

Jusqu’à présent, les villes couvertes par le projet étaient Bamako, Kayes, Sikasso, Ségou et Mopti. Depuis novembre 2016, dix autres villes, dont Kita, Koulikoro, Niono, Bla et Gao bénéficieront également de cet appui.

Banque Mondiale

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