Transhumants-PDS-APRIl n’est pas rare, au Sénégal, de parler politique sans penser au phénomène de la transhumance. Celui-ci est devenu et demeure une véritable brèche pour de nombreux politiciens qui envisagent de changer leur veste. Mille et une justifications sont fournies. Si certains transhumants sont à la course de poste de nomination, d’autres par contre cherchent à échapper à des poursuites judiciaires sur leur gestion des affaires de l’État.

Le parti démocratique sénégalais (Pds) n’a pas échappé à l’ouragan des transhumants. La formation politique de l’ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, pape du ”sopi” ou changement, se vide de ses membres et leaders pour le bonheur du parti au pouvoir, APR (Alliance pour la République).

Les cas les plus hideux sont ceux de Awa NDIAYE, de Innocence NTAB NDIAYE, Bécaye Diop, Adama Sall, Abdou Fall et de Sitor NDOUR qui a pourtant juré sur tous les saints de ne jamais quitter le Pds.

Enseignant de formation puis Directeur d’école, Bécaye Diop a rallié l’Apr, parti au pouvoir. Et pourtant Bécaye Diop a toujours mérité les faveurs de Abdoulaye Wade, son secrétaire général de parti. C’est sans vergogne que Becaye Diop quitte la barque du « sopi » après l’élection du second tour de la présidentielle pour Bokk Gis-Gis de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Pape Diop.

Autre transhumant, Innocence Ntab Ndiaye. Cette juriste de formation fait ses débuts en politique à l’Alliance des forces du progrès (Afp), avant d’atterrir au parti démocratique sénégalais (Pds) où elle a été nommée Ministre de la Fonction Publique et des Organisations professionnelles. Mais hélas ! Après la chute du pouvoir des libéraux, Innocence Ntab Ndiaye s’éclipse pendant plusieurs mois avant de réapparaitre pour faire les yeux doux à l’Alliance pour la République.

Selon nos sources, Innocence Ntab Ndiaye est, actuellement, à la tête du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS) qui remplace désormais le Comité national du dialogue social (Cnds).

Awa Ndiaye, une universitaire et native de Saint-Louis (nord du Sénégal) dans la barque des transhumants politique. Après avoir occupé le devant de la scène politique et surtout avoir été épinglée dans un rapport d’audit de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), Awa Ndiaye la néo-apériste s’est même fait signalé.

Adama Sall, ancien directeur du CICES, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour se prononcer sur sa position. L’ancien ministre de l’Hydraulique avant de diriger le ministère du commerce, sous l’ère Wade, a décidé de rejoindre les prairies marrons et beige (Apr) au détriment de celles bleues (Pds).

Sitor Ndour entre dans la danse et transhume l’Apr (Alliance pour la République) du Président Sall. Le patron de l’Elan (Energie libérale pour une avancée nationale) est parti sans ses lieutenants. Il s’agit, entre autres, de Saliou Fall et Ass Niang, ancien responsable de l’Ujtl (Union des jeunesses travaillistes et libérales).

Au regard de la fréquence de transhumants politique l’on est en droit d’affirmer que l’ancien parti au pouvoir, le Pds, se trouve dans la tourmente de la transhumance.

A noter que la transhumance, du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), est la migration périodique d’une part du bétail (bovidés, équidés et ovins) de la plaine vers la montagne ou de la montagne vers la plaine, d’autre part des abeilles d’une région florale à une autre, et ce en fonction des conditions climatiques et de l’alternance des saisons.

Mais au Sénégal, lorsqu’on parle de transhumance, la définition est tout autre car cela évoque immédiatement le passage d’un politicien d’un parti à un autre, d’une idéologie à une autre.

Le bétail transhumant est toujours guidé par un berger, les hommes qui transhument le sont par leur moralité.

 

 

 

 

JB – www.rts.sn

 

 

Comments

comments

Loading...