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Dans un long discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président américain a fait de la lutte contre l’extrémisme la priorité de la planète.

«J’appelle le monde à joindre notre effort». Deux jours après l’enclenchement de la campagne aérienne contre l’Etat islamique (EI) en Syrie , Barack Obama a lancé mercredi un vibrant plaidoyer à la communauté internationale afin d’éradiquer ce qu’il a appelé le «cancer du terrorisme au Moyen Orient». Dans un long discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président américain a dressé le tableau des crises actuelles – du virus Ebola à l’agression russe en Ukraine – mais a clairement fait de la lutte contre l’extrémisme la priorité de la planète. «Collectivement, nous devons prendre des mesures concrètes pour faire face aux dangers posés par des fanatique motivés par la religion […], a-t-il lancé. Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec les autres nations pour démembrer ce réseau de la mort». Avant d ‘affirmer la promesse d’une Amérique «prête à éclairer le monde».

Devant l’ONU, l’objectif d’Obama était clair : réaffirmer que les Etats-Unis ne sont pas seuls dans le combat enclenché en Irak et en Syrie et convaincre ceux qui hésitent encore qu’ils doivent se joindre à la coalition établie contre l’EI. Le président s’est en outre félicité de l’adoption prévue dans l’après-midi d’une résolution contraignante visant à combattre le flux de combattants étrangers qui viennent nourrir les rangs des jihadistes. Le texte, présenté par la présidence américaine, demande à chaque nation «d’empêcher le recrutement et les déplacements des individus se rendant à l’étranger avec l’intention de planifier ou de participer à des actions terroristes». Il réclame la mise en place «de lourdes sanctions pénales» et s’en prend également au financement des groupes extrémistes à travers le monde. Tout en insistant sur la nécessité d’un partage des informations entre les alliés et d’une coopération internationale «plus grande».

Le volontarisme d’Obama n’a pas suffi toutefois pas à éclipser toutes les questions qui ont jailli à l’ONU quant à la lutte enclenchée contre l’EI. Les affirmations des officiels du Pentagone selon lesquelles les frappes ne sont que le début d’une longue campagne nourrissent les inquiétudes. A New York, beaucoup remarquent que même si le président américain a salué l’action menée en Syrie «avec ses partenaires arabes», ces derniers n’ont pris en réalité qu’une faible part dans les attaques déclenchées lundi. Surtout, tout le monde souligne la réaction du régime de Damas, qui a dit «soutenir toute action internationale» visant à affaiblir les groupes extrémistes sur son territoire. «C’est clair, si la campagne militaire dure des mois, voire des années, et qu’elle permet à Bachar al-Assad de se remettre en selle, cela pose un gros problème, estime un diplomate d’une délégation arabe. Ceux qui se sont alliés à Obama veulent voir la fin du régime syrien, pas le contraire. Mais pour l’instant, tout semble un peu confus. Personne ne sait ce que nous réserve l’avenir».

Dans un éditorial cinglant, le New York Times lui-même, généralement plutôt favorable à Obama, évoque un «mauvais tournant en Syrie» et questionne la légalité de la guerre. «Le président Obama a placé l’Amérique au coeur d’une guerre de plus en plus vaste en décidant d’étendre ses frappes aériennes contre l’Etat islamique […] Il l’a fait sans sans permettre le débat public qui serait nécessaire avant que cette nation s’engage dans un nouveau conflit potentiellement coûteux et prolongé au Moyen Orient», écrit le journal qui s’interroge sur la stratégie à long terme de la Maison Blanche. Mais mercredi devant l’ONU, Obama a insisté : «Personne ne pourra empêcher les Etats-Unis de faire ce qu’ils auront à faire» pour éradiquer cette menace.

Fabrice ROUSSELOT (Correspondant à New York) / liberation.fr

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