Le vendredi 6 août 2017, les mauritaniens doivent voter pour soit approuver les réformes constitutionnelles soit voter non pour le maintien de la constitution de 1991. En effet, le gouvernement de la République Islamique dirigé par Mohamed Ould Abdel Aziz soumet au peuple d’approuver par OUI, NON ou Neutre la révision constitutionnelle. Les modifications sont relatives aux changements du drapeau national, de l’hymne national, de la suppression du Sénat, à la création de Conseils régionaux pour la promotion du développement local, au remplacement du Haut Conseil islamique et du médiateur de la république par le Haut Conseil de la Fatwa et des recours gracieux, l’ajout des questions environnementales aux attributions du Conseil économique et social.

Le 9 mars dernier, l’Assemblée nationale s’est prononcée, 141 députés ont voté OUI sur 147. Le 18 mars, la majorité des sénateurs, 33/56, rejette les changements. C’est cette situation qui a provoqué l’organisation d’un référendum initialement prévu le 18 juillet. Le coût du référendum est estimé à 9 milliards d’Ouguiya. Et pourtant le gouvernement soutenait avant de passer par l’Assemblé et le Sénat que la situation économique ne permettait pas l’organisation du référendum.

Depuis l’annonce du scrutin, certains leaders politiques mauritaniens de l’opposition ont organisé des rassemblements pour dénoncer le forcing du président. Par ailleurs plusieurs manifestations ont été organisées à l’intérieur du pays comme à l’étranger afin de faire reculer le gouvernement.

Depuis le 20 juillet, le pouvoir est en campagne à l’intérieur du pays. De Nouadhibou à Nema en passant par la région du fleuve, les politiciens ont rencontré les citoyens et les ont expliqué les objectifs du référendum. Pendant ce temps, l’opposition qui n’a toujours pas réussi à faire échouer l’initiative d’Aziz n’a trouvé de solution que d’appeler la jeunesse à s’exprimer publiquement. Les forces de l’ordre ont utilisé leurs moyens (matraques et gaz lacrymogène) pour disperser les foules formées à Sebkha, au centre-ville de Nouakchott. Bilan, plusieurs personnes arrêtées et des centaines de personnes blessées. Malgré l’interdiction de manifester, certains partis continuent les rassemblements et menacent de saboter le scrutin.

Même si le taux de chômage, la pauvreté, les inégalités et l’oppression gagnent du terrain, les citoyens ne doivent en aucun cas se fier à une partie de l’opposition car elle ne s’exprime pas sûr les questions liées au racisme, à la corruption, au recensement biométrique qui a coûté la vie à Lamine Manguane et privé plusieurs négro-mauritaniens de leur nationalité, à l’éducation qui a montré ses limites ces dernières années. Elle ne cherche que le pouvoir.

Le pouvoir, étant prêt et conscient que le OUI va largement l’emporter, multiplie ses sorties et en profite pour mettre l’opposition en mal avec le peuple. Le FNDU-Forum national de la Démocratie et de l’Unité- qui a refusé d’aller aux élections a-t-il les moyens nécessaires pour empêcher le scrutin, en empêchant les électeurs de voter le 5 août ? A-t-elle des ressources financières, stratégiques et sociales pour réussir son combat ?

Plusieurs partis de l’opposition et mouvement comme TPMN qui qualifie le référendum d’un « coup d’État constitutionnel » ont multiplié leurs appels pour que le référendum échoue.

Quoi qu’on puisse faire, le gouvernement a pris toutes les précautions pour que le référendum se déroule sans violence.

 

O. BA

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