Le mercredi 21 mars 2017, le président de la République islamique de Mauritanie a animé une conférence de presse dans la capitale du pays, Nouakchott. Ce fut une grande occasion, plus de deux heures suivies par tous les mauritaniens aussi bien résidents que de la diaspora et les observateurs, pour minimiser la décision des sénateurs et annoncer le référendum.

C’est à la suite du refus des sénateurs qui ont refusé d’accorder du crédit au projet de révision constitutionnelle allant dans le sens de la suppression du Sénat, du changement du drapeau national et l’hymne national entre autres. Pour rappel, le vendredi 17 mars, 33 sur 56 sénateurs ont voté pour le maintien de la constitution de 1991. Cette situation a conduit Aziz a organisé une conférence de presse pour exposer la dernière voix possible pour changer la constitution.

Même si durant toute cette partie les préoccupations des  citoyens n’ont pas fait l’objet d’une importance capitale de la part du Président, il a, tant bien que mal, démontré sa force et son courage. En plus il fait savoir qu’il va aller jusqu’au bout de son combat en soutenant qu’il ne connait pas la défaite et que les sénateurs qui le soutiennent pas ne peuvent, d’une façon ou d’une autre, pas prendre en otage le pays.

Ce qu’attendaient les mauritaniens qui n’ont pas la chance de rencontrer le président physiquement sont des questions qui resteront toujours sans réponses: les questions sur la cohabitation entre les négro-africains et les arabo-berbères, les conditions de vie des citoyens qui se détériorent du jour au lendemain, les problèmes de l’esclavage, la diminution du pouvoir d’achat des ménages, l’augmentation du chômage et les difficultés liées à l’éducation et la santé. 

Force est de constater que le Président ne s’est intéressé qu’à sa procédure de révision de la constitution. Il va utiliser l’article 38 de la Constitution qui lui donnerait l’entier droit, selon les constitutionnalistes qui lui sont fidèles, d’organiser un référendum populaire pour faire passer les amendements constitutionnels. Au cas où la population donne raison à ces 33 sénateurs qui ont désavoué le gouvernement et valide leur choix en votant Non, Ould Abdel Aziz déclare clairement qu’il ne démissionnera pas puisque, selon lui, il n’est pas fait pour “démissionner” ni pour “échouer”

La manipulation des lois par le camp du pouvoir en sa faveur n’est ni nouveau encore moins surprenante. L’article 38 que va utiliser le Pr pour passer son projet de loi devient désormais une source de divergence des juristes. La polémique qui en résulte nous souvient de ce qu’Abdoulaye WADE avait voulu faire pour se présenter en 2012 à l’élection présidentielle et ce qui s’est passé en Gambie. Seul le peuple a le dernier mot pour construire sa démocratie.

Le président a annoncé que l’argent du référendum est déjà disponible puisque la somme de  Six milliards d’ouguiyas est inscrite dans budget 2017. Le président fait du « Wakh wakhett » car il avait soutenu qu’il n’y avait pas de fond disponible pour le référendum. Cette attitude montre que la décision des sénateurs n’est pas une surprise pour lui. Ainsi la question qui se pose est de savoir pourquoi il a soumis le projet aux sénateurs et qu’est-ce qu’il attend de ces changements ?

BA Oumar, barouba90@gmail.com

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