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Évaluation de la situation – 17 octobre 2014

Quarante-deux jours se sont maintenant écoulés, correspondant à deux fois la période obligatoire de 21 jours de surveillance médicale du dernier contact du seul cas d’Ebola confirmé au Sénégal. Ce contact est resté asymptomatique et a donné des tests négatifs à la recherche du virus.

L’OMS déclare officiellement que la flambée d’Ebola au Sénégal est terminée. Il n’y a plus de transmission du virus dans ce pays.

La riposte au premier cas du Sénégal, confirmé le 29 août, de la part du Président, M. Macky Sall, du ministère de la santé et de l’action sociale, dirigé par le Dr Awa Coll-Seck, et de plusieurs autres secteurs gouvernementaux, est riche d’enseignements pour de nombreux autres pays en développement qui, judicieusement, se préparent désormais à riposter à un cas importé.

D’autres enseignements nous sont donnés par le personnel du bureau de l’OMS au Sénégal, les épidémiologistes chevronnés envoyés pour enquêter et soutenir la riposte et les nombreux partenaires institutionnels de l’OMS pour cette action.

L’OMS a traité le premier cas au Sénégal comme une urgence de santé publique et a réagi en conséquence.

L’enseignement le plus important pour le reste du monde est le suivant: une action immédiate, reposant sur une large assise et bien coordonnée peut bloquer le virus Ebola amené par un voyageur infecté dans un pays.

Le premier cas a été rapidement détecté, testé et confirmé en laboratoire

La flambée au Sénégal a été annoncée le 29 août, lorsqu’un cas de maladie à virus Ebola a été confirmé chez un jeune homme venu à Dakar par la route en provenance de Guinée, où il avait été en contact direct avec un patient infecté.

Dakar se trouve dans une position favorable: elle est le siège d’une fondation de classe mondiale, l’Institut Pasteur, dotée d’un laboratoire. Celui-ci est pleinement homologué par l’OMS pour procéder rapidement et d’une manière fiable aux tests concernant les fièvres hémorragiques virales, parmi lesquelles un agent pathogène du niveau IV de sécurité biologique comme Ebola.

L’OMS a dépêché immédiatement trois épidémiologistes chevronnés: le Dr Guénaël Rodier, le Dr Florimont Tschioko et le Dr Amada Berthe. Le Dr Rodier, ressortissant français et employé de l’OMS, a une expérience approfondie du travail en première ligne ayant permis d’endiguer certaines des flambées d’Ebola les plus importantes de l’histoire.

Ces épidémiologistes ont travaillé main dans la main avec le personnel du ministère de la santé, sous la direction du Dr Papa Amadou Diack, Directeur général de la Santé au Sénégal, avec le bureau de l’OMS au Sénégal, dirigé par le Dr Alimata Jeanne Diarra-Nama et d’autres partenaires, notamment Médecins sans frontières et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique.

Devant les flambées sévissant à ses frontières, le Sénégal s’était bien préparé et avait mis en place un plan d’action détaillé dès le mois de mars. Dès le départ, la riposte a été dirigée et coordonnée par de multiples secteurs gouvernementaux, ainsi que par le Président et le Premier Ministre.

Un Comité national de crise est devenu le «centre nerveux» de la riposte d’urgence. Des fonds ont été immédiatement mobilisés au niveau local pour soutenir l’action. Ceux-ci, complétés par l’appui technique, matériel et financier de multiples partenaires, ont permis d’activer le plan immédiatement.

Bien qu’un seul cas ait été détecté à Dakar, les autorités ont décidé de déployer le plan à l’échelle nationale. Tout le pays est passé dans un état d’alerte élevé.

Un autre élément crucial dès le début a été la décision des autorités d’ouvrir un couloir humanitaire à Dakar pour faciliter les déplacements et les activités des agences humanitaires. Cette décision a permis aux denrées alimentaires, aux médicaments et aux autres fournitures essentielles d’entrer harmonieusement et efficacement dans le pays.

Recherche et suivi des contacts

L’enquête initiale sur le cas indicateur a révélé de multiples possibilités d’expositions à haut risque dans les faubourgs de Dakar où, initialement, le patient a séjourné avec des membres de sa famille.

