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Ce lundi 28 novembre 2016, la République Islamique de la Mauritanie célèbre le 56ème anniversaire de son indépendance. Ce même jour de l’an 1960, tous les mauritaniens, sans distinction de race, se sont rassemblés autour de Moctar ould Dadda, le premier président, pour marquer l’an un de la libération de l’administration française. Mais aujourd’hui, le 28/11 est tantôt une fête pour la communauté maure, tantôt un deuil pour celle négro-mauritanienne.

Dès lors, tous les 28 novembre, la communauté mauritanienne au pays comme à l’étranger se souvient de la journée historique par des activités politique, économique et culturelle.

Comme d’habitude, la veille les forces armées prennent d’assaut les artères des grandes villes du pays pour la nuit du flambeau.

Quand au président de la République, il s’adresse à la nation pour rappeler la signification du 28 novembre, faire le bilan de ses activités et se projeter dans l’avenir. Lors de son discours, Monsieur Mouhamed Ould Abdel Aziz parle à sa population en ces termes : En votre nom tous, j’adresse les salutations et exprime la considération à tous ceux qui se sont dépensés sans compter pour la réalisation de notre indépendance nationales ainsi qu’à ceux qui se sont sacrifiés pour la défense de l’intégrité territoriale du pays et pour la dignité et la liberté de ses fils. J’exprime les mêmes sentiments à tous ceux qui ont consenti des efforts remarquables sur la voie de la renaissance et du développement de la Mauritanie.

Il ajoute : Nous avons tenu ces dernières années à ce que notre vision de réformes et de construction globale porte sur l’ensemble des domaines susceptibles d’offrir au citoyen les conditions de vie décentes et au pays la stabilité, le progrès, la prospérité et d’induire l’accélération du rythme d’un développement durable.

Les 28 Soldats pendus oubliés par le Pr.

Le 30ème anniversaire qui devait une fois de plus marquer des retrouvailles de toute la population autour des activités festives et avoir une seule image pour tous les citoyens a créé une deuxième tendance nationale. La date de cet anniversaire coïncidant avec la période des évènements tragiques et douloureux de 1989 où une partie des mauritaniens ont fait l’objet d’injustice, de meurtres, de refoulement, de déportation de « démauritanité » parce qu’elle n’a pas accepté d’être arabisés, esclave ou être un mauritanien que de nom.

Le président de la République, lors de son discours n’a pas fait allusion à ces 28 soldats assassinés au soir du 27 novembre 1990 autoritaire et sanguinaire.

C’est cette année qui a changé le profil de la fête de l’indépendance. Les FPC, selon un communiqué, rappelle les faits : En effet, le 28 novembre 1990, le pouvoir arabo-berbère, symbolisé par le régime du Colonel ould Taya, fait pendre, de sang froid par leurs frères d’arme, 28 soldats noirs mauritaniens, pour fêter le trentième anniversaire du pays ! Ils ont été pendus pour célébrer l’arabité exclusive de la Mauritanie, en solidarité avec l’Irak de Saddam Hussein, et parce qu’ils étaient noirs et non arabes.

Comme objet de leur mission, il exige la justice et le dédommagement des familles des victimes. Elles relatent : Par devoir de mémoire et par exigence de morale, nous Forces Progressistes du Changement (FPC), exigeons du gouvernement mauritanien qui tente par des artifices de solder ce dossier par la restitution des dépouilles des pendus du 28 novembre 1990 et l’application du devoir de vérité, du devoir de justice, du devoir de mémoire, des réparations matérielles pleines morales et entières ; au bout du processus la nécessité du pardon.

Quand est-ce que le 28 novembre sera-t-il une fête de même couleur, ou de même inspiration pour toute la population ?

BA Oumar

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