Abdou-Diouf-et-Abdoulaye-Wade

L’histoire récente de l’histoire du Sénégal est revisitée par le deuxième président du Sénégal, Abdou Diouf, qui a publié ses mémoires. Il nous parle ici de son départ du gouvernement. Morceaux choisis.

« J’étais battu. Et je lui dis (son ami Habib Thiam: Ndlr) que j’en tirais toutes les conclusions et que j’étais prêt à assumer pleinement cette défaite. (…) C’est ce que je fis en cette nuit électorale au cours de laquelle, plongeant au plus profond de moi, je pris la décision de reconnaître ma défaite et de féliciter mon adversaire.

« Non, je n’ai jamais voulu m’accrocher au pouvoir. Je n’ai jamais voulu aller à contre-courant de la volonté clairement exprimée d’un peuple qui m’a longtemps fait confiance et qui m’a beaucoup donné. Je ne suis pas homme à m’accrocher à un pouvoir que j’ai perdu par les urnes »

Les Sénégalais ont encore en mémoire mon peu de combativité vers la fin, car j’avais senti que le peuple voulait l’alternance ».

Unknown                                                                                                      

« Je dois vous dire qu’en dehors de l’opposition Diouf-Wade, une forte rivalité personnelle opposait Djibo Kâ et Niasse (actuel Président de l´Assemblée nationale sénégalaise). Tout le monde se souvenait de l’histoire du coup de poing que Niasse avait donné à Djibo, lors d’une réunion du Bureau politique du Parti socialiste. J’en ai déjà parlé, mais je n’ai eu la version de Niasse sur cet incident qu’à la mort de Jean Collin. Je devais aller à la levée du corps et Niasse, alors revenu dans le gouvernement en qualité de ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, était dans mon bureau. Je lui ai dit:

– Moustapha, ça tombe bien, comme tu es là, je te prends dans ma voiture pour aller à la levée du corps de notre ami Jean Collin.

– Monsieur le Président, je ne peux pas aller à la levée du corps de Jean Collin, me répondit-il.

– Comment ça, tu plaisantes ?

– Non, non, je ne peux pas. Jean Collin m’a fait trop de mal. Est-ce que vous savez, Monsieur le Président, que ce que j’ai fait à Djibo Kâ au Bureau politique en 1984 est le résultat d’un complot entre Jean Collin et Djibo Kâ.

 – Jean Collin est mort, dis-je. Qu’est-ce que tu me chantes sur lui ?

 – Je vous l’affirme, répondit-il. Collin a dit à Djibo : « Il faut amener le Président à chasser Niasse du gouvernement. Il faut le couper du Président et la seule façon de le faire, c’est de le provoquer. Il est nerveux, il fera une bêtise, et le Président le fera partir. Il faut que tu insultes sa mère, il ne pourra pas le supporter, il te frappera et le Président le chassera ».

 Je rapporte tels quels les propos de Niasse qui n’est pas donc pas allé à la levée du corps de Jean Collin. J’y suis allé sans lui. Je l’ai écouté poliment et je l’ai remercié ».

 

 

 

 

 

 

Entretien sur TV5monde et Rfi 

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