Au total, 74 proches contacts ont été identifiés et surveillés rigoureusement deux fois par jour. Environ cinq d’entre eux ont manifesté des symptômes de type grippal non spécifiques. Les tests ont été faits rapidement et de manière fiable; tous sont revenus négatifs. La confiance remontait chaque jour un peu plus.

Le 5 septembre, 8 jours seulement après la confirmation du cas, les échantillons prélevés sur celui-ci et envoyés au laboratoire ont donné un résultat négatif, indiquant un rétablissement rapide et remarquable. Complètement guéri, le jeune homme est retourné en Guinée le 18 septembre.

Malgré ces bonnes nouvelles, le Sénégal a maintenu un degré élevé de vigilance pour s’assurer qu’il n’y avait pas de poches «cachées» d’infection qui, sans nul doute, seraient apparues au cours du compte à rebours de 42 jours qui s’achève aujourd’hui. Ebola est une maladie trop grave pour passer aussi longtemps inaperçue.

Le Sénégal a vaincu la maladie. Le virus a disparu, pour l’instant, de son territoire.

Facteurs ayant contribué au succès

Selon le Ministre de la santé, le Dr Coll-Seck, les mesures les plus importantes ayant contribué à cet endiguement rapide, sans nouvelle transmission, sont les suivantes:

  • Jusqu’au plus haut niveau, les responsables politiques ont résolument joué leur role.
  • La rapidité de la détection et de la riposte, soutenue par un plan détaillé et l’activation immédiate du Comité national de crise.
  • L’intensification de la surveillance, notamment aux nombreux points d’entrée terrestres du pays.
  • La mobilisation rapide des ressources, d’origine nationale comme internationale; on pense que le sérieux des plans de préparation a suscité la confiance des donateurs.
  • L’appui des partenaires opérationnels, dont l’OMS.
  • Les campagnes nationales de sensibilisation du grand public, qui ont fait judicieusement appel aux experts des médias, se sont intégrées au ministère de la santé et de l’action sociale et ont permis d’observer de près les mesures d’urgence qui ont été prises, ainsi que les réseaux de radios locales.
  • L’accent mis délibérément et avec insistance sur la collaboration plurisectorielle entre tous les ministères concernés, avec l’engagement des communautés à chaque étape du processus.
  • L’aide directe aux contacts du patient, les incitant fortement à coopérer et à respecter les instructions, sous forme d’argent, de nourriture et de conseils psychosociaux.
  • L’aide à la réintégration du patient guéri dans une société comprenant qu’il ne présentait plus aucun risque de contagion pour autrui. 

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Le ministère de la santé s’engage à maintenir un degré élevé de vigilance

La situation géographique du Sénégal et ses frontières poreuses rendent le pays particulièrement vulnérable à de nouveaux cas importés de maladie à virus Ebola.

Une décision particulièrement innovante a consisté à créer un nouveau Centre des opérations d’urgence. Dans les faits, celui-ci sépare les mesures intensifiées, nécessaires lors d’une situation d’urgence, des fonctions habituelles du système de santé désormais libre de fonctionner normalement pour s’occuper de tous les autres besoins sanitaires de la population sénégalaise.

Comme l’a déclaré le Dr Coll-Seck: «La fin officielle de la flambée d’Ebola au Sénégal ne signifie pas que la menace a disparu pour toujours. Le pays reste vulnérable à l’importation d’un nouveau cas.» Elle a aussi ajouté: «C’est la raison pour laquelle j’encourage tout un chacun à rester vigilant et à appliquer les règles d’hygiène de base.»

Elle a aussi souligné la détermination de son pays de suivre strictement les lignes directrices de l’OMS pour la surveillance épidémiologique de tout cas suspect, probable ou confirmé de maladie à virus Ebola.

Cela aussi inspire confiance aux nombreux partenaires pour le développement du Sénégal. Quel que soit le pays, même un seul cas importé est un événement traumatisant et coûteux. Ce niveau de confiance pourra susciter à l’avenir une aide très attendue.

OMS

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