1ftjtegx_thumbBolloré joue les prolongations. Depuis plus de deux ans, Sopam SA et SAGA France, filiale du groupe français Bolloré, sont devant les tribunaux de Ouagadougou et de Nanterre (France) pour un différend dont la pomme de discorde est le retard abusif de la livraison d’un moteur pour la centrale électrique de Komsilga 1, commandé à l’époque par l’entreprise Sopam Burkina. Ladite société a condamné Saga France – dont les comptes font l’objet d’une saisie conservatoire – de lui verser quelque 23 milliards f CFA en dommages et intérêts. Le verdict du délibéré est attendu ce jeudi 27 février au tribunal commercial de Nanterre.

Un feuilleton judiciaire à rebondissement… Le sempiternel contentieux qui oppose la société Sopam SA à SAGA France, filiale du groupe Bolloré, est loin de connaître son épilogue. L’affaire, faisant l’objet de 2 appels au Tribunal commercial de Ouagadougou (capitale du Burkina), est désormais devant la juridiction compétente du JEX de Nanterre, après un report de son délibéré en date du 18 février 2014 pour cause de surcharge du tribunal, a commenté une source autorisée contactée par Les Afriques.

Défendue par le cabinet Fénéon Delabrière, une saisie conservatrice a été effectuée sur les comptes bancaires de SAGA France sur la demande de l’entreprise Sopam SA. Toutefois, le compte bancaire SAGA France domiciliée dans les livres de la Société Générale de France n’était crédité que de 1 013 655,25 euros. Alors que la société Sopam SA réclamait la bagatelle de 2 270 961,58 euros.

Devant le refus de SAGA France de reconnaitre sa responsabilité de n’avoir pas livré le moteur de la centrale à date échue, l’entreprise Sopam s’est vue contraindre d’assigner la filiale Bolloré en justice et réclamer quelque 23 milliards de f CFA à titre de dommages subis.

Les Afriques a appris que le juge de l’exécution, sur la demande de la main levée conservatrice sur le compte bancaire de SAGA France, avait décidé de proroger son délibéré le 18 février 2014. Rebelote ! Puisque le délibéré du JEX de Nanterre a décidé une fois de plus de reporter son délibéré pour cause de surcharge du tribunal ce jeudi 27 février 2014.

«Il n’est pas exclu que le délibéré soit une fois de plus reporté», précise une source proche du dossier. Bolloré joue les prolongations dans ce litige qui est parti pour être l’un des feuilletons les plus longs et onéreux pour les deux parties.

Pourquoi cette cascade de reports ? Que cache-t-on en réalité ? Selon nos informations, Sopam SA est dans les dispositions d’une solution négociée avec SAGA France en vue de sauvegarder l’essentiel de ses intérêts. Les deux sociétés ont manifesté leur volonté commune de trouver un compromis à l’amiable. Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès !

 

PAR ISMAEL AIDARA

http://www.lesafriques.com

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