L’amicale des étudiants de la faculté des sciences et techniques a organisé la troisième commémoration de la mort de Bassirou FAYE. La cérémonie a eu lieu ce matin-lundi 14 août- au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop.

Trois années après la mort de l’étudiant, les étudiants se souviennent de leur camarade qui défendait les intérêts des étudiants. Tué le 14 août 2014 lors des affrontements entre les  forces de l’ordre et les étudiants, Bass était inscrit en licence 1 au département de MPI (mathématiques, physiques et informatique). Les protestataires réclamaient le paiement de leurs bourses après 10 mois de retard.

Cette manifestation rend hommage à Bassirou Faye. À cet effet, la journée est marquée par le récital du saint coran et des prières pour le repos de son âme. Après les activités sur place, les étudiants ont effectué le déplacement à Diourbel pour rencontrer la famille du défunt.

Les actions issues de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur, contestées par les étudiants, ont perturbé l’année universitaire 2013-2014. L’augmentation de frais d’inscription et la réorganisation de l’attribution des allocations de bourses ont été retenues parmi tant d’autres. A titre d’exemples, les droits d’inscriptions passent de 10000 à 25000 Fcfa pour le premier cycle, de 10000 à 50000 Fcfa pour le second cycle et de 10000 à 75000 pour le troisième cycle. Les étudiants âgés de plus de 30 ans n’ont plus la possibilité de percevoir une bourse de la part du ministère de l’enseignement supérieur. L’année universitaire d’alors est perturbée avec plusieurs grèves. Le bilan est alors lourd : des centaines d’étudiants blessés, d’autres arrêtés par la police et des outils d’apprentissage comme des ordinateurs et des tablettes saccagés. Bassirou Faye a reçu, le jeudi 14 août 2014, une balle dans la tête et a rendu l’âme le même jour.

L’actuel président de l’amicale de la FST a partagé avec le défunt la même chambre au campus social. La veille de l’incident, ils ont passé la nuit sur un même lit. Selon lui : « Il faut que cela ne se reproduise plus à l’UCAD. Nous disons « plus jamais ça ». Les étudiants ne sont pas des cobayes et ils ne doivent pas être massacrés.

Il faut que les autorités donnent un autre regard et plus de considération à la communauté estudiantine. Parce que ce sont ces derniers qui vont gérer le pays dans l’avenir et du coup, les conditions de vie et d’étude doivent être améliorées. »

Suite aux manifestations sporadiques des étudiants, le gouvernement a finalement durcit le ton en revoyant quelques points tirés de la CNAES. Ibrahiama NGOM constate les progrès. Il soutient : « Après cet événement, les autorités ont donné beaucoup d’espoir et d’ambition à l’enseignement supérieur et par conséquent, ils ont placé un système capable de favoriser l’étudiant avec plus de qualité et de performance.

Sur le plan social comme pédagogique, nous avons noté quelques améliorations avec la mise en place de trois nouveaux pavillons de 1044 lits et des pavillons de près de 10000 lits sont en cours de construction. Des amphithéâtres ont été réfectionnés au niveau des facultés, rassure-t-il »

Il propose une solution pour apaiser la situation: « on doit se réunir de manière périodique pour qu’il ait un plan de communication efficace, une médiation permettant aux étudiants d’exposer leurs problèmes afin d’en trouver des solutions et de ne pas recourir à la violence pour avoir un gain de cause. »

Ibrahima Sombel FAYE, grand frère du défunt  et porte-parole de la famille, a assisté à la commémoration de la troisième année de la disparition de Bassirou FAYE.

Il explique : « le dossier aboutit, le 23 juin 2016, à la culpabilité de Sidi Mouhamed bougaleb qui écope d’une peine d’emprisonnement de 20 ans et une indemnisation de la famille de la victime à hauteur de 50 millions de FCFA. Depuis lors on n’a rien vu de concret. Au moment où les gens gaspillent de l’argent pendant les législatives, la famille de Bassirou Faye peine à recevoir son dédommagement. »

Le jour du décès de Bassirou Faye,  le Président de la République avait dit que les coupables seront punis et sanctionnés sévèrement par la loi. En dépit de l’assurance du chef de l’État, le porte-parole se désole : « Il n’y a aucune évolution sur le dossier et on dirait qu’ils nous ont oubliés. Nous allons mettre en place des stratégies avec les étudiants pour que le dossier puisse être bouclé. »

Pour rappel, cette année, Bassirou Faye devait boucler le premier cycle à la FST.

 

Avec le paiement des bourses par Wari cette année pour la première fois, les étudiants rencontrent plusieurs soucis. Ils ont toujours déploré ces difficultés. Ces dysfonctionnements peuvent provoquer la colère des bénéficiaires et les pousser à ériger des barricades sur l’avenue Cheikh Anta DIOP pour montrer leurs désaccords. Les présidents de l’amicale des étudiants de la FST et des autres facultés attendent les grandes vacances pour attirer l’attention des autorités et régler définitivement les problèmes liés à la pénurie d’eau, à la qualité de la restauration et au paiement des bourses.

 

Oumar BA, barouba90@gmail.com

Comments

comments

Loading...