170 millions de consommateurs, un taux de croissance de 7% par an depuis 8 ans, à peine 2% de déficit budgétaire, une dette limitée à 20% du PIB, 43 milliards de dollars de réserves de change et, surtout, 94% des chefs d’entreprises qui se déclarent optimistes pour l’avenir de leur pays. Rompre avec la Françafrique, c’est aussi se tourner de manière pragmatique vers les grands marchés africains anglophones et plus particulièrement vers celui qui est en passe de devenir le premier du continent, bien décidé à entrer avant 2020 dans le top 20 des économies mondiales.

La promptitude et l’efficacité de l’intervention de la France au Mali, très appréciées par les autorités d’Abuja, offrent à la France une opportunité de rapprochement, d’autant plus que le courant semble bien passer entre les deux chefs d’Etat, si l’on en croit l’ambiance chaleureuse qui a prévalu lors de la visite de François Hollande à Abuja. « Par certains aspects, cette visite indique que la politique africaine de François Hollande est sans doute plus réaliste que celle de certains de ses prédécesseurs » analyse Roland Marchal, chercheur au CNRS, interrogé par JOL Press.

Seul invité occidental au Sommet d’Abuja qui célébrait les 100 ans du Nigeria, François Hollande a su avancer ses pions : Total, Alstom, Bouygues, Thales, Lafarge, Sanofi, Vuarnet… La France a beaucoup à apporter à ce géant qui manque de tout et qui a les moyens de ses ambitions : agroalimentaire, distribution, infrastructures, énergies, sécurité, technologies… Sans parler d’une classe supérieure friande en produits de luxe et en champagne français.

Le Nigeria devient également la locomotive de l’Afrique de l’Ouest, voire de l’Afrique centrale, un partenaire incontournable pour les pays du bloc francophone, d’autant plus que se dessinent les plans de l’autoroute Abidjan-Lagos et que la Transsaharienne reliera d’ici peu Alger à Lagos. Seule ombre dans ce tableau idyllique, il paraît bien difficile de concilier un rapprochement politique et économique avec le Nigéria, avocat ardent de la cause sahraouie, et de conserver un niveau de relations « exceptionnel » avec le Royaume chérifien.

Quoi qu’il en soit, en 2013, les exportations françaises vers le Nigeria ont augmenté de 10% et la création, la semaine dernière, du Nigeria France Trade and Investment Council, devrait permettre d’amplifier cette tendance. L’objectif a été fixé pour les 4 prochaines années : doubler les échanges commerciaux et augmenter de 50% les flux d’investissements.

Agence Ecofin

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