Madagascar

La coalition d’opposition menée par l’ancien président de la transition malgache de 2009 à 2014, le putchiste Andry Rajoelina, a dénoncé, le 16 janvier, un vice de procédure dans la désignation du Premier ministre, Jean Ravelonarivo.

M. Rajoelina s’est indigné, lors d’une conférence de presse, de la méthode de sélection du Premier ministre contraire, selon lui, à l’article 54 de la Constitution qui stipule que c’est le parti ou le groupe de partis politiques majoritaire à l’Assemblée nationale qui propose ses candidats au président. Or, sa coalition d’opposition rassemblant quatre partis politiques revendique cette majorité, mais n’a pas été entendue par le président.

«Nous appelons le président à respecter la Constitution. Nous appelons le peuple malgache à être témoin de la situation actuelle. Et nous appelons la communauté internationale à constater les agissements concernant la nomination du Premier ministre. Donc, en conclusion, nous n’acceptons pas la nomination du Premier ministre», a déclaré le chef de file de l’opposition malgache.

La Plateforme pour la majorité présidentielle qui soutient le gouvernement revendique elle aussi une majorité de députés. Une interprétation de la loi que rejette Andry Rajoelina : «Ce ne sont pas les députés qui proposent le nom du Premier ministre. Il faut lire la Constitution », indique-t-il. « C’est le parti ou le groupe de partis. Pour nous, le respect de la Constitution est primordial afin d’éviter la crise cyclique à Madagascar». Andry Rajoelina a, par ailleurs, laissé entendre que la méthode de sélection du nouveau chef du gouvernement pourrait remettre en question pour lui le processus de réconciliation nationale en cours.

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina avait nommé, dans la soirée du mercredi 14 janvier, le général de brigade aérienne Jean Ravelonarivo au poste de Premier ministre, deux jours après la démission du gouvernement du médecin Roger Kolo. Jean Ravelonarivo est un militaire sans étiquette politique qui a notamment dirigé plusieurs sociétés du secteur public et privé.

L’élection de Hery Rajaonarimampianina au suffrage universel en décembre 2013 avait marqué le retour à l’ordre constitutionnel, après cinq ans de crise politique consécutive au renversement par la force du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina en mars 2009.

Andry Rajoelina, qui avait soutenu Hery Rajaonarimampianina lors de l’élection présidentielle de 2013, est devenu un adversaire de l’actuel président après avoir échoué dans ses multiples tentatives d’imposer son Premier ministre en formant une alliance avec d’autres partis politiques.

Avec Agenceecofin

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