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Le gouvernement japonais va annoncer l’octroi de financements à environ 60 projets en Afrique lors de la 6ème Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD VI) qui se tiendra les 27 et 28 août à Nairobi (Kenya), a rapporté le quotidien indépendant The Japan Times le 14 février, citant une source gouvernementale.

Ces financements, dont le montant n’a pas été révélé, seront essentiellement alloués à des projets d’infrastructures, a-t-on ajouté de même source. Les projets qui bénéficieront des financements japonais comprennent aussi l’exploitation du gaz naturel au Mozambique, la mise en place d’un réseau de transport urbain à Nairobi ainsi que la distribution d’équipements de dépistage de maladies contagieuses en Zambie.

Un programme d’échange d’étudiants entre le Japon et l’Afrique et la mise en place de réseaux de micro-crédits en faveur des agriculteurs africains figurent par ailleurs parmi les aides japonaises à l’Afrique qui seront annoncées lors de la TICAD VI par le Premier ministre Shinzo Abe (photo).

Les nouveaux engagements de Tokyo envers l’Afrique visent à contrer l’influence grandissante de la Chine sur le continent. «Tokyo considère l’Afrique comme le dernier relais de croissance majeur à l’échelle mondiale et cherche à lui offrir des technologies de haute qualité et présentant un niveau élevé de sécurité dans le domaine de développement des infrastructures comme alternative à l’offre chinois», a souligné la source officielle citée par The Japan Times, indiquant que le Japon cherche aussi à obtenir l’appui des pays africains à sa candidature au statut de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU.

Selon une étude publiée en mars 2015 par le cabinet d’avocats d’affaires international Linklaters, le Japon investit beaucoup plus que la Chine dans le financement des projets en Afrique, contrairement à une idée largement répandue. «Sur les 4,2 milliards de dollars que les pays asiatiques ont investi en 2014 dans la réhabilitation des routes, l’adduction d’eau, le déploiement de réseaux d’assainissement et la construction d’oléoducs et de gazoducs, les investisseurs japonais ont apporté 3,5 milliards de dollars», a précisé cette étude. Et d’ajouter : «Le Japon se positionne désormais comme le contributeur le plus actif au financement des projets en Afrique. Dans ce domaine, le pays du Soleil levant investit près de trois fois plus que la Chine, qui est souvent considérée, à tort, comme l’investisseur asiatique le plus actif sur le continent».

Le cabinet Linklaters souligne que les deux géants asiatiques ont des approches très différentes sur le continent. «En Afrique, le Japon suit une approche calme et discrète alors qu’un grand tapage médiatique accompagne souvent les investissements chinois», a indiqué Andrew Jones, le directeur de la division Afrique du cabinet spécialisé dans le conseil aux entreprises, banques, institutions financières et aux organismes gouvernementaux.

Africpost & Agenceecofin

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