LANSANA_008Sans conteste, le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a marqué des points, autant dans la gestion de la mairie que dans celle de son image personnelle. Patiemment et obstinément, il a essayé de donner un autre visage de sa ville. On ne peut nier le travail abattu par Khalifa Sall par rapport à ses prédécesseurs. Mais le bilan serait peut être moins reluisant si on faisait une corrélation entre ses réalisations et les moyens mis en oeuvre. La salubrité de Dakar laisse encore à désirer et l’éclairage public avec comme corolaire les problèmes récurrents de sécurité est toujours déficient.

Nous avons la fâcheuse habitude dans ce pays de faire des comparaisons entre ‘médiocre et moins médiocre’. En analysant avec recul les performances de Khalifa on se rend compte qu’en réalité il est dans la même logique de politique politicienne que ses ‘maîtres’. Comment expliquer l’accélération du déguerpissement des ‘ambulants’, comment expliquer le début du pavage des rues de Dakar à quelques mois des élections municipales (cette situation rappelle un ancien Président qui demandait une prolongation de son mandat pour finir ses travaux).

Comment expliquer le silence assourdissant de Khalifa Sall quand l’Acte 3 de le décentralisation était engagé, il s’est réveillé de son sommeil quand ses prérogatives ont été touchées, notamment le mode de désignation du maire de la ville.

Pour les élections locales de 2014, Khalifa Sall a choisi d’aller sur sa propre liste pour se faire élire d’abord au niveau  de Grand Yoff puis se réélire à la ville. En filigrane il veut nous ‘imposer’ d’élire dans nos communes des hommes et femmes qu’il aura choisis pour sa coalition. Il doit certainement se dire que nous ne sommes pas encore matures pour prendre les bonnes décisions.

Lors d’une émission télévisée, l’actuel maire des Sicap Barthélemy Dias tête de liste majoritaire de Khalifa disait : ‘ … nous sommes tous non seulement comptables du bilan de Khalifa, mais si dans nos communes nous avons un bilan à défendre, c’est dire que nous avons construit des routes, le lait à l’école… Et tout cela est du ressort de la ville, donc de M. Khalifa SALL ». Deux questions me viennent en tête : Quel est le bilan de Barthelemy Dias dans sa commune ? Quid de ce rapprochement avec Khalifa Sall que Monsieur Dias ne voulait même pas voir en photo… Il s’agit probablement d’un arrangement entre Khalifa Sall avec le manitou du parti socialiste Ousmane Tanor Dieng.

‘Takhawu Ndakaru’ tout un symbole, mais en intégrant en connaissance de cause dans ‘sa liste’ des maires en rupture de ban avec les populations, Khalifa Sall fait dans l’escroquerie politique en connaissance de cause. Il sait pertinemment que l’enjeu est dans la gestion de proximité, l’enjeu porte sur le choix d’un maire de commune d’arrondissement avec des moyens financiers importants avec l’Acte 3 de la décentralisation. Il sait également que l’enjeu est de trouver un maire capable d’enclencher les mutations de sa commune pour changer le quotidien de ses administrés. Tout comme il sait pertinemment que la toute puissance d’un maire de ville avec des pouvoirs et des moyens financiers importants ne sera plus d’actualité au lendemain du 29 juin 2014.

Khalifa fait dans la duplicité, il cherche à ‘mener en bateau’ les populations qui pensant voter pour lui confieront en réalité leur destin à des maires de communes qui continueront les mêmes pratiques prédatrices. Les populations ne comprennent pas forcement le choix entre le maire de la ville et celui du maire de la commune. En donnant leur assentiment au travail de Khalifa Sall elles feront du coup un très mauvais choix en réélisant le maire de la commune qu’elles auraient souhaité sanctionner.

La liste de Khalifa est faite pour faire cette confusion de rôle avec un homme qui en réalité montre son véritable visage de politicien mû par son intérêt personnel : devenir maire de la ville quel qu’en soit le prix à payer par les populations.

