L’Afrique du Sud, plombée par ses déséquilibres sociaux, doit choisir entre croissance et inflation

La Banque centrale sud-africaine a augmenté, le17 juillet, son taux directeur d’un quart de point à 5,75% pour tenter de maîtriser l’inflation, bien que la croissance économique du pays soit de plus en plus faible.

La Reserve Bank s’inquiète pour l’inflation, principalement alimentée par la baisse du rand et la hausse des prix de l’alimentation. A 6,6% en mai, elle est nettement au-dessus de la fourchette de l’institut d’émission sud-africain, qui tablait sur une augmentation de 3 à 6% par an de l’indice des prix à la consommation.

L’institution a aussi revu à la hausse ses prévisions en la matière, tablant désormais sur un taux d’inflation moyen de 6,3% cette année, avant une décrue à 5,9% en 2015 et 5,6% en 2016.La gouverneure de la Banque centrale, Gill Marcus, qui avait déjà prévenu en mai que la banque centrale était entrée «dans un cycle de hausse des taux d’intérêt», a remarqué que son nouveau taux directeur de 5,75% était encore inférieur à l’inflation.

Ce nouveau relèvement du taux directeur devrait avoir un impact négatif sur la croissance économique déjà atone.«Le comité de politique monétaire fait face à un dilemme de plus en plus difficile: augmenter l’inflation ou faire baisser la croissance», a expliqué Mme Marcus.

«Les perspectives de croissance économique se sont détériorées sur fond de grèves prolongées dans les secteurs des mines et de l’industrie manufacturière. L’économie s’est contractée au 1er trimestre 2014 et les perspectives de croissance pour le reste de l’année restent sombres, alors que la confiance des entreprises est faible», a-t-elle relevé.

Après une croissance négative de -0,6% au 1er trimestre, «le 2e trimestre devrait être faiblement positif à cause de la longue grève des principales mines de platine qui n’a pris fin qu’en juin après cinq mois et a privé le pays de 2 milliards de dollars d’exportations rien qu’en avril et mai.» Une nouvelle grève  dans le secteur de la métallurgie et les industries mécaniques ayant succédé à la précédente, la banque centrale a encore réduit ses prévisions.

Elle ne compte plus cette année que sur une croissance de 1,7%, contre 2,1% attendus précédemment (et 2,8% au début de l’année). Le pronostic pour 2015 est aussi revu à la baisse à 2,9% contre 3,1%, de même que pour en 2016 (3,2% au lieu de 3,4%).

Ces chiffres sont très inférieurs à ceux du reste de la région, le FMI prévoyant une croissance de 5,4% pour l’Afrique subsaharienne en 2014 et 5,5% en 2015.

La croissance sud-africaine avait déjà régulièrement baissé ces dernières années, de 3,6% en 2011 à 2,5% en 2012 puis 1,9% en 2013.

Agence Ecofin

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