Les mauritaniens sont appelés à se prononcer sur les modifications de la constitution ce samedi 5 août. Elles sont réparties en deux points : le premier est relatif aux changements d’ordre institutionnels avec la suppression du Sénat et la mise en place d’une régionalisation. Le deuxième vise la modification des symboles nationaux, le drapeau et l’hymne national.

La violence a marqué la campagne référendaire. Des affrontements entre les partisans du non et les forces de l’ordre ont été notés. En effet, les partis de l’opposition et certains mouvements à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ont organisé plusieurs mobilisations afin d’entraver le déroulement du référendum et d’attirer l’attention des observateurs car ils le jugent « anticonstitutionnel ». La police et la gendarmerie nationale ont dispersé les manifestations pacifiques organisées dans les quartiers populaires de la capitale. D’Arafat à Basra en passant par le centre-ville, plusieurs personnes ont été blessées et d’autres arrêtées suite à l’intervention musclée des flics.

Les sénateurs hostiles aux modifications de la constitution ont occupé le bâtiment du Sénat depuis le mercredi soir pour exprimer leurs désaccords avec le référendum. Quelques députés les ont rejoint ce matin –le jeudi 03- au siège l’Assemblée nationale. Ils expriment leurs soutiens aux sénateurs privés d’eau, d’électricité et de la nourriture. Les forces de l’ordre ont empêché la tenue de la conférence de presse de ce groupe d’opposants.

Après plusieurs affrontements et l’occupation de la rue le jour du vote, Ravina Shamdasani, porte-parole du bureau des droits de l’homme de l’Onu a rappelé que le gouvernement devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un scrutin libre, transparent et crédible.

Pour justifier la suppression du Sénat, le président de la République a accusé les sénateurs d’avoir utilisé la corruption pour leur élection. Il soutient que depuis sa création, il a coûté près de 37 millions d’euros à l’État. Lors d’un meeting organisé à Nouadhibou, le président a accusé ses détracteurs de vouloir mettre « le pays à feu et à sang ».

À côté du parti au pouvoir, le parti de Bodjel Ould Houmeid, El wiam a fait une campagne en faveur du oui massif.

Le chef de l’État est allé à la rencontre des populations des 12 willayas depuis le 20 août, date d’ouverture de la campagne. Le jeudi 3 au soir à Nouakchott, Ould Abdel Aziz a fait son dernier meeting. Au cours de son périple, il a expliqué les raisons du changement de la constitution.

Le président de la CENI (commission électorale nationale indépendante), docteur Abdellahi Ould Soueid Ahmed a procédé lundi 24 juillet à l’aéroport international Oum Tounsi à la réception des bulletins de vote destinés au référendum du 5 août 2017. Les agents de la CENI ont acheminé les  bulletins dans les 55 moughataas.

Pendant ce temps, certains partis de l’opposition ont continué leur combat en soulevant que Ould Abdel Aziz a envoyé sa famille à l’étranger. Le sénateur, Mohamed Ould Ghadda, a fait une révélation sur l’octroi d’une île à l’émir du Qatar par le général Mouhamed Ould Abdel Aziz.

Dans un pays comme la Mauritanie où le taux de chômage reste élevé, où l’éducation est confrontée à plusieurs difficultés, où les richesses sont inégalement réparties et où la procédure d’enrôlement constitue une façon de « démauritaniser » certaines personnes, la priorité devrait être autre que la réforme constitutionnelle.

Oumar BA

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