De Serrekunda au marché central de Banjul, les sénégalais sont présents dans le commerce et dans les ateliers de couture. Toutes les conditions leurs sont réunies pour bien effectuer leurs affaires. Ils réalisent des bénéfices qui leurs permettent de couvrir les dépenses quotidiennes, de payer la scolarité de leurs enfants et d’effectuer des transferts dans une parfaite relation avec les gambiens. Certains soutiennent que la Gambie est le meilleur pays du continent et ne veulent plus découvrir les autres continents. Ils jugent aussi que la fiscalité gambienne est réduite.

Rencontré au marché de Serrekunda, ce commerçant tient une table de commerce devant les boutiques et les moyens de transports faute de moyens qui lui permettent d’avoir une boutique ou un magasin pour caser ses marchandises. Dans une atmosphère décontractée où les bruits des taxis polluent l’environnement, Mouhamed Marre, âgé d’une trentaine d’années et toujours célibataire fait la promotion de ses marchandises pour attirer des clients.

Sur sa table, on voit du lait dans des sachets, des paquets de bonbons et des cartons de biscuits. Le natif de Diourbel confectionnait et vendait des chaussures à base de cuir à Dakar, à Médina rue 11 angle 18. Trois années d’expérience en Gambie, il explique : « J’ai été une fois en Espagne pendant 3 mois avec les pirogues. C’est Abdoulaye Wade qui m’a fait revenir au Sénégal. Après avoir cherché partout du travail sans succès, je suis venu ici, en Gambie. Si j’avais la possibilité, j’allais rester au pays, car c’est mieux.  Vu la situation et les réalités, je suis obligé de m’aventurer. Et dans ce pays, j’arrive quand même à couvrir mes besoins et effectuer des  transferts au village pour soutenir ma famille.»

« Il est facile de travailler ici car même avec 10000fcfa de capital, tu peux tenir ton business. Par contre au Sénégal pour démarrer un projet il te faut des moyens énormes, près de 50000fcfa et pas du tout évident. » Rassure-t-il.

À côté du palais présidentiel, se trouve le marché de Banjul. Ce lieu est très dynamique même si l’accès est difficile. Des étagères, des objets par terre et des échanges en plaine route forment le décor.

27 ans en Gambie, Samba Diop vient de la région de Louga. Son activité, c’est la vente des chaussures pour hommes et femmes. Il témoigne : « J’y trouve mon compte car mes besoins familiaux sont couverts à travers les recettes de mon commerce. Actuellement j’ai pu avoir un titre foncier au Sénégal. Je n’ai jamais eu de problèmes avec les soldats de l’économie car la loi gambienne est acceptable. Je vois que la Gambie est le meilleur pays de l’Afrique où on peut faire des activités. »

À l’intérieur du marché, une partie est réservée aux tailleurs. La plupart sont des sénégalais. À l’entrée, on entend les voix d’or de la musique sénégalaise. Les derniers sons de Wally Seck accueillent les visiteurs dans un atelier de couture. Un sénégalais, sous couvert de l’anonymat vient des îles du Saloum. Le cinquantenaire est tailleur depuis 1994 dans ce même lieu. Il vit avec sa famille. Malgré son diplôme de BFEM obtenu au Sénégal vers les années 1990, il a choisi le couturier comme métier et la Gambie comme pays d’accueil. Il soutient : « Des fois les problèmes rencontrés ne peuvent pas nous faire fuir ou nous affaiblir. La crise mondiale affecte toutes les activités et c’est pour cela nous ne la considérons pas comme problème. On est là, on est en paix depuis 1994 dans ce pays. Nous faisons nourrir notre famille, nous payons la scolarité de nos enfants ici en Gambie et au Sénégal et nous envoyons souvent de l’argent à nos proches sous forme d’assistance.»

Il avance : « Nous payons les taxes de la municipalité et celle nationales. 60000f pour 8 à 10 machines c’est raisonnable et acceptable. »

Une partie des commerçants choisissent de payer les taxes par tranche. Les charges sont faibles et acceptables. Par exemple un marchand qui n’a qu’une petite table installée devant les boutiques et magasin paye chaque année 8000f pour sa table, 8000 pour les marchandises et 4000 pour l’assurance.

Pour rappel depuis les indépendances, le Sénégal et la Gambie permettent la libre circulation des personnes et des biens. De nos jours, il est difficile d’estimer avec précision le nombre de sénégalais vivants dans ce pays car des centaines de milliers de personnes ne sont toujours pas enregistrés à l’ambassade.

 

BA Oumar

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