L’Assemblée nationale de la République islamique de Mauritanie a adopté jeudi 09 mars 2017 à Nouakchott le projet soumis par le gouvernement. En effet, parmi les 147 députés, les 121 étaient favorables à la modification de la constitution de 1991 tandis que 17 ont voté non. Le texte prévoyait le remplacement du Sénat par des Conseils régionaux, un changement du drapeau national et de l’hymne national, la suppression de la haute cour de justice. Concernant le drapeau, deux bandes rouges de 15% chacune horizontalement placé de part et d’autre, symbolisant le sang versé par les «martyrs de la résistance», devraient être ajoutées au croissant et à l’étoile jaune sur fond vert figurant déjà sur ce drapeau. 

A noter que cela coïncide avec des conditions de vie très difficiles avec l’augmentation de prix des denrées alimentaires, la rareté des poissons sur le marché et des problèmes qui touchent le secteur de l’éducation.
Après l’adoption par l’Assemblée nationale, yero Gaynako, un rappeur mauritanien cofondateur du groupe de rap Minen-Teye, soutient: C’est une comédie et du cinéma en quelque sorte parce qu’aujourd’hui nous avons d’autres préoccupations.

C’est suite au dialogue unilatéral où l’opposition qui s’est regroupée autour du FNDU-forum nationale de la Démocratie et de l’Unité- a boycotté. Par contre il y a eu d’autres organisations et partis politiques qui ont accepté l’invitation et posé sur la table de très importants points et malheureusement ces points n’ont pas été validés par le gouvernement. Dit-il. Et d’ajouter qu’aujourd’hui : changer le drapeau, de l’hymne national ou renforcer la démocratie nécessitent l’accord du peuple. Tout pouvait se faire suite à un référendum populaire où les populations s’expriment librement et malheureusement sous prétexte de manque de moyen pour l’organisation du référendum, on passe par l’Assemblée nationale parce qu’étant sur de la victoire du gouvernement sans consulter la population sur la question de la révision de la constitution.

Le vendredi 17 mars courant, le projet de révision constitutionnelle a été rejeté par la majorité des sénateurs. Depuis le mardi 07 mars ce projet de loi a alimenté le débat politique nationale avec des manifestations notées dans la capitale, Nouakchott. 

Sur 56 sénateurs 33 n’étaient pas favorable contre 20 qui ont voté pour l’adoption avec une abstention.

Ceci montre à quel point le pouvoir du générale Mouhamed Ould Abdel Aziz est contesté dans son pays. La population ne s’attendait pas à cette volonté et au courage de ceux-ci. Depuis lors, l’opposition et la diaspora félicitent ces sénateurs. Toutefois, cette décision doit être prise avec beaucoup de précaution puisqu’on ne sait pas comment va réagir le pouvoir.

BA Oumar Anno

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