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Pour le président de l’observatoire de la protection des enfants contre les abus du Sénégal, Paul Sedar Diouf, l’abuseur sexuel des enfants va du tourisme occidental aux autres nationalités, notamment les Français, les Italiens et les Belges. Selon les statistiques officielles, le pays de la Téranga draine chaque année cinq cent mille (500 000) visiteurs; attirés par le soleil, les plages, la ‘’mer calme et protégée’’ vantées par les agences de voyages.

Ces atouts existent à foison sur la petite côte, qui concentre plus du quart de la capacité d’hébergement du Sénégal. C’est dans cette localité que se situe la station balnéaire de Saly. Anciennement repère des prostituées et des leaders, elle est en passe de devenir le lieu de prédilection pédophiles.

Auteurs et victimes

‘’Ces touristes européens ne font pas d’effort pour rencontrer ces enfants et autres prostituées comme compagne de nuit’’ explique Fall, un travailleur occasionnel à Saly. En effet, attirés par les bars et restaurants des plages et surtout par la générosité des visiteurs ‘’ blancs ’’, les jeunes deviennent une proie facile. ‘’Les touristes sont pratiquement envahis par ces enfants. Ces petits garçons et filles s’accrochent à eux jusqu’à ce qu’ils leurs jettent une pièce d’argent’’, affirme Ibrahim Blaz, un serveur de bar. Avant d’affirmer qu’ils ne peuvent pas chasser ces enfants aux risques de se faire taxer d’égoïstes par d’autres visiteurs locaux.

Lamine, chauffeur à Mbour ne dit pas le contraire quand il affirme que dans la société sénégalaise, la mendicité n’est pas condamnée. Pour eux, c’est un fait normal de société. ‘’ Alors que toute la population est avertie par le phénomène de la pédophilie sur plusieurs affiches.

Pour le président de l’observatoire de la protection des enfants contre les abus du Sénégal, Paul Sedar Diouf, l’abuseur sexuel des enfants va du tourisme occidental aux autres nationalités, notamment les Français, les Italiens et les Belges. A côté, de ce fort contingent, il y a des africains de l’ouest et des natifs des lieux. ‘’Ce n’est pas une question de nationalité mais de comportement d’adulte envers les enfants ‘’affirme-t-il.

D’après « Avenir de l’enfant », une association pour les enfants errants basée à Rufisque à vingt-huit (28) Km de Dakar, les premières victimes d’abus sexuels étaient des petits garçons. Les dernières en date sont les jeunes filles à Mbour, à l’ouest du Sénégal où la pédophilie s’est greffée au tourisme sexuel très développé dans cette zone.

En effet, « avenir de l’enfant » a recensé plus de 56 cas d’abus sur les enfants, de façon globale depuis 2002. Grâce aux actions de ces Organisations non gouvernementales (ONG) plusieurs auteurs ont été appréhendés. En février 2003, un français d’une soixantaine d’année résidant à Saly a abusé d’une fillette de 8 ans. Celui-ci a nié les faits, seulement ‘’il a été confondu par les détails fournis par la fillette’’, raconte un agent des forces de l’ordre sénégalais. Reconnu coupable, en mars de la même année, il a été condamné à 10 ans de prison ferme et 3 millions Fcfa, soit 4 500 Euros de dommages et intérêts par la justice sénégalaise.

Un autre français de la même localité avait purgé en 2000, une peine de 6 mois de prison ferme à Mbour pour les mêmes délits. Les Sénégalais se souviennent de la mise en examen, en 1995, en France, du prêtre et médecin français François Lefort ex-créateur de l’Ong « des enfants de la rue » en Mauritanie et au Sénégal. Il était suspecté de viol dans le pays de la Téranga.

Les approches de solutions

Pour le président de l’observatoire, la solution de la pédophilie passe par la conversion. Pour lui, ‘’il faut en parler d’abord et par la suite examiner la situation à la base de ces pratiques. C’est la pauvreté qui fait de ces enfants des proies faciles. Il nous semble que les activités directes de sensibilisation ont un impact certain. Il faut aussi impliquer le milieu hôtelier, appliquer des sanctions exemplaires contre les auteurs reconnus de pédophile. Mais surtout, prendre en charge les victimes’’.

L’observatoire pour la protection des enfants

Depuis 2002, un observatoire pour la protection des enfants contre les abus a été installé par l’association « Avenir de l’enfant » (Ade) à Mbour près des stations Balnéaires de la ‘’petite côte’’. C’est un lieu d’écoute 24h/24. Il a été mis sur pieds suite à une série d’actions menées contre les violences sexuelles notamment, faites aux enfants.

Auparavant, il existait un comité d’initiative de lutte contre la pédophilie formé en 1998. Chaque mercredi ou samedi les membres sillonnent les plages, les hôtels et plusieurs établissements de cette station balnéaire, le site phare de la ‘’ petite côte’’ pour sensibiliser contre cette pratique.

Les actions vont se poursuivre dans les écoles, quartiers, boîtes de nuit et même les radios de proximité. Les actions de l’observatoire et autres Organisation Non Gouvernementale (ONG) ont amené les autorités à réagir.

 

Auteur : Théodore KOUADIO

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