image00Monsieur Mika Birame Fall est le député du département de Bababé depuis 2013, il a succédé à BA Alioune Ibra qui s’était  exempté à faire part aux élections précédentes. Le député a remporté les élections législatives au deuxième tour en emportant une très grande victoire face à  SOW Oumar, son triomphe a surpris plus d’un observateur mais logique puisqu’il a été épaulé par l’actuel maire qui maîtrise bien la circonscription.

Dentiste de formation et fonctionnaire au ministère de la santé jusqu’à sa retraite, l’élu continue d’exercer officieusement son métier dans son fief à Fondé et à Nouakchott.

Malgré son absence au niveau de l’arène politique, l’honorable député a pu s’imposer grâce au soutien de BA Abdoulaye Mamadou et de certains jeunes de son département. Vainqueur sous le regard intrigué des partisans de l’union Pour la République, il a écoulé la moitié de son mandat devant une population qui espérait un grand changement lors de la proclamation des résultats. Dans un département où la demande est pressante, les jeunes peinent à trouver des emplois, la demande en éducation connaît une forte croissance dans des écoles qui menacent de disparaitre faute d’entretien, le centre hospitalier ne disposait  pas d’un dentiste et enregistre des déficits en personnels, les projets sont mort-nés, Monsieur FALL fait fasse à une situation qui ne laisse pas un leader politique indifférent et cette situation n’est rien d’autre qu’un indicateur qu’il faut s’en approprier pour se faire reconnaitre.

A noter que les expatriés font tous ceux qu’ils peuvent pour venir en aide aux populations qui sont sur place, leurs efforts s’illustrent au niveau de l’immobilier et d’importants transferts de fonds destinés à financer les composantes du niveau de développement humain; cependant ces émigrés et les autorités n’ont pas encore pu fusionner les forces pour concevoir des activités génératrices de revenus au profit de la collectivité.

Le député nous a accordé un entretien à Nouakchott où il nous livre quelques précisions.

Vous êtes à mi-mandat, pouvez-vous nous faire un bilan de votre parcours ? Comment vous allez montrer à un simple habitant du département des changements que vous avez apportés ? Et les indices qui vous permettent de remporter les prochaines élections ?

En ce qui concerne les indices qui me permettent de gagner les prochaines élections, en étant à mi-mandat, je laisse les citoyens répondre cette question parce que je ne peux pas me juger moi-même. Je suis entrain de faire beaucoup de choses pour le département parce que c’est mon rôle et Je suis entièrement à la disposition de toute la population pour régler les problèmes qui se posent. S’il arrive des situations qui dépassent mes compétences, j’avise mes supérieurs pour apporter leurs soutiens, j’ai affaire avec une population rurale composée d’éleveurs, des cultivateurs et des pêcheurs et s’il y a une très bonne pluviométrie, elle est prête à travailler la terre pour trouver de quoi s’alimenter sans problème.

Mon premier projet, c’est de donner un montant de 100.000UM à un quartier de Bababé qui ne disposait d’un raccordement à un réseau d’addiction d’eau pour que celui-ci puisse en bénéficier et d’autres projets sont également en cours pour soutenir la population avant la fin de mon mandat et il y a un autre quartier peulh qui a aussi des difficultés à se procurer d’eau, je vais faire tout pour que cela devient un vieux souvenir. Je suis dans une procédure pour l’électrification d’une mosquée qui est à l’Est de la ville. C’est ce que je viens de faire et je continue à faire plus parce que je serai candidat à ma propre succession.

Lors de la visite du Président de la République en 2014, il a posé la première pierre du réseau électrique qui doit relier Bogué à Kaedi, tous les villages qui se trouvent le long de la route nationale pourront en tirer des profits. Les travaux sont en cours d’exécution, et après cela, certaines localités seront éclairées.

Le projet de Boffal devait voir le jour pour créer un pôle d’attraction économique autour de la vallée, réduire le chômage, jusqu’à présent rien ne bouge. Qu’est-ce qui bloque sa mise en place?

C’est une très bonne question parce que le projet de Boffal est un projet qui est très intéressant pour la Mauritanie, on avait démarré l’exploitation du phosphate avec un pays comme l’Inde qui avait déjà mis en place les outils nécessaires. Le contrat a été résilié suite aux désaccords avec le gouvernement et depuis lors on attend. L’État est entrain de chercher des partenaires pour reprendre les activités. L’exploitation du Phosphate est un atout pour le département, il a un très grand apport économique et social avec la création d’emplois pour la jeunesse. Il est entrain d’explorer toutes les pistes pour trouver un repreneur avec un marché gagnant-gagnant.

Pendant la mise en place du projet, les indiens avaient mis en place un bureau de travail dans le département chargé de recruter des chauffeurs, les manœuvres, les cuisiniers et les professionnels qui sont habilités à accroitre la production des biens et services, donc tout le monde y était associé pour le recrutement.

Le département est économiquement mort, plusieurs personnalités au sein du gouvernement et d’autres indépendantes sont susceptibles de changer la donne avec de l’espace cultivable et de l’eau du fleuve. Les habitants n’ont toujours pas eu l’occasion de profiter de ces ressources. Qu’est-ce qui explique cette tendance ?

Bababé n’a pas beaucoup de cadres qui travaillent dans le gouvernement, à l’heure où je vous parle, on n’a aucun ministre à l’exception de THIAM Diombar qui a été démis de ses fonctions l’année dernière. Les deux directeurs de la SMCP et CONF qui sont ressortissant du département ne permettent pas d’accompagner le développement économique de nos localités. Il y a des fonctionnaires et des cadres qui n’occupent pas de très grandes responsabilités dans le gouvernement et qui sont là et prêts à être nommés.

Les potentialités à notre disposition sont la terre, l’eau du fleuve et la jeunesse, d’ailleurs le projet de Haere Mbar et l’autre d’expérimentation du champ de blé localisés au niveau de la dite commune résorbent le chômage et montre que la terre est disponible pour être exploitée. Il y a aussi des projets par village gérés par des coopératives qui n’ont pas assez de qualification pour rentabiliser les investissements. Je vous rappelle qu’il y a des projets qui ne trouvent pas finition,  à titre d’exemples, celui des 150 hectares de Bababé qui date de 2005 est toujours inexploitable. J’ai parlé ça au ministre, ce dernier tarde à prendre des décisions réconfortantes pour les livrer aux personnes qui en ont besoin.

Le Docteur BA Amadou Racine, ancien ministre de l’équipement et du transport, a fait beaucoup au niveau du département en dépit d’une courte durée qu’il a eu à exercer à la tête du ministère et jusqu’à présent il a la main dans le service public, à titre d’exemple il a offert une enveloppe de  1.000.000UM au lycée de Bababé pour réfectionner les salles de classes qui menacent de s’effondrer.

Est-ce que vous et toutes les autorités entretenez des initiatives pour venir en aide à la jeunesse mauritanienne en général et du département en particulier?

Tout récemment, la commune de Bababé a organisé des journées culturelles pour associer les jeunes dans la prise des décisions, cette initiative émane de la mairie donc la jeunesse n’est pas oubliée et elle trouve une très grande place dans l’agenda du maire, Blé BA. C’est pour dire que la jeunesse et surtout les femmes sont une grande priorité pour les dirigeants.

BA Oumar Anno

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