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La mondialisation peut être assimilée à une nouvelle forme de colonisation et d’exploitation en dépit de ces aspects positifs comme négatifs. Ainsi, pour une émergence des pays africains à long terme, il est important d’éviter que le néocolonialisme s’installe de façon durable sur le continent Africain à travers la mondialisation.

L’auteur, Sileymane Sokome partage l’idée avec l’un des plus illustres économistes du monde, l’américain Joseph Stiglitz qui croit que la mondialisation n’est pas un mauvais concept pour les pays en voie de développement mais que c’est plutôt « la manière dont elle est mise en œuvre par ses acteurs ainsi que les institutions financières internationales », Pages 25 et 95. On peut citer des points positifs du phénomène de la libération des marchés comme l’intégration des pays Africains dans l’économie globalisée et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Même si dans l’ensemble la mondialisation constitue une bonne vision de développement, les institutions financières internationales comme la Banque mondiale, le FMI et les multinationales internationales sont sur la liste des grands maux de l’Afrique qui contribuent activement à la gestion des affaires du continent et accentuent gravement la pauvreté.

Aux pages 48 et 71, l’auteur souligne que le NEPAD est une stratégie pour la renaissance et le développement du continent Africain, qui a été adopté en 2001 par les élites intellectuelles africaines et que le NEPAD pourrait aider les pays africains à s’intégrer dans l’économie mondiale. Néanmoins, nous constatons que depuis le lancement de cette stratégie purement africaine, il y a maintenant presque 13 ans, le continent ne décolle toujours pas.

En ce qui concerne le Sénégal les différents débats se focalisent sur la question de l’émergence. Le Président Macky Sall qui fait présentement du « Yonu Yokuté » et du « Plan Sénégal Emergent » son cheval de bataille pour le développement de notre pays méritent des questions sceptiques: Ces programmes vont-ils faire décoller le Sénégal ? L’avenir nous édifiera si ces concepts de développement sont justes des slogans auxquels nous avons souvent droit avec nos différents dirigeants comme « travailler, encore travailler, toujours travailler », ou « la rupture », ou « accélérer la cadence », ou « au travail »? L’histoire serait-elle en train de se répéter en voulant mettre en place une dynastie et concours du meilleur slogan ? La renaissance et l’émergence ne doivent pas être juste des mots. Un changement de mentalité est nécessaire à leur réalisation effective. Je cite un passage très pertinent de l’auteur que je partage également: « Le Sénégal est depuis 1960 resté un modèle de stabilité et de démocratie sans être toutefois un modèle de développement économique (…) », page 156. Il est temps que le Sénégal se développe pour le bonheur de ses enfants.

Toujours à travers l’ouvrage, l’auteur parle de la présence effective de la Chine sur le continent africain avec ses pétrodollars. La Chine qui est la deuxième puissance économique mondiale derrière les Etats Unies d’Amérique est omniprésente en Afrique grâce à la mondialisation. Je cite, à la page 61, l’auteur affirme « Aujourd’hui, la Chine a passé des accords avec beaucoup de pays Africains et achète plus d’un tiers de l’or noir du continent ». Certes, cette présence a des aspects positifs mais, il est important de savoir que ce n’est pas ce qui va développer le continent Africain. Nous devons compter sur nos propres moyens.

L’auteur souligne aussi le cas du Canada avec sa multinationale qui opère dans la région de Tambacounda pour exploiter l’or de Sabodola. La question que je me pose est la suivante: comment le Sénégal peut être riche en or dans la région orientale du pays alors que ses bijoutiers ne peuvent même pas utiliser l’or de Sabaloda et ils ont recours à l’importation. Y-a-t-il une réelle volonté de développer le Sénégal?

Nous pensons que les pays Africains doivent renforcer leurs partenariats économiques entre eux. Par exemple, au Sénégal, les Chinois « investissent dans le commerce et détiennent le monopole du marché informel », page 62. Le Sénégal devrait sans hésiter renforcer ses liens de coopération avec les pays voisins comme la Gambie, le Mali, la Guinée Bissau oú l’ensemble de la sous-région. Le développement de tous ces pays Africains est interconnecté. Chacun de ces pays peut jouer un rôle prépondérant dans le développement de ses voisins. D’ailleurs ce rôle est beaucoup plus déterminant que celui de la Chine, la France, les Etats Unis ou d’autres acteurs de la mondialisation.

Je cite quelques passages pertinents de l’auteur :

«Les nations tirent leur richesse par le travail », page 98.

« (…) la mondialisation en tant que telle n’est nullement responsable du pillage et de l’accaparement des terres agricoles en Afrique. », page 99.

«Les facteurs politiques freinant notre développement sont l’absence de l’Etat de droit, la sacralisation du pouvoir politique, la corruption, la mauvaise gouvernance, le favoritisme, le népotisme, le clientélisme et d’autres pratiques délictueuses incompatibles avec la mondialisation. », page 102.

«Quarante années de gestion socialiste et douze années de gestion libérale n’ont pas permis au Sénégal d’emprunter le chemin de l’émergence. », page 170.

Pour terminer, l’auteur a parfaitement raison d’affirmer que le développement de l’Afrique dépend de la volonté des dirigeants Africains. Et que le continent n’est pas victime de la mondialisation en tant que telle mais plutôt victime de ses propres fils c’est à dire les intellectuels africains et les hommes politiques avec l’absence de visions claires de développement pour sortir l’Afrique de l’impasse.

Sileymane Sokome a fait un excellent travail digne d’un intellectuel soucieux du développement de son pays et de son continent. L’auteur explique clairement dans son ouvrage les effets de la mondialisation sur notre continent tout en résumant les maux dont souffre l’Afrique et les solutions qu’il faut pour une mondialisation réussie en Afrique.

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Zaccharia Ndiaye

Public Figure

IT Specialist/Consultant

Global Growth Thinker/ Opinion Leader

http://www.zacchariandiaye.com/

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