Les-couples-presidentiels-americains-et-burundais-a-la-Maison-Blanche

Les émissaires du gouvernement Burundais au premier Sommet USA-Afrique sont souriants. En plus de l’infirmation de la présence d’une milice Burundaise en formation en RDC, les hôtes de Washington ont plutôt usé d’un langage optimiste.

La dernière « bonne nouvelle », relayée énergiquement par la communication de la Présidence concerne le point 15 du récent rapport des Nations Unies devant le Conseil de sécurité : « Des enquêtes menées par la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) n’ont produit aucune preuve de la présence des Imbonerakure ni d’un entraînement paramilitaire d’éléments burundais en RDC. »

Auparavant, la rencontre entre le président Nkurunziza et le Directeur Général-adjoint du Fonds Monétaire International – FMI s’était soldée par des propos plutôt rassurants. « Les chiffres montrent que les critères de réalisation quantitatifs ont été observés » a expliqué Min Zhu, alors que le Burundi s’apprête à conclure une série d’étapes menant vers plus de facilité pour des crédits auprès de l’organisme.?Le Secrétaire général des Nations Unies a par ailleurs rappelé que, « malgré une série de chocs, l’économie burundaise connaît une amélioration avec une croissance de 4,5% en 2013. »

Apres-la-rencontre-aver-le-Directeur-general-adjoint-du-FMI

Sans parler des propos forts courtois du diplomate américain en chef, lors de la conférence conjointe avec le numéro un Burundais lundi dernier. John Kerry a rappelé l’étroit engagement des deux gouvernements pour « une stabilité nationale et régionale à long terme », notamment en luttant contre les violations de droits de l’homme, les violences politiques et en renforçant les domaines militaire, judiciaire ou encore la santé.?Le dossier Pierre Claver Mbonimpa, ou la question du troisième mandat de Pierre Nkurunziza, reçu á la Maison Blanche ce mardi 5 Août avec une quarantaine d’autres chefs d’État africains  ? Aucun de ces sujets n’a été soulevé par M. Kerry lors du tête-à-tête avec le président, assure-t-on dans la délégation burundaise.?Sur la même lancée, M. Nkurunziza a pleinement joué la carte du défenseur de la stabilité et de la paix sur le continent africain, alors que le Burundi préside ce mois d’août 2014 le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine. « Une approche globale est nécessaire car faire l’économie des conséquences outre-mers de nos conflits serait une erreur, aussi monumentale et fatale que les conflits eux-mêmes », a-t-il-martelé lors d´une rencontre dédiée á la sécurité en Afrique. 

Pourtant, les mises en garde, en filigrane, n´ont pas manqué justement de la part du Secrétaire d’État américain. Vantant une « une société civile forte, le respect pour la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme, des valeurs qui sont pas seulement américaines, mais universelles », John Kerry a affirmé que « la plupart des peuples d’Afrique sont favorables à une limitation à deux mandats pour leurs dirigeants. »

Sur la question des élections justement, M. Kerry a rappelé que « c’est au Burundi de préserver les engagements pour des élections libres, transparents et paisibles »?Ce qui est loin du compte, en lisant les points 59 et 60 du rapport du Secrétaire général des Nations Unies devant le Conseil de sécurité : « À moins d’un an des élections, je suis préoccupé par l’augmentation constante du nombre d’actes de violence et de violations des droits de l’homme par rapport à la même période en 2013 », écrit Ban Ki-moon.?Et d’ajouter : « Pour être crédible, le processus électoral doit aussi offrir des conditions équitables garantissant l’égalité des chances à tous les candidats et donnant aux électeurs la possibilité de faire leur choix sans redouter la violence ou l’intimidation. Tel n’est hélas pas le cas actuellement. »

 

 

Source : Les voix du Burundi

 

 

 

 

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