Le message doit être clair, précis vis a vis des populations, la sphère de Khalifa se limite à Grand Yoff, le reste est la responsabilité des citoyens de chaque commune. Personne n’a le droit de jouer avec leur intelligence pour les pousser à choisir des brebis galeuses qui ne correspondraient pas à leur choix. Un important travail d’explication est à faire par les mouvements citoyen pour barrer la route à cette forfaiture. Le cas contraire le réveil risque encore d’être brutal.

Tout ça reflète en réalité le véritable visage de Khalifa Sall : un bon élève du parti socialiste. Pourtant beaucoup d’entre nous voyaient en lui un présidentiable en 2017. La prudence maintenant doit guider nos actes, un pays ne peut pas se tromper éternellement, nous ne devons plus nous inscrire dans une démarche de ‘ki mo tanné’ mais plutôt de ‘ki mo meune’.

En réalité tout ceci est un cirque comme ‘la querelle’ Tanor-Khalifa autour d’une opération de retour aux affaires des socialistes. Il n’est pas nécessaire de regarder le rétroviseur mais dès son accession à l’indépendance en 1960, le Sénégal  avait bénéficié de tous les privilèges, de tous les atouts laissés par le colonisateur, pour se lancer vers le développement. Mais hélas ces atouts n’ont jamais pu être capitalisés à cause d’un régime, à cause d’une caste de fonctionnaires  qui pendant 40 ans n’a jamais eu une vision pour développer ce pays.

En réalité, par leur absence de vision et d’anticipation les socialistes sont à la base des problèmes de l’école sénégalaise, retard sur les investissements en termes d’infrastructures, des systèmes de prébendes. La seule différence entre les libéraux : les uns comptaient en centaines de millions alors que l’unité de mesure des autres était le milliard de F CFA. Qui peut oublier les scandales de l’ONCAD, de l’USB, les problèmes des compte K2, la BNDS et que sais-je encore ?

Il ne s’agit pas de revenir sur la gouvernance calamiteuse du Président Wade, il n’y a pas que çadans la balance. Il faut toujours avoir en arrière plan les quarante (40) ans d’immobilisme du parti socialiste. Le Président Wade a réussià faire admettre aux sénégalais qu’un autre monde est possible et ça c’est considérable.

Il y a deux enseignements majeurs à tirer du ‘règne’ du Président Abdoulaye Wade. Contrairement aux prescriptions du Président Obama, nousavons besoin aussi bien d’hommes forts que d’institutions fortes mais surtout d’une opposition véritable. Wade a pu faire les dérapages que l’on connaît parce que son opposition étaitinexistante.

Les gens qui nous dirigent doiventfaire froidement le bilan des années Wade sans passion et bâtir leur propre projet. Le Président Wade a au moins mérite de dérouler son projet contrairement à tous ces gens qui nous dirigent ou aspirent à le faire. Les habits sont malheureusement trop grands pour le régime actuel et ses affidés et il manque une qualité essentielle au Président Macky Sall pour donner la bonne direction : le leadership.

Poser deux (2) dalles, déguerpir trois (3) marchants ambulants donnent ils le droit de se projeter Président de la Republique du Sénégal. Que gagnerons nous avec le retour du Parti Socialiste aux affaires ? Ce pays doit être maudit pour se conformer aux mêmes acteurs politiques qui ont échoué dans tous les domaines depuis cinquante quatre (54) années.

La situation du pays est grave, nous risquons de passer par un grave traumatisme pour accepter les ruptures fondamentales qu’il nous faudra opérer pour nous développer. Il faut des décisions courageuses qui ne peuvent plus être différées… Homme d’appareil la veste va encore deborder pour Khalifa…

Un seul message à passer : Taxawu Ndakaru = Taxawu Parti Socialiste

 

Lansana Sakho

Lsakho@gmail.com

Africpost 

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