FlamThiamInspecteur de l’enseignement primaire et engagé en politique depuis son enfance, Samba THIAM est arrêté en 1986 et condamné à 5 ans de prison fermes. Après 23 d’exil, il est revenu en 2013 pour s’engager d’avantage dans le jeu politique. Aujourd’hui, il est établi à Nouakchott, dans la capitale de la République islamique de Mauritanie où il dirige les Forces progressistes du Changement (FPC). Monsieur revient avec nous sur les questions d’actualité.

Dans quel contexte est né FPC ?

Monsieur THIAM : FPC sont nées tout récemment dans un contexte de mutation des FLAM(Forces de Libération Africaines de Mauritanie) qui étaient un mouvement vieux, depuis 1983, qui en 2014 se sont mutées pour se transformer en FPC, parce que maintenant nous voulons jouer le jeu politique.

Est-ce que FPC est reconnu par l’Etat ?

Monsieur THIAM : Pas encore, nous avons déposé notre dossier dans les règles et dans les formes, ce dossier a été rejeté par l’administration mais nous avons opté pour le recours et le notre suit son processus et nous espérons que dans les mois à venir ou dans les semaines à venir que le tribunal tranchera.

A défaut de reconnaissance, est-ce que vous allez voir un parti qui existe déjà pour vous fusionner là-bas ?

Monsieur THIAM : C’est une alternative même si elle est de moins en moins probable qu’il faudra forcement que nous explorions mais je suis pessimiste.

Est-ce que toutes les races sont représentées dans FPC ?

Monsieur THIAM : C’est la loi qui le recommande et nous avons respecté la loi intégralement. Toutes les nationalités sont représentées et sur ce plan nous sommes inattaquables.

Tout récemment, au début du moi Mars, le Président a effectué une visite à l’Est du pays précisément dans la ville de Nema où il a renouvelé sa disponibilité à dialoguer avec l’opposition. Allez-vous participer ?

Monsieur THIAM : Bien sûr, parce que le dialogue nous sommes les premiers à le prôner, depuis 1986 quand nous avons produit le document qu’on appelle manifeste du négro mauritanien. En conclusion de ce document, nous avions dit qu’il fallait un débat national avant les conférences nationales autour d’une table pour des questions de fond ; autrement dit la question de l’esclavage et de la cohabitation. Le principe de dialoguer c’est notre credo, notre position depuis toujours. Maintenant si le pouvoir nous invite et s’il veut discuter des problèmes dont la question de cohabitation, nous sommes preneurs. Tout simplement, ça s’inscrit dans nos principes.

C’est-à-dire qu’il y a bien des problèmes de cohabitation ?

Monsieur THIAM : Oui, mais ce n’est pas dû à l’antagoniste entre les communautés arabo berbère et negro africaine. C’est dû aux politiques des régimes arabo berbère qui divisent simplement le peuple mauritanien. Si ce régime est prêt pour trouver des solutions, nous sommes partants parce que nous estimons que les peuples doivent vivre ensemble. La Mauritanie doit se reconstruire indépendamment des communautés peu importe les ethnies, les origines ou les appartenances pourvu que la Mauritanie se reforme, se transforme et change positivement pour tout le monde et que chaque communauté, chaque individu et chaque citoyen aient ses propres droits.

A propos de libération de Birame Dah Ould Abeid, qu’est ce que cette décision vous inspire ?

Monsieur THIAM : C’est une bonne chose. D’abord, nous condamnions son arrestation parce qu’elle a été arbitraire. Nous sommes contre tout arbitraire et nous la condamnons donc aujourd’hui qu’il recouvre la liberté c’est une bonne chose, c’est un combattant de la liberté qui rejoindra les rangs de l’opposition et qui la grossira. Donc ce sont des amis de compagnonnage dans la lutte démocratique le plus égalitaire en Mauritanie.

Est-ce que vous vous pouvez aller ensemble ?

Monsieur THIAM : Pourquoi pas, il faut simplement en discuter et partir de principes. Je suis un homme de principes et je voudrai travailler aves des hommes de principes. Je pense que pour travailler ensemble, nous devons baliser les formes et les conditions dans lesquelles nous pouvons travailler ensemble et dans cette logique nous sommes des partenaires naturels.

Si le Président décide de faire un mandat de plus c’est-à-dire qu’il se représenterait en 2019, est-ce que vous allez partir avec lui à l’élection présidentielle ?

Monsieur THIAM : Par principe, nous sommes opposés à toutes manipulations des mandats et ce n’est pas seulement pour la Mauritanie, c’est pour l’Afrique. Pour que ce continent progresse, il faut qu’il ait l’alternance et pour cela il faut qu’on arrête de prolonger les mandats. Je pense que c’est un principe de base que tous les africains démocrates et progressistes doivent défendre. Nous réclamons et nous estimons tel et ce n’est pas parce que c’est la Mauritanie. C’est un principe général qui devrait être applicable ailleurs. Il faut que l’Afrique progresse et pour cela il faut l’alternance donc on doit arrêter les mandats extensifs.

Quelle est la meilleure solution s’il décide le faire ?

Monsieur THIAM : Il n’y a pas de meilleurs solutions pour ça, s’il essaye de le faire, nous le combattrons c’est tout. C’est mauvais et négatif on ne lui propose pas la bonne voie pour le faire, de toute façon on considère qu’il n’y arrivera pas parce que c’est ça l’intérêt de la Mauritanie et de l’Afrique.

BA Oumar

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