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En banlieue Dakaroise,  il existe un quartier qui s’appelle Djeddah thiaroye Kao. Ce dernier est tristement connu à cause de l’inondation qu’avait connue le Sénégal ces dernières années. L’inondation a disloqué des familles entières et installé une vie difficile pour ceux qui y sont restés. En 2009 un bassin de rétention est installé dans ce quartier pour lutter contre les inondations mais ce bassin est devenu un vrai mouroir des enfants. En quelques années 10 enfants sont morts, noyés dans le bassin de rétention de Djeddah thiaroye. Ce n’est qu’après que les populations sont sorties dans la rue pour manifester leur mécontentement par rapport à la situation que les autorités étatiques ont pensé à clôturer le cimetière des enfants de Djeddah thiaroye Kao.

Dans la rue, les enfants jouent au football à coté du bassin de rétention et ne prêtent même pas attention aux passants. Les commentaires vont bon train sur l’actualité de la lutte sénégalaise. Chacun défend à sa manière son champion. Assis en face d’un bassin de rétention que des ouvriers sont entrain de clôturer, ces natifs du coin sont nostalgiques quand on leur demande quand et comment ce bassin de rétention a été installé dans leur quartier ? Modou Diakhaté, avec un air pensif, explique: « Ce bassin de rétention a été installé dans notre quartier (Djeddah Thiaroye Kao ) il y’a quelques années. Ces dernières années comme vous le savez, l’inondation a fait des sinistres dans la banlieue dakaroise. La majeure partie des maisons en banlieue est partie avec les eaux de pluies. Pour venir en aide aux populations de la banlieue, l’Etat du Sénégal avait mis un bassin de rétention dans divers endroits de la banlieue. Ce bassin de rétention que vous avez devant vous en fait partie. L’objectif premier des bassins de rétention était de faire sortir les eaux de pluies dans les maisons et leur permettre de vivre. Mais ce bassin de rétention est finalement devenu le mouroir de nos enfants, le cimetière des enfants pauvres ». Ces propos sont confirmés par Alioune Thiam le propriétaire de l’atelier oú nous sommes assis. Pour ce jeune d’une trentaine d’années « Ce bassin de rétention nous le considérons comme notre cimetière. Beaucoup de nos enfants qui ont entre 2 à 10 ans sont morts noyés dans ce bassin sous l’œil incapable des parents. Je me rappelle de la 9éme victime c’était une petite fille de 5ans, elle venait de France. Elle était venue en vacance avec ses parents. Un jour elle jouait avec d’autres enfants à côté du bassin mais malheureusement elle est tombée. Je fais partie des premiers à venir la secourir parce que l’incident est passé pas loin de mon atelier. Nous avons essayé de la sauver mais c’était impossible. Elle était déjà morte quand nous l’avons sorti de l’eau. Sincèrement j’arrive pas à oublier cette journée. C’était très triste. D’autant plus que la fille devrait rentrer avec sa maman 3 jours aprés » .

C’est après le décès de cette fille de 5 ans que les populations de Djeddah Thiaroye Kao se sont mobilisées pour la clôture de ce bassin de rétention. Ainsi est né le mouvement 9éme victime. Ce mouvement va réclamer la clôture des bassins de retentions dans toute la banlieue Dakaroise. La lutte s’intensifie. Le mouvement organise des marches partout. Le gouvernement cède à la pression pour cloturer les différents bassins de retentions. Pour le coordonnateur de la 9éme victime et ses amis, il n’était plus question que ce bassin de retentions continue de tuer des enfants « Nous ne pouvions plus nous taire face à cette situation. L’Etat faisait la sourde oreille, il fallait leur mettre la pression pour que la clôture du bassin de rétention de Djeddah thiaroye Kao soit une réalité. Sincèrement Djeddah thiaroye Kao a perdu beaucoup de ses fils dans ces bassins de retentions et l’Etat est resté muet devant ce crime et n’a même pas indemnisé les familles des victimes. C’est déplorable » affirme El hadji Ndao le coordonnateur du mouvement 9éme victime dans un entretien qu’il nous avait accordé. Avec la clôture de ce bassin de rétention, la commune de Djeddah thiaroye ouvre une ère nouvelle, mais continue de pleurer ses morts.

BOUDAL NDIATH
JOURNALISTE –CONSULTANT CHEZ AFRICPOST

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