Anti-immigrant-violence-spreads-in-South-Africa

Effroyable, ce qui se passe aujourd’hui sur le continent Africain.

Comment peut-on tuer » l’autre » simplement parce qu’il viendrait prendre « votre travail » ? Cet autre est pourtant votre voisin, votre frère, votre sœur ? L’humain en somme…

La mort d’un être humain est devenue banale alors que ce ne n’était pas le cas en Afrique, il y a de cela quelques années.

Les Africains du Sud, pour ne parler que d’eux ont la mémoire sélective ? Ils oublient d’où ils viennent ?

Un homme ( avec d’autres bien sur) a donné sa vie pour à l’Afrique du Sud afin qu’elle retrouve honneur, dignité et humanité sur la scène nationale et internationale. Cet homme c’est Nelson Mandela. Il doit certainement se retourner dans sa tombe aujourd’hui au regard de ce que nous vivons.

Comment apporter une critique objective, crédible à la politique migratoire de l’Union Européenne si vous-mêmes, Africains, vous vous comportez comme des animaux ? L’Europe s’est construite, bien qu’imparfaite, elle existe avec ses frontières. Ou est l’Afrique ? Ou est l’Union Africaine avec ses frontières communes ? Un Camerounais, un Nigérian… sans visa, se voit bloquer à la frontière de la Guinée Équatoriale, du Gabon… alors même que ces pays voisins ont une histoire commune aux frontières artificielles ! Ces mêmes Africains sont bloqués en Algérie, en Tunisie, en Égypte, en Libye… et sont traités comme du bétail que l’on jette impunément à la mer.

Comment donner de leçons de Droits de l’Homme à d’autres si vous mêmes, Africains, vous vous exonérez de ces fondamentaux universels?

Oui, la politique européenne est aujourd’hui montrée du doigt pour son inhumanité (à certains égards). Pourtant, c’est un autre peuple, une autre culture, un autre continent ? Et vous Africains, que faites vous de vos frères et sœurs qui ne cherchent qu’à vivre, qu’à mieux vivre et surtout, qu’à nourrir leurs familles ? Est ce un crime que d’aller voir ce qui se passe ailleurs que chez soi ?

Pourtant, la liberté de circulation est un droit fondamental reconnu à tout individu (à quelques exceptions), de se déplacer librement dans un pays, de le quitter et d’y revenir. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 reconnait cette liberté en son article 13. Bien sur, l’autorité publique peut, sous certaines conditions, apporter quelques restrictions à l’exercice de ce droit qui devient alors, une liberté publique garantie et protégée par l’État.

L’A.I.D.H exhorte les États Africains et pas seulement, à mettre en place, une politique cohérente et protectrice des libertés en l’occurence, la liberté de circuler. L’Union Africaine doit justifier sa raison d’être en garantissant entre autres, la liberté de circulation des citoyens africains en premier lieu, au sein même du continent.

Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 (Nations Unies) :

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.

2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Françoise TRAVERSO

Juriste spécialisée en Droits de l’Homme

Présidente Fondatrice de l’A.I.D.H

ONG dotée du Statut Consultatif Spécial auprès de l’ONU

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