sénégal UGB IMG_2818_0L’année scolaire est hypothéquée, année blanche ou pas, elle est déjà pourrie. La faute à des enseignants qui ont brillé par leur détermination à pousser l’Etat du Sénégal à satisfaire leurs différentes revendications.

Je dis bien «leurs», et au sens propre du terme. Oui, parce qu’aucune de ces revendications ne vise à mettre l’élève dans de bonnes conditions. Certains diront que c’est une mission régalienne de l’Etat. Ils ont raison. Mais à qui échoit la responsabilité de donner des connaissances à l’avenir de ce pays ? Les enseignants bien sûr. Il ne s’agit pas de remettre en cause leur mouvement, loin de là, mais plutôt de dénoncer un certain égoïsme. Dans la banlieue, ils sont plus de 50 élèves à s’entasser dans une seule classe, quelque part dans les villages environnants de Louga, deux salles de classe sont disponibles. Les maîtres sont obligés de faire de la rotation pour que toutes les classes aient leurs cours. Parfois, le maître fait office de Directeur d’école. C’est regrettable. Ce point ne mérite-t-il pas de figurer parmi les points de revendications ? S’il est du rôle de l’Etat de mettre en place des infrastructures correctes, les enseignants ont la responsabilité morale de plaider pour les élèves. Et, un tel combat susciterait l’adhésion de toute la nation.

Mais quand on parle d’indemnités de logements, de recherche, oui, on prêche pour sa chapelle. Recherches ?? Qu’ont-ils produites depuis lors ? Rien !! Et ce n’est pas parce qu’ils en ont pas les capacités, mais parce qu’ils n’ont pas de temps. Les heures creuses sont monnayées dans les écoles privées. Ce n’est pas pour rien qu’elles poussent  comme des champignons dans la capitale. Et allez savoir qui en sont les propriétaires. Je dis ça, je ne dis rien. Là aussi, la responsabilité est engagée, mais ce n’est pas l’objet du débat. Malgré leur détermination, on ne les voit pas marcher, alors que c’est un droit. Mais ils n’osent pas le faire, parce que ce serait du gâchis, ils se priveraient de quelques heures dans les écoles privées du coin. Là-bas, on ne badine pas, on n’est payé à la tâche.

Comment au cœur d’une année scolaire on peut exiger une hausse des indemnités de logement ? La revendication est légitime, mais de là à l’exiger tout de suite, c’est chercher à créer une instabilité. Oui, parce qu’avec cette stratégie de lutte, le retour dans les classes, la reprise des cours, l’avenir des enfants…tout est donc suspendu à la résolution de cette requête. D’ailleurs, Mme Viviane Laure Bampassy s’est voulue très claire. «Les nécessités du cadrage macro-économique font qu’aujourd’hui, on ne peut pas prendre l’engagement d’augmenter l’indemnité de logement des enseignants».

Pourquoi ne pas l’inscrire sur une plateforme, mais en négociant avec l’Etat dans la durée ? Vous avez un métier noble, parce qu’en grande partie, de vous dépend l’avenir de ce pays. Les enfants ne retiendront que ce que vous leur aurez appris, tant en classe que par vos actes de tous les jours. Ces gouvernements ne sont qu’éphémères, ils font leur temps et céderont la place tôt ou tard, mais vous, vous avez un pacte avec le pays. C’est la nation toute entière qui vous reconnait votre mérite. Mais de grâce, pensez à ces familles qui n’ont pas de quoi inscrire leurs enfants dans des écoles privées.

 

 

Oumar Fédior /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

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