11846701_10203804425905934_3706213352132642604_nLa capitale sénégalaise a été durement touchée par de très fortes précipitations ce dimanche 9 Août 2015 et doit faire face á de multiples situations d´urgences. Beaucoup de quartiers restent sous des eaux ainsi que l´entrée de l´aéroport international Léopold Sédar Senghor. Ces inondations ne datent pas d´aujourd´hui, c´est un probléme historique que les autorités n´arrivent toujours pas á trouver des solutions.

Depuis 2005, les inondations y sont devenues un probléme récurrent surtout dans la périphérie de Dakar. En 2009, 44% de la population de la ville de Pikine, banlieue dakaroise, ont été directement affectées par les inondations.
Malgré les efforts déployés par les différents régimes y compris tout récemment avec la politique volontariste du Président Macky Sall dans la lutte contre les inondations, les populations dakaroises surtout de la périphérie vivent toujours dans la crainte des intempéries qui d´année en année semblent s´amplifier.

Causes des inondations
La principale cause de ces catastrophes est la planification urbaine fragile. Selon Momar Diongue de l´Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la question de la fragilité des villes a été évoquée à l’occasion de la réunion du Comité régional pour la gestion des catastrophes en Afrique de l’Ouest qui s’est tenue du 12 au 14 septembre à Dakar. “Le grand défi sera de réparer les erreurs qui ont été commises et de corriger l’inaction de ces dernières années en termes de planification urbaine”, estime Laurent Dufour, conseiller régional pour la réponse aux urgences, au sein du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, coorganisateur de la conférence.

A Dakar, un programme de plus de 70 millions de dollars (54 millions d’euros) visant à améliorer le drainage dans les quartiers périphériques est financé par la Banque mondiale. “Mais il incombe aux autorités locales de faire en sorte que les zones à risque soient déclarées inconstructibles, reprend Laurent Dufour. Il suffit parfois d’une année sans pluies pour que les gens s’y installent.”

Conséquences des inondations
Les conséquences humaines et sociales de ces inondations touchent les questions de santé, des infrastructures communautaires. Elles sont source de conflits entre les populations, accroissent l´insécurité, les mobilités et déstructurent les liens sociaux. Les risques sanitaires s´accentuent sous l´effet de l´infiltration du réseau d´adduction d´eau potable par les eaux usées et á cause de la prolifération des moustiques. Le paludisme, la diarrhée, la dermatose et les maladies respiratoires sont fréquents dans les zones inondées. Le risque d´électrocution á cause de la précarité des installations électriques est aussi grand. Les rares équipements sociocommunautaires (école, poste de santé, marché, lieux de culte) accessibles deviennent non fonctionnels. L’accès aux zones d’habitation devient également difficile de par l’impraticabilité des axes secondaires desservant ces quartiers. Tous ces facteurs rendent l’environnement résidentiel inhospitalier. Cette dégradation du cadre de vie modifie les perceptions que les populations ont de leur environnement résidentiel.

11243463_10203804427705979_1728040919196042257_12Depuis ces dernières années, l´Afrique a été victime d’une série d’inondation répétitive, résultant de fortes pluviométries, qui non-seulement sont de plus en plus fréquentes mais dont l’ampleur s’intensifie. Pour ne citer que le cas du Sénégal, qui depuis 2004, ne cesse de subir les effets de fortes pluies tous les ans; à Madagascar, les fortes tempêtes tropicales Ivan et Jowke ont affecté une bonne partie de l’ile en 2008. En 2009, la Namibie, la République Centrafricaine, le Burkina Faso, le Mali, et la Mauritanie ont consécutivement été touchées. En 2010, le Ghana, le Togo et le Benin sont aussi affectés. Le Benin souffre encore des effets de fortes pluies, jamais survenues depuis quelques années. Selon les Nations Unies, la Côte d´Ivoire a aussi connu depuis 2006 de nouveaux épisodes d’inondations survenues dans les villes de Korhogo, Bouna, Ferkessédougou, Mbengué, Tengrela et Odienné.

Face à tous ces dégâts, un bon nombre de défis attendent ces pays dans un très court délai, entre autres, comment mitiger les impacts de l’inondation, mais avant tout, comment évaluer les dommages et les pertes, et par la suite identifier les besoins et les prioriser, compte tenu de la rareté des ressources disponibles aussi bien au sein du gouvernement que des bailleurs des fonds.

Africpost

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