téléchargement

Avec un taux de croissance annuel compris entre 4,8 et 5,1 % selon les institutions financières internationales, le continent fait mieux que partout ailleurs en 2014, à l’exception de la Chine, et renforce l’image de terres d’opportunité qu’il véhicule ces dernières années auprès des investisseurs du monde entier.

Pour afficher ces bons résultats, la croissance africaine a bénéficié des cours relativement élevés des produits de base sur une bonne partie de l’année, de l’intensification des liens commerciaux avec les économies émergentes, de l’augmentation de la demande intérieure soutenue par l’arrivée confirmée d’une consommation locale et de l’affectation des dépenses publiques vers les infrastructures indispensables au développement du continent.

En ‘rêvant’ d’une corrélation directe entre la croissance économique et la réduction de la pauvreté, ceux qui ont préparé les objectifs de développement du Millenium (ODM) pour les Nations unies estimaient que réduire de moitié la pauvreté en Afrique pour 2015 requérait que les pays parviennent à une croissance annuelle minimum moyenne de 7 %. Pourtant le continent possède toujours le plus haut niveau de pauvreté au monde et est l’une des deux régions où la pauvreté n’a pas décliné au cours des vingt dernières années. Près de la moitié des Africains, soit 48 %, vivent dans une extrême pauvreté, et 72 % de la population de jeunes vivent avec moins de deux dollars par jour.

Ainsi, la grande question reste de savoir pourquoi la croissance ne s’est pas traduite par une réduction de la pauvreté. Une des raisons tient au fait que les taux de croissance récents de l’Afrique bien qu’élevés selon les normes internationales restent trop bas pour avoir un impact décisif sur la pauvreté. Les conditions initiales sont si faibles (1000% de 0 = 0) que seuls des niveaux de croissance très élevés et soutenus pourraient avoir un impact visible sur la réduction de la pauvreté.

En fait, la récente croissance de l’Afrique a été essentiellement alimentée par une augmentation des exportations pétrolières et la montée des prix du pétrole. En 2013/2014, 7 des 10 meilleurs taux de croissance africains sont des pays exportateurs de pétrole ou des économies qui se relèvent de conflits armés, les taux élevés de croissance annuelle de ces dernières s’expliquant principalement par le rebond traditionnel faisant suite aux conditions médiocres de la période durant laquelle la croissance est mesurée.

Pour aider à la réduction de la pauvreté, l’Afrique doit chercher à augmenter encore plus ses taux de croissance et les soutenir sur une longue période. De plus, il faut un plus grand équilibre entre les secteurs industriels grands consommateurs de capitaux et gros consommateurs de main d’œuvre. On ne peut cependant pas encourager les industries grandes consommatrices de main d’œuvre qui créent des emplois pour les pauvres aux dépends des industries grandes consommatrices de capitaux.

Enfin, la redistribution des revenus en Afrique doit être plus équitable. Ce qui est difficile étant donné qu’une redistribution faussée des revenus fait traditionnellement partie de l’héritage du pays. Pourtant, ce n’est pas impossible, particulièrement pour les pays africains qui ont su moderniser leurs institutions politiques.

 

Lansana Gagny SAKHO
Consultant international
Directeur général Experts vicions(Dakar/Sénégal)
Gouvernement du Sénégal

Africpost

Comments

comments

Loading...