Former Chadian dictator Hissene Habre is escorted by military officers  after being heard by judge on July 2, 2013 in Dakar. Senegalese authorities charged Hissene Habre with genocide and crimes against humanity and remanded him in custody on Tuesday in a prosecution seen by many as a milestone for African justice. The 70-year-old was also charged with war crimes and torture during his eight years in power in Chad, where rights groups say 40,000 people were killed under his rule, a court source and his lawyers told AFP.   AFP PHOTO / STRINGER        (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

Former Chadian dictator Hissene Habre is escorted by military officers after being heard by judge on July 2, 2013 in Dakar. Senegalese authorities charged Hissene Habre with genocide and crimes against humanity and remanded him in custody on Tuesday in a prosecution seen by many as a milestone for African justice. The 70-year-old was also charged with war crimes and torture during his eight years in power in Chad, where rights groups say 40,000 people were killed under his rule, a court source and his lawyers told AFP. AFP PHOTO / STRINGER (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

Le procès de Hissène Habré commencera le 20 juillet prochain à Dakar, ont annoncé mercredi 13 mai les Chambres africaines extraordinaires. L’ancien président du Tchad exilé au Sénégal est poursuivi pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.

Le 20 juillet prochain, un procès historique s’ouvrira au palais de justice Lat Dior de Dakar. Ce sera la première fois qu’un ancien président africain sera jugé en Afrique dans un pays qui n’est pas le sien au nom de la compétence universelle.

« Il sera historique à condition qu’il respecte les règles d’une justice impartiale que les principes de droit ne soient pas bafoués », prévient déjà le Défenseur des droits de l’homme Reed Brody qui ne cachait pas mercredi sa joie. « Il aura fallu 24 ans, mais la justice a fini par rattraper Hissène Habré », a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille avec les survivants depuis 1999. « Cette affaire démontre aux despotes, où qu’ils se trouvent, qu’ils ne seront jamais hors de portée de leurs victimes. »

L’accusation a pris le temps d’étayer son dossier au terme de quatre Commissions rogatoires au Tchad, de l’audition d’environ 2 500 témoins et victimes et bien sûr, l’exploitation des archives de la DDS, la politique de l´époque. 

De son côté, l’ancien président tchadien ne reconnait pas les Chambres africaines extraordinaires. Hissène Habré a toujours gardé le silence pendant les auditions et on ne sait pas s’il parlera lors de son procès. C’est l’une des grandes inconnues.

Mais pour les victimes là n’est pas l’essentiel. L’important est que ce procès s’ouvre enfin. Ce sera pour elles la concrétisation d’un rêve qui paraissait un peu fou au départ, mais qui à force de ténacité et d’imagination va bientôt, elles n’en doutent plus, se réaliser.

Habré sera jugé pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre devant les Chambres africaines. Les Chambres ont été inaugurées par le Sénégal et l’Union africaine en février 2013 pour juger « la oú les personnes » les plus responsables pour les crimes internationaux commis au Tchad entre 1982 et 1990, quand Hissène Habré était au pouvoir. Le Juge Gberdao Gustave Kam du Burkina Faso, Président de la Chambre d’Assises, sera assisté de deux juges sénégalais expérimentés.

Les survivants du gouvernement de Habré ont accueilli l’annonce des dates du procès avec satisfaction. « Je veux pouvoir regarder Hissène Habré dans les yeux et lui demander pourquoi j’ai pourri trois années en prison, pourquoi mes amis ont été torturés et tués » a déclaré Souleymane Guengueng, qui a failli succomber aux mauvais traitements endurés pendant près de trois ans dans les prisons de Hissène Habré, puis a fondé l’Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissène Habré (AVCRHH).

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Le 25 mars 2015, un tribunal au Tchad a condamné 20 agents de l’appareil répressif du régime de Hissène Habré pour actes de torture et meurtres.

Africpost avec Dakar24.sn

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