10415715_10202816165898393_6924065899213176073_n«Il n’y a pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port.» Sénèque

Imperturbable, le président Macky Sall avait laissé entendre que la restructuration de l´Alliance pour la République (APR) n’était pas opportune avant les Locales du 29 juin 2014. Malgré toutes les pressions internes qui rejetaient sur lui la responsabilité du désordre supposé ou réel du parti, il préféra se consacrer aux priorités nationales de l’émergence. Sous l’angle politique, on peut imaginer que cette stratégie était une manière d’observer comment son parti, sans sa présence souhaitée, allait résister à l’épreuve du pouvoir qu’il avait brillamment conquis. Face aux appels du pouvoir, aux ambitions nouvelles et à la nécessité de conserver les acquis, les structures de l’APR se retrouvèrent relativement affaiblies. Leurs principaux responsables étaient désormais aux affaires et ne pouvaient plus poursuivre le travail d’animation des instances. Les autres membres, limités par le dispositif réglementaire du parti et l’exclusivisme de certains responsables évoluaient en vase clos en cherchant des solutions sur fond de querelles fratricides. Cette atmosphère de méfiance et de tensions annonce inexorablement des configurations nouvelles plus durables. Le président Macky Sall était, sûrement, bien avisé d’avoir laissé les structures du parti trouver elles-mêmes leur maturité naturelle. Une restructuration assistée ou parrainée aurait sans doute compliqué la situation en accentuant les frustrations.

En France, depuis le 1er mars, un vent de changement souffle sur les structures de l’APR, avec la nécessaire refonte du parti par une transformation des pratiques et une adaptation aux nouvelles réalités. Cette transition démocratique engagée par la Convergence des Cadres Républicains semble s’être propagée, puisque le Mouvement National des Femmes Républicaines lui a emboité le pas le 03 mai dernier. Au cours d’une rencontre pouvant constituer le point de départ d’une véritable représentativité et d’une reconnaissance structurelle légitime au niveau du parti, les Femmes de l’APR France ont impulsé une dynamique à saluer.L’aboutissement de cette structuration devrait créer plus d’efficience politique et, parallèlement, renforcer l’intégration des Femmes à des fonctions stratégiques. Cela atténuerait, peut-être, certaines limites réelles de la parité liées au confinement socio-culturel de la majorité des Sénégalaises dans des rôles encore secondaires. Cependant, malgré le mérite manifeste de vouloir structurer enfin le Mouvement National des Femmes Républicaines APR FRANCE, le processus de formation du bureau ne semble pas avoir fait l’unanimité. Les défis sont encore là et, en dépit de la grande ouverture des postes au sein de l’instance dirigeante, la polémique ne s’est pas totalement estompée.

FEMMESEn dehors de certaines critiques liées à l’information et à l’organisation de la rencontre du 3 mai, la désignation des femmes devant conduire le mouvement ne s’est pas reposé sur des critères de compétences, de représentativité et d’engagement. Cela ressemblait plus à des appels à candidature à la cantonade où les intéressées exprimaient leur choix sans, visiblement, se soucier des missions correspondantes. Dans un tel contexte, peut-on vraiment imaginer l’émergence d’une conscience politique féminine ? Ce cocktail explosif n’aura pas tardé à faire resurgir les démons de la politique sénégalaise, car au moment de prononcer la validation de ce large bureau de petit consensus, les représentants de la Délégation des Sénégalais de l’Extérieur (DSE) se mirent à s’apostropher vertement jusqu’à l’injure suprême de nos cultures. Ceux qui connaissent l’histoire des structures de l’APR de France n’ont pas semblé s’émouvoir outre mesure car, paraît-il, il était temps que la prise en otage du parti se termine. Depuis l’élection du président Macky Sall, on assiste à des tentatives de coup de force sans se soucier des règles élémentaires de la démocratie. L’opacité et l’absence de culture d’évaluation sont érigées en règle. Le meeting du 7 décembre 2013 qui reste le plus grand évènement politique du parti depuis l’arrivée l’APR au pouvoir, n’est, à ce jour, pas évalué. Le travail de conscientisation et de sensibilisation du Mouvement National des Femmes Républicaines APR FRANCE ne peut donc pas s’appuyer sur une théorisation et une conceptualisation de ses aspirations par la DSE. Dès lors, il appartient au mouvement des Femmes de rassembler ses forces pour tendre vers un collectif conscient et agissant.

Le MFRF a toute sa place au-devant de la scène politique et doit se donner les moyens de s’approprier les instruments mis à sa disposition, entre autre le Plan Sénégal Emergent (PSE), qui le concerne à tous ses niveaux d’exécution. Le Mouvement doit mettre l’accent sur ses différents axes, et plus particulièrement, ceux concernant la promotion de l’équité et l’égalité de genre. Il demeure évident que sans la maitrise de quelques enjeux élémentaires, les orientations stratégiques qui guideront les initiatives prises par les Femmes Républicaines se traduiraient par un certain nombre de difficultés en particulier celles relatives à leur prise en compte au sein des différentes structures et administrations. Des projets superficiels et des animations politiques essentiellement folkloriques ne sauront caractériser les Femmes et prendre le dessus sur un militantisme actif et responsable. D’ailleurs leur supériorité numérique ne fait-elle pas du Mouvement National des Femmes une force que nul ne peut négliger lors des scrutins et des prises de décisions? Un Mouvement National des Femmes Républicaines fort d’une représentativité qualitative et quantitative, pourrait avoir un effet d’entrainement dans la structuration du parti si et seulement si elle réussit à garantir une gestion participative intégrée, solidaire, ordonnée, efficiente et démocratique.

C’est donc à travers un changement d’approche, un renforcement des principes démocratiques et une nouvelle dynamique d’ouverture et de massification que le Mouvement National des Femmes Républicaines de France jouerait pleinement son rôle. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une écoute attentive et respectueuse des sympathisantes et militantes. La réussite des structurations amorcées passera, d’une part, par la validation et la légitimation des processus de désignation et le respect des choix de la majorité et, d’autre part, par une gestion irréprochable des structures et des administrations de l’APR d’ici et d’ ailleurs.

Mariama DIALLO

CCR/France

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