L’avocat Baba Diop a estimé vendredi à Dakar que l’Etat du Sénégal devrait parfaire l’arrêté ministériel encadrant l’activité de câblodiffusion au Sénégal, en le transformant en loi. 

Me Diop intervenait à une conférence de presse de la Société de redistribution de télévisions par câbles et services (SORETEC). Des dizaines de câblodiffuseurs venus de plusieurs régions du pays ont participé à la rencontre avec les journalistes. 

“L’activité de câblodiffusion est régie par un arrêté ministériel. […] Dans cet arrêté, il est prévu que cette activité soit ensuite régie par une loi”, a rappelé Me Diop, conseil de la SORETEC. 

“J’appelle les autorités du pays, dont l’ARTP (Autorité de régulation des télécommunications et des postes), à s’atteler à la perfection de la réglementation, qui en est à ses débuts”, a insisté Baba Diop. 

Il estime que la câblodiffusion doit faire partie des activités que surveille l’ARTP, “parce que c’est une tâche qui, en partie, relève de la télécommunication”. 

“Quand les câblodiffuseurs se sont adressés à l’ARTP, cette dernière avait estimé que leur activité ne relevait pas de ses compétences”, a-t-il signalé, en présence de Moda Sèye, le responsable de la migration numérique, à l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes. 

La câblodiffusion consiste – au Sénégal du moins – à distribuer des programmes de télévision, en dehors des réseaux traditionnels et formellement dédiés à cette activité, Canal Horizons et Excaf Télécoms par exemple. 

Les câblodistributeurs disent garantir “l’accès facile à l’information et l’autonomie de la réception entre plusieurs postes de télévision d’une même famille”, se vantant d’avoir fait “ce qu’aucun opérateur n’a la possibilité de faire” au Sénégal. 

La SORETEC en regroupe “302, et chacun d’entre eux travaille avec quatre personnes au moins : deux agents de recouvrement et deux techniciens. Cela donne plus de 1.200 emplois”, a déclaré son gérant, Ousmane Diouf. 

“Il y a des câblodistributeurs qui ne sont pas membres de la SORETEC”, a-t-il souligné. 

“Comme tous les opérateurs, nous avons reçu du ministère chargé des télécommunications une convention de concession, qui est annexée d’un cahier des charges”, a signalé M. Diouf, semblant confirmer la tendance à la baisse des poursuites judiciaires contre les câblodiffuseurs. 

Mais, relève Moda Sèye de l’ARTP, la SORETEC est une structure “qui n’est pas encore légalement connue de nos services”. “Les opérateurs que nous connaissons, ce sont ceux qui sont liés à l’Etat par une convention de concession annexée d’un cahier des charges et opèrent dans le domaine de l’audiovisuel. Ce sont les opérateurs auxquels nous avons attribué des fréquences”, a-t-il précisé. 

Le technicien de l’organe de régulation reconnaît toutefois, en parlant des câblodiffuseurs, que “le fait de les rencontrer à l’occasion de cette réunion (la conférence de presse) nous a permis de constater qu’il y a un groupe important de Sénégalais qui ont apparemment les moyens, avec diverses techniques, d’exploiter des réseaux audiovisuels”. 

Les agents de câblodiffusion ne sont pas légalement connus de l’organe de régulation des télécommunications, parce “l’ARTP nous a dit que son rôle se limite à l’attribution des fréquences”, a dit le gérant de la SORETEC. 

“Compte tenu de cela, a expliqué Ousmane Diouf, les autorisations des télédistributeurs se font au ministère. […] L’ARTP délivre les fréquences. Nous n’avons pas besoin de fréquences pour faire notre travail.” 

Baba Diop affirme que la câblodiffusion génère “des milliers et des milliers d’emplois” au Sénégal, au point que cette “activité est devenue incontournable dans le paysage audiovisuel sénégalais”. 

Un avis que semble partager Moda Sèye de l’ARTP : “Il est important que la restructuration en cours de l’audiovisuel prenne en compte cette [activité] de manière précise. J’ai pris connaissance de la volonté et de l’engagement des câblodistributeurs de servir le Sénégal.” 

“Je pense que c’est important que le CONTAN (Comité national de pilotage de la transition de l’analogique vers le numérique) les prenne en considération et cherche dans quelle mesure l’Etat peut les utiliser, pour assurer la réussite” de la transition de la télévision analogique vers la télévision numérique terrestre (TNT), au Sénégal, en juin 2015, au plus tard, a ajouté M. Sèye. 

L’avocat des câblodiffuseurs soutient fermement, en ce qui concerne cette transition, qu'”on ne peut pas [la] réussir sans les câblodistributeurs, parce que simplement ils font de l’audiovisuel, et une partie de leur travail relève de la télécommunication”.

Agence de Presse Sénégalaise

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