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Hier jeudi, la confrérie sénégalaise des mourides a célèbré la 120e édition du Grand Magal de Touba. Comme chaque année, ils sont entre 2 et 3 millions de mourides à converger vers la ville sainte, qui se situe à 200 km à l’est de Dakar, pour commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme.

C’est une véritable marée humaine qui a envahi les rues de la ville sainte. Pour arriver à Touba, ce sont des heures et des heures de bouchons et une fois en ville, pour se rendre à la Grande Mosquée, ce sont des heures de queue.

Les pèlerins viennent des quatre coins du pays, de la région (du Mali, de Mauritanie, du Gabon) et même d’encore plus loin (de France, d’Espagne, d’Italie et des Etats-Unis). Parmi eux, beaucoup de jeunes, signe que le mouridisme reste très vivace au sein de la jeunesse sénégalaise.

Un moment de partage et de ferveur

Côté logistique, la consommation est immense : des milliers de tonnes d’eau minérale ont été acheminées sur place, entre 7 000 et 10 000 tonnes de riz, 3 millions de paquets de gâteaux et des milliers de bœufs sont tués pendant cette semaine de réjouissance. Car si le Grand Magal est rythmé par des Actions de grâce conformément aux recommandations du fondateur, c’est aussi une grande fête.

Dans les maisons bondées, on se réjouit autour de grands repas, on récite le coran, on chante les khassaïdes, ces poèmes qu’a laissés Cheikh Ahmadou Bamba. Le Grand Magal, c’est vraiment un moment de fête et de ferveur religieuse. Chaque famille accueille ses proches, les amis, les amis des amis, et parfois même des inconnus. Il y a toujours un matelas quelque part, une assiette bien remplie. Maguette vit dans le quartier d’Arou Minam II : « Normalement, on est huit. Mais actuellement, on est 25 personnes pour le Magal. On a acheté un bœuf, un mouton, des poulets, pour ne manquer de rien. Le Magal, c’est un jour de bonheur, de partage ». Ces achats coûtent cher. Mais Maguette relativise : « Ca ne nous fait rien parce que nous le préparons depuis près d’un an. On a économisé et on le fait avec plaisir ».

Dehors, les haut-parleurs chantent des chants religieux. « Pendant le Magal, je vais à la mosquée pour prier. Il y a une très grande ferveur », témoigne Moustapha, un voisin. Et dans la maison d’à côté, chez Bineta, il y a aussi beaucoup de monde. « C’est une grâce divine. Quand tu viens chez moi, je te donne tout. C’est quelque chose de l’esprit et de l’âme. C’est quelque chose qu’on croit. Ça vient du cœur », s’exclame-t-elle.

“Les gens ont de l’amour pour Cheikh Ahmadou Bamba. Ils ont [pour lui] un attachement viscéral, parce qu’il a lutté, il a traversé des épreuves, et les populations le voient comme l’icône de la résistance pacifique et de la non-violence au Sénégal.”

Magal du Daara Touba Paris avec ses tiantacounes en images:
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Source: RFI
Photos: Africpost

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