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4 AVRIL 1960 – 4 AVRIL 2015.

Il y a 55 ans, beaucoup de pays africains y compris le Sénégal, issus principalement des empires coloniaux britanniques, français et belges accédaient à la souveraineté internationale. Année de tous les combats, 1960 aura vu se lever une aube nouvelle en Afrique, des rêves de liberté enfin se concrétiser. Les chaînes de la colonisation brisées, le regard tourné vers l’avenir car les États prenaient leur destin en main. Donc 55 ans, jour pour jour, les années passent et se ressemblent. Qu’a fait l’Afrique en général et le Sénégal en particulier de ses 55 ans d’indépendance ? Que s’est-il passé depuis les mouvements d’émancipation qui avaient suscité les plus grands espoirs ?

En ce qui concerne mon pays le Sénégal, le bilan est loin d´être brillant même si on note certains progrés. 55 ans d´indépendance, la vie des plus pauvres et des classes moyennes continue de durcir. Dans les quartiers populaires, les gens ont toujours du mal à faire plus d’un repas par jour. Les denrées de base telles que le riz ou le pain sont de plus en plus chères, l´éducation est encore en panne (grèves, effectif pléthorique, retard de paiement de salaires et indemnités, insuffisance de formation, entre autres), l´inflation et le chômage des jeunes restent un problème épineux sans oublier la jeunesse perdue dans les quatre coins du monde (immigration oblige).

Notre économie est sous perfusion et les secteurs économiques les plus importants sont toujours contrôlés par les étrangers et nous dépendons aussi de ces derniers.

Depuis 1960, le Sénégal traverse une zone de fortes turbulences économiques et sociales. Les trois hommes forts du Sénégal (Senghor 1960-1981, Diouf 1981-2000, Wade 2000-2012) n´ont pas réussi á émerger notre Nation. Léopold Sédar Senghor qui prônait un socialisme modéré africain, fondamentalement pro-français était incapable d´en assurer l´évolution. Son successeur Abdou Diouf n´a pas fait aussi mieux, d´ailleurs deux jours après sa défaite, il s´exila en France pour le reste de ses jours en s’agrippant à son juteux poste de Secrétaire général de la Francophonie, récemment abandonné pour retraite politique.

Les grands Hommes ont toujours combattu et partagé la misère et les souffrances de leurs peuples. Par conséquent, l’itinéraire de Diouf met à nu l’attitude d’un homme qui a toujours appris à vivre et à exister sous l’ombre de quelqu’un, au risque de s’éloigner de sa patrie en piètre état.

Le 19 mars 2000, Me Wade mettait fin à 40 ans de règne socialiste. Wade portait tous les espoirs quand il est arrivé au pouvoir mais il s´est par la suite laissé aller à des dérives dans sa gestion du pouvoir qui ont précipité la pauvreté extrême dans notre pays. Il est le bilan d´une décennie dominée par la corruption, le délit politique et économique, les atteintes aux libertés fondamentales du citoyen, le bradage du patrimoine national, le pillage des derniers publics au détriment d´une politique patriotique et constructive. C´était l´homme qui voulait mourir Président.

Le 25 mars 2012 la deuxième alternance démocratique du Sénégal se matérialisait avec l´arrivée de Macky Sall au pouvoir. En tout état de cause, l’appréciation de l’action du Président de la République est différente selon les couches socioprofessionnelles mais sur un plan global, l’on s’accorde à dire que ces trois année sont loin d’avoir résolu tous les problèmes des sénégalais même si le temps est si court pour soigner un pays malade sur tous les plans. Même si l´espoir est permis force est de reconnaitre qu´il sera difficile de relever les défis vu le comportement et la mentalité de nos concitoyens qui ne sont pas forcément compatibles au développement.

Une chose est sûre á la conférence Afro-asiatique des pays non alignés de Bandung à Java en 1955, le PIB de l’Inde ou de la Chine était alors bien inférieur à celui de la plupart des pays Africains. Ces pays nous dépassent aujourd´hui de loin. Pire, la Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde.

LAURENT BAGBO, l´ancien Président ivoirien disait: “On a trop dansé en Afrique, on a trop chanté et on a trop rigolé…J´invite les représentants de tous les pays africains qui ont acquis leur indépendance en 1960 á réfléchir sur ce demi-siécle passé et les cinquante années á venir.”

Afrique mon Afrique, réveille-toi.

Souleymane SOKOME

Consultant juridique et politique à Berlin

Africpost

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