Un étudiant a été tué mercredi soir (le 23 juillet 2014), à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal. Le drame, qui a eu lieu devant l’entrée du restaurant universitaire, ne serait pas étonnant, compte tenu de la situation de “misère” dans la quelle vivent les apprenants. Depuis ce drame, “l’université a été transformée en une véritable caserne”, apprend-t-on.

(A Dakar)

Saer Boye a rendu l’âme au moment d’arriver chez le médecin. Une mort qui a surpris ses camarades étudiants, mais pas ce responsable de l’université, qui estime ne pas être étonné que ce drame survienne de cette façon. D’autant plus que le restaurant du campus a une capacité de 5 000 repas par jour pour 100 000 étudiants !

« Ce n’est pas étonnant qu’il y ait des confrontations devant le restaurant universitaire ! Les étudiants sont fatigués car ils vivent dans des conditions déplorables, fustige ce responsable qui a préféré garder l’anonymat. Ils ne mangent pas à leur faim, sont mal logés, et vivent dans une tension permanente ! Nous sommes en plein mois de Ramadan, la queue devant le restaurant universitaire est interminable. Vous attendez deux heures voire trois heures de temps avant de pouvoir vous restaurer. C’est donc normal qu’il y ait des bagarres. Comment voulez-vous qu’il n’y en ait pas ? Les esprits sont surchauffés ! Et ils ne peuvent compter sur personne pour améliorer leur sort. »

Tension accentuée par la police

Un avis partagé par le docteur Mamadou Sy, qui déplore aussi que plus rien ne va à la faculté, qui autrefois représentait pourtant la plateforme universitaire de référence en Afrique, mais aussi dans de nombreux pays du monde. Tant le niveau était élevé et l’enseignement de très bonne qualité. « L’étau se resserre sur les étudiants qui vivent en ce moment sous tension. Au lieu que le pouvoir tente de dialoguer avec eux et de les comprendre, il les brime alors que ce sont eux qui constituent l’élite du pays demain, confie le médecin. Tous leurs avantages ont été détruits par le régime en place. Ils n’ont pas accès à leurs bourses. Conséquence, ils ne peuvent pas subvenir à leurs besoins pour se nourrir, se loger, et gérer leurs études ».

Selon le médecin, « la tension est aussi accentuée par la présence excessive des policiers, qui tentent d’étouffer tout mouvement de grève. Avant-hier, de nombreux étudiants ont dormi à l’amphithéâtre de peur de la répression policière après le rassemblement lors de leur assemblée générale qui a été vite dispersée par les forces de l’ordre ». Désormais « l’université a été transformée en une véritable caserne. Les étudiants vivent avec les policiers » », dit-il en esquissant un sourire. « Ça n’a tout simplement aucun sens ».

 

ASSANATOU BALDÉ / Afrik.com

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