▶_Special_CAMEDIT_MAG_sam_02_nov_-_YouTube-2Pour un artiste de son rang, il est parfois important de se replonger dans son passé. Le chanteur Baba Maal retranché dans son village à Mbouck (Quelques kilomètres de Dakar) nous replonge dans son passé riche en enseignement. Dans cet entretien le roi  du  « Yeela » se rappelle de ses premiers pas en Europe, de la création du Dandé Lenol et de sa rencontre avec Christ Blackwell patron d’Island Record la structure qui a participé à l’émergence de plusieurs stars internationales ( Salif Keita, Baaba Maal, Angélique Kidjo, King Sunny Adé, Bob Marley, Third World, Burning Spear et bien d’autres)

« La création du Daandé Lenol … »

La chanson avait été crée  avant la création du groupe Daandé Lenol. La chanson avait été écrite en France avec Aziz Dieng et Mansour Seck. On l’avait enregistré à Bruxelles. J’étais à Paris en tant qu’étudiant. J’étais avec Aziz Dieng et tous les étudiants  sénégalais vivant en France à l’époque. C’était une grande association de sénégalais qui s’appelait l’AESF (Association des étudiants sénégalais de France).

A l’époque cheikh Tidiane Gadio vivait lá bas avec sa femme. C’est eux qui m’ont accueilli en France. C’est vraiment intéressant d’en parler aujourd’hui. Cette association m’a beaucoup aidé. Mon arrivée en France a crée un grand engouement. Un soir j’ai eu la chance d’être programmé dans une université à Bruxelles. J’ai fait une belle  soirée avec l’université bruxelloise. C’est lors de cette soirée que j’ai rencontrée un jeune belge étudiant du nom de Phillip Goffin. Un jeune qui est tombé sur le charme de ce que nous faisions.

Philipe goffin avait un petit studio que son père lui confiait très souvent. Ce jour il m’ a dit Baaba, je suis prêt à vous accompagner. Si vous voulez des enregistrements passez chez moi dans le studios de mon père. Vous cherchez juste des bandes en venant pour l’enregistrement .J’ai commencé à  faire des enregistrements à Bruxelles En compagnie d’Aziz Dieng et de Mansour Seck. C’est dans ce studio que nous avons  enregistré la chanson «  Modou Hormo », enregistré le premier morceau « taara » que j’ai joué avec le balafon. J’ai enregistré plusieurs de mes morceaux dans ce studio de Phillip goffin. C’est à l’époque qu’on m´a annoncé le décès de ma mère. Je suis revenu à Dakar pour les obsèques. Mansour Seck et les autres étaient restés à Paris. Quand je suis revenu au Sénégal, c’était pas  pour durer, c’était juste pour les obsèques. Je devais repartir quelques semaines plus tard. Un jour El Hadji Ndiaye (le patron de la télévision 2s) m’appelle pour me dire Baaba Maal on doit faire quelque chose ensemble ici. El Hadji m’a demandé de rester quelques temps au Sénégal. Entre temps, nous avons crée Wadama ensemble. Nous avons enregistré une cassette. Mais mes amis (Mansour Seck et Mbassou  me manquaient.

J’ai décidé de laisser le groupe Wandama après en avoir discuté avec El hadji Ndiaye. Je suis rentré en France rejoindre Mansour Seck. Je tiens aujourd’hui à rendre Hommage à Kane Diallo et à Hamidou Dia deux étudiants qui n’avaient que leurs bourses, m’ont aidé à venir en Europe pour m’imposer. C’est lá que nous avons crée le Dandé lenol (la voix du peuple)

« Ma rencontre avec Christ blackweel…»

A mon retour à Paris j’ai enregistré mon premier Album « diam leeli ». Ce premier Album a eu un grand succès en Europe alors que j’étais juste venu en vacances. Kane Diallo a acheté mille cassettes de « Diam leeli »  pour les envoyer à Dakar. Un jour en Gambie, un touriste se promène dans les rues de Banjul, entend la musique qui venait d’une des maisons. Il jette un coup d’œil et voix une mini chaine qui chantait. Il est resté pour écouter la chanson. Le touriste a dit au propriétaire que la cassette l’intéressait beaucoup parce qu’il aimait la musique. Le  blanc a acheté la casette très chère. C’est cette cassette achetée par le touriste qui est entré dans l’oreille de Christ Blackwell quelque part á Londres. Alors débute la recherche pour Christ. Il m’a recherché pendant 5ans dans le monde. Mais pour me retrouver il a fallu à christ une grande galère. Il rencontrait des promoteurs qui lui disaient travailler avec Baaba Mall et essayer de négocier avec lui. Alors que c’était faux.

J´étais libre, je ne travaillais à l’époque avec  aucun promoteur. Un jour je suis allé à Londres pour un concert que je devais animer à l’association des gambiens vivant en Angleterre, j’ai rencontré un promoteur Anglais qui m’a fait savoir qu’il voulait reproduire l’album  « Diam leeli » en Angleterre. Nous  sommes tombés d’accord. L’album est mis sur le marché Anglais. Christ sait maintenant que je suis à Londres mais son problème c’était de m’approcher à cause toujours des promoteurs qui l’empêchaient de me voir. Prétextant qu’ils travaillaient avec moi. Un jour Christ entend que je suis à Dakar, il envoie un émissaire pour venir me rencontrer. J’ai reçu l’émissaire chez moi, on a discuté. Il m’a expliqué que Christ était à ma recherche depuis 5ans. J’étais vraiment surpris. Je devais aller faire une tournée. Je l’ai laissé chez moi. Avant de partir j’ai signé pour Christ.

Quelque temps après je me rends en Angleterre pour enregistrer mon premier Album international avec mes musiciens du Dandé lenol. C’était l’album Baayo qui devait être enregistré pendant trois mois selon les anglais, je l’ai enregistré avec mes musiciens en 2 jours. Nous avons émerveillé la maison de disque dés notre arrivée. Dés le départ  j’ai montré un sacré caractère à mes employeurs. D’ailleurs un jour une femme qui est maintenant l’une des patrons  de cette maison de disque avait dit á Christ que « Baaba Maal et Salif Keita  sont des gens à respecter ».

J’avoue que ma rencontre avec Christ blackwell a été un tournant dans ma carrière internationale mais pas dans ma carrière en tant qu’Artiste. Parce qu’avant j’existais déjà sur la scène musicale.

BOUDAL NDIATH

JOURNALISTE –CONSULTANT CHEZ AFRICPOST

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