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Le Sénégal abrite pour la deuxiéme fois dans son histoire le Sommet de la Francophonie du 29 au 30 novembre 2014. Le pays joue un rôle crucial dans la Francophonie. D´ailleurs l´un des péres fondateurs de la Francophonie fut le président et homme de lettres sénégalais, Léopold Sédar Senghor. La IIIe Conférence des chefs d´Etat et de gouvernement des pays de l´espace francophone s´est tenue pour la premiére fois en terre africaine (Dakar) en 1989 et le Sommet de Dakar 2014 est une occasion de rendre hommage á Léopold Sedar Senghor mais aussi á Abdou Diouf, Sécrétaire général sortant de l´OIF qui quitte définitivement son poste. Un vibrant hommage sera rendu á Abdou Diouf qui passe le relais. Le successeur de Abdoulaye Wade, Macky Sall compte á cet effet faire de Dakar 2014, un évènement marquant et un tournant décisif.

Vu le rôle important joué par Abdoulaye Wade dans l´histoire politique du Sénégal, l´actuel Président du Sénégal, Macky Sall a adressé une invitation á son prédécesseur pour qu´il assiste á la cérémonie d´ouverture du Sommet. Voici les morceaux choisis des deux missives.

« J’ai le plaisir de vous inviter à la cérémonie d’ouverture du Sommet […] je vous prie d’agréer, monsieur le président, l’assurance de ma haute considération ». La lettre, datée du 11 novembre, est signée du président sénégalais Macky Sall.

Lettre Macky Sall

« J’ai décidé de ne pas accepter votre invitation. Comment voulez-vous que je sois à vos côtés au moment où, de votre propre fait, mon fils Karim, en même temps que ses amis, certains de ses frères et sœurs de parti, boucle ses deux années d’emprisonnement ? », répond Maître Abdoulaye Wade

« Comment réunir des chefs d’Etat qui se réclament de la démocratie et du respect des droits de l’homme dans un pays où on met un adversaire en prison simplement pour l’empêcher de se présenter en concurrent à la prochaine élection présidentielle, dans un pays où, en somme, on admet la prise d’otage politique ? », a poursuivi Abdoulaye Wade.

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« Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de ma déférence », se termine ainsi la lettre.

« C’est dommage. Ce sommet était l’occasion pour le chef de l’Etat de rendre hommage à Abdou Diouf mais aussi à Abdoulaye Wade, ses deux prédécesseurs. Son fils n’est pas otage politique et il le sait. C’est vraiment dommage et c’est même un peu triste », regrette-t-on dans l’entourage du président Macky Sall.

Depuis l´arrivée au pouvoir du Président Macky Sall on note un langage pas du tout Républicain entre les deux hommes forts du Sénégal. Abdoulaye Wade battu démocratiquement aux élections présidentielles du 26 mars 2012 a toujours du mal á accepter sa défaite même si, il a reconnu la victoire de son successeur avant même les résultats officiels d´un scrutin qui s´est déroulé pacifiquement.

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Pour rappel, en 2008, l´actuel président sénégalais Macky Sall entre en conflit avec le président Wade. Ce dernier n’apprécie pas que son fils, Karim Wade, président d’une Agence nationale chargée des travaux pour un sommet islamique à Dakar en mars 2007, soit convoqué devant les députés pour une explication sur son action.?? Les partisans du chef de l’Etat redoutent un « piège » tendu à Karim Wade avec cette convocation. Ils lui font payer cher ce « crime de lèse-majesté » et présentent une loi réduisant de cinq à un an le mandat de président de l’Assemblée nationale qu’il occupe.

Macky Sall refuse á l´époque en tant que Président de l´Assemblée nationale de démissionner comme le lui demande une pétition signée par la majorité des députés du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) que dirige Abdoulaye Wade. Macky Sall rejette également la disposition et entre en dissidence. ?Le soir même de l’adoption du nouveau texte, en novembre 2008, il démissionne de toutes ses fonctions étatique et élective, président de l’Assemblée nationale, député et maire de Fatick, commune du centre où il est né le 11 décembre 1961. « J’ai voulu donner un exemple de résistance républicaine», disait-il le soir de sa démission, devant plusieurs centaines de partisans.??

Il créé alors l’Alliance pour la République (APR), un parti libéral, sous la bannière duquel il redevient maire de sa ville en 2009. Il s’ancre de plus en plus dans l’opposition et refuse depuis lors tout compromis avec Wade, qu’il dit n’avoir pas rencontré depuis son départ du pouvoir.?? Au premier tour de l’élection présidentielle, il arrive second (26,58%) derrière son mentor (34,81% ). Il obtient alors le ralliement des douze candidats battus du premier tour, qui voulaient absolument barrer la route à Abdoulaye Wade dont ils jugeaient la candidature «anticonstitutionnelle» après deux mandats. Il dispose également du soutien de mouvements de jeunes comme «Y’en a marre» et de celui du célèbre chanteur Youssou Ndour.

L´homme, grand et enrobé, a un visage austère au point qu’on l’a surnommé « Niangal », visage fermé en langue nationale wolof. Peu expansif, il dégage un air de naïf, une image trompeuse selon des proches. « Il n’est pas du tout docile comme il en a l’air. C’est un homme constant qui respecte sa parole », disait de lui El Hadji Wack, député PDS.?? Ses anciens amis au pouvoir le présentent comme « un homme pas mûr », d’autres dans l’opposition comme « un complice du système Wade » doublé d’ « un homme pressé de prendre le pouvoir ». A contrario, ses partisans mettent en avant son expérience accumulée comme homme d’Etat et son flair politique lui ayant permis d’éviter de circonscrire sa campagne dans la seule dénonciation de la candidature de Wade à la présidentielle de 2012. « Pendant que les opposants restaient à Dakar dans les salons, il a fait le tour du pays et à l’extérieur pour chercher des voix á la conquête du pouvoir. C’est un homme avec qui il faudra compter pendant des années », remarquait l’opposant sénégalais Moustapha Fall.

Une fois au pouvoir, Macky Sall, décide de marquer une rupture par rapport á la gouvernance. Cela s´est traduite par la réactivation d´une Cour instaurée en 1981 par l´ex président sénégalais Abdou Diouf. Des enquêtes sont menées pour arrêter ceux qui se sont enrichis illégalement sur le dos des sénégalais. Il faut défendre les intérêts publics du Sénégal.

Karim Wade le fils du président Wade qui a géré des dossiers importants pendant le régne de son pére a été arrêté pour enrichissement supposé illicite. Conseiller personnel du Président de la République, Karim Wade avait en charge la mise en œuvre de très vastes projets du Chef de l’État, notamment la construction d’un nouvel aéroport à Diass (40 km de Dakar), le redressement des Industries chimiques du Sénégal, entre autres. Karim Wade est installé au cœur du système financier du Sénégal. Le 11ème Sommet de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) qui a eu lieu en mars 2009 à Dakar, a été le prétexte pour le Président de l’époque, Abdoulaye Wade, de lui confier la présidence du Conseil de surveillance de l’ANOCI (Agence nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique) avec un budget de 432 milliards FCFA (659 millions d’euros).

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Le fils du Président est nommé ensuite ministre d’État, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Ces responsabilités avaient étonné plus d’un Sénégalais qui avait fini par surnommer Karim Wade « ministre du Ciel et de la Terre ». Wade-fils se promenait en jet privé là où son patron, Souleymane Ndéné Ndiaye, Premier ministre de Wade, voyageait en vols réguliers. Une inquiétude pour les Sénégalais qui ne pouvaient pas comprendre le fait que Wade présente son fils comme le meilleur ministre de tous les temps au point de devoir dire à sa mère que Karim a bien travaillé.

Avec l´avènement de Macky Sall suivi de l´arrestation de Karim Wade, le parti du président Wade crie á la chasse aux sorciéres et á la vengeance politique. Les libéraux accusent Macky Sall d´acharnement sur Karim Wade et compagnie. Si l´actuel président du Sénégal, Macky Sall, justifie cette action en justice par une volonté de transparence, Abdoulaaye Wade et ses partisans ainsi que son fils Karim Wade, eux, crient au procés politique. Selon eux Karim Wade est un détenu politique.

Depuis l´arrestation de Karim Wade, le PDS de Me Abdoulaye Wade et le parti au pouvoir se livrent une guerre sans merci. Abdoulaye Wade a maintes fois menacé le parti au pouvoir de représailles en instaurant un Etat de droit au Sénégal. Il réserve un Novembre chaud á Macky Sall á la place d´une réponse favorable á l´invitation du président sénégalais. La déclination de l´invitation de son successeur au Sommet de la Francophonie confirme une fois de plus l´amour de Wade á son fils mais surtout son manque de solidarité républicaine « Comment voulez-vous que je sois à vos côtés au moment où, de votre propre fait, mon fils Karim, en même temps que ses amis, certains de ses frères et sœurs de parti, boucle ses deux années d’emprisonnement ? 

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La question qu´on se pose ici est : Qu´aller faire Wade si son fils n´était pas en prison ? Le Sénégal, une vitrine démocratique en Afrique subsaharienne mérite une preuve d’humilité, de volonté et de solidarité républicaine de la part de ses politiciens pour consolider les acquis de la démocratie enviés par nombre de pays africains. Il ne faut pas confondre démocratie et désordre, liberté et attente á l´ordre public, droit et conspirationnisme, opposition et interêt personnel.

 

 

 

 

 

Africpost, Afrik.com, AFP. Le titre et 90% du contenu de ce texte sont de Africpost 

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