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L’objet de cette Conférence de presse est d’informer l’opinion publique africaine et internationale sur la situation fort préoccupante des droits humains en Mauritanie, suite à l’arrestation et à la détention arbitraires du Président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolutionniste (IRA) et de huit autres défenseurs des droits humains depuis le 11 novembre 2014.

Tous ont arrêtés lors de la Caravane contre l’Esclavage foncier organisée par l’IRA dans la vallée du fleuve Sénégal. Ils ont tous été l’objet de brutalités d’une rare violence de la part de la brigade de gendarmerie opérant sous les ordres du Wali de Traraza, Isselmou Sidi, connu pour ses prises de position esclavagistes et racistes.Cette charge brutale des forces de l’ordre, usant de grenades lacrymogènes contre les militants du Mouvement anti-esclavagiste a eu lieu dans la localité Chgara, à quelques kilomètres de la ville de Rosso, située à 200 Kilomètres au sud de la capitale (Nouakchott).

Parmi les six dirigeants anti-escalavagistes qui furent arrêtés lors de cette Caravane, il ya Biram Dah ABEID, primé par l’ONU en 2013 pour son combat en faveur des Droits humains. Ces derniers ont aussi été l’objet de mauvais traitements, parce que suite à leur arrestation, ils été molestés par les gendarmes. Outre le Président d’IRA, Monseur Dah ABEID, Monsieur Birahim Bilal RAMDHANE, Président de l’ONG Kawtal Diélitaré Djiby Sow et trois autres dirigeants du combat pour le respect de la dignité humaine, notamment Khattri RAHEL, Fatis CHEIKHNA, Mouhamed ALLOUCHE, croupissent depuis ce jour dans la prison civile de Rosso.

La situation des droits humains fort préoccupante prévalant actuellement en Mauritanie se manifeste par la multiplication de menaces, d’intimidations et d’harcèlements contre les militants anti-esclavagistes et les défenseurs des droits humains entrainant ainsi une forte tension intercommunautaire. En témoignent d’ailleurs les nombreuses menaces proférées par le Chef de l’Etat, lui-même, ainsi que par de nombreux dignitaires de son régime brandissant des menaces à travers les médiats contre les militants des droits humains et en exigeant même leur arrestation.

Face à une cette atmosphère délétère, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) condamne et dénonce avec la dernière énergie les vagues d’arrestations dont été victimes Monsieur Birame Ould Dah Ould Abeid et 17 militants de l’IRA depuis plusieurs semaines déjà. Un retour déplorable aux méthodes des régimes d’exception constitue une menace grave pour la paix et la sécurité des citoyens en Mauritanie. Le constat est que, en effet, des actions d’une rare violence se multiplient de jour en jour en Mauritanie, ce qui rappellent les « années de braise » du temps des pires dictatures militaires marquées par la répression féroce, la traque inconsidérée des ressortissants subsahariens, les contrôles intempestifs avec accent de délit de faciès. On signale que depuis leur arrestation, leurs téléphones des dirigeants du Mouvement anti-esclavagiste ont été confisqués et, en tant que détenus, ils se trouvent actuellement isolés sans aucun contact avec l’extérieur et sans pouvoir parler à un avocat.

Les informations reçues indiquent que certains d’entre eux sont détenus à la gendarmerie et d’autres à la direction de la sûreté. Deux semaines avant leur arrestation, une vague d’arrestations et de harcèlement judiciaire contre des membres du Mouvement IRA s’était déjà produite. Le 31 octobre 2014, lors de la prière du mufti de la grande mosquée de Nouakchott, M. Sabbar Houssein, membre de l’IRA, a dénoncé publiquement l’exploitation foncière et les propos esclavagistes du mufti. Aussitôt, des policiers en civil se sont jetés sur lui mais des personnes présentes l’ont défendu, contraignant les policiers à quitter les lieux. Le lendemain, Sabbar Houssein est arrêté par la police et est porté disparu pendant trois jours. Il est retrouvé par ses collègues, incarcéré dans le commissariat de la police judicaire, à Nouakchott. La nuit du dimanche au lundi 3 novembre, trois autres membres d’IRA sont portés disparus, également arrêtés par la police à leur sortie de la mosquée des Nobles, où ils avaient, eux aussi, répliqué à une violente déclaration de l’imam du lieu contre l’IRA.

Le 3 novembre 2014, le ministère public mauritanien les a inculpés des charges suivantes: perturbation de la prière, incitation à la haine et rébellion contre l’autorité. M. Sabbar Houssein est à ce jour emprisonné, tandis que les autres ont été libérés mais placés sous contrôle judiciaire.

En guise de conclusion,à l’égard de ces arrestations répétitives et à la détention arbitraire de Monsieur Biram Dah Abeid ainsi que de ses collègues défenseurs des droits humains, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) a décidé de porter le même combat à l’instar d’autres organisations de défense des droits humains pour briser le silence qui entoure la question de l’esclavage en Mauritanie, parce qu’il s’agit d’une situation qui interpelle tous les hommes et toutes les femmes épris(e)s de paix et de justice. La RADDHO considère qu’il s’agit d’un combat pour le respect de la dignité humaine et la défense des droits humains.

Esclavage, l’action de Biram Dah Abeid et IRA-Mauritanie
 

Africpost avec IRA Mauritanie

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