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« La société civile doit aussi pousser l’Etat à respecter ses engagements». D’après Fatima-Zohra Sebaa-Delladj, Rapporteur Spécial sur le mariage des enfants auprès de l’Union Africaine lors du lancement de la campagne de l’Union Africaine Pour Mettre Fin Au Mariage des Enfants en Afrique à Dakar, Sénégal.

Le lancement s’est déroulée sous la présidence de Madame Mariama Sarr, Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance et devant un parterre de Responsables locaux, de membres de la société civile, de Représentants du Système des Nations Unies, des responsables d’ONG internationales et d’une bonne participation des enfants. Cette cérémonie de lancement a vu la participation d’une délégation de l’UA composée de Mme Fatima Zohra Sebaa-Delladj Rapporteur Spéciale de l’UA sur le mariage des enfants en Afrique ainsi que Mme Cissé Mariama Mohamed, Secrétaire permanente du Comité Africain d’Experts sur les droits et le bien-être de l’enfant.

Lors du lancement, Madame Mariama Sarr, Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance a souligné l’engagement total de son secteur et de tout le Gouvernement Sénégalais qui continuera à mener la lutte contre le mariage des enfants en renforçant également les politiques nationales pour mettre fin à toutes pratiques néfastes.

Au Sénégal entre 2000 et 2011, 33% des femmes âgées entre 20 et 24 ans étaient mariées avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Une étude a également révélé que dans certaines régions (Kédougou et Louga), l’âge moyen du mariage est de 13 ans. Ce fléau a de lourdes conséquences sur le plan sanitaire chez la jeune fille.

Deux panels abordant la question du mariage des enfants et de ses conséquences, ont précédé la cérémonie de lancement officielle de la Campagne, des représentants de différents secteurs ministériels ainsi que le Rapporteur Spécial de l’UA sur le mariage des enfants ont apporté des données empiriques soulignant l’ampleur du phénomène au Sénégal et qu’il était temps de le juguler.

Fatima-Zohra Sebaa-Delladj, Rapporteur Spécial sur le mariage des enfants auprès de l’Union Africaine a affirmé que la fin des mariages d’enfants relevait de la volonté politique certes, mais Elle a également