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Le richissime homme d’affaires congolais Moïse Katumbi, à qui on prête des ambitions présidentielles en 2016, a annoncé le 29 septembre sur son compte Twitter sa démission du  Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, le parti présidentiel) et du gouvernorat du Katanga.

Cet ancien allié du président Joseph Kabila a accusé le pouvoir de «dérives inacceptables», dénonçant notamment la volonté du parti au pouvoir de vouloir modifier la Constitution pour permettre à l’actuel chef d’Etat de  briguer un troisième mandat.

«Au moment où nous, peuple congolais, entrons dans la dernière ligne droite du dernier mandat constitutionnel du président de la République, les faits indiquent que depuis maintenant un an, tout est mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution en entretenant retard, flou et illisibilité du cycle électoral et en élaborant une stratégie de glissement des dates des scrutins», a affirmé Moïse Katumbi. Il a également exprimé son «opposition ferme à tout prétexte pour retarder les élections tel que le manque de moyens financiers».

M. Katumbi a déploré également «les arrestations arbitraires» et les «intimidations de toutes sortes» visant les opposants.

«Ces derniers temps, trop d’exemples doivent nous alerter : arrestations arbitraires de militants pro-démocratie, interdictions de sortie de films, intimidations de toutes sortes, répressions policières de plus en plus violentes, coupures des connexions Internet », a-t-il énuméré.

Avec la démission de Moïse Katumbi du parti au pouvoir, le président Kabila perd un allié populaire dans l’immense région minière du Katanga, dont ils sont tous deux originaires. Il perd aussi l’un de ses leviers en termes de mobilisation et de financement. Car l’ex-gouverneur est également le président du Tout Puissant Mazembe, l’un des clubs de football favoris des Congolais, ainsi qu’un homme d’affaires très riche.

Selon les observateurs, l’ex-gouverneur du Katanga est bien parti pour être le principal adversaire de Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2016. Cela est d’autant plus probable que la démission de « M. Katanga » a été saluée par le groupe des sept partis (G7), qui a divorcé de la coalition au pouvoir il y a deux semaines et appelé Joseph Kabila à respecter la constitution.

Agence Ecofin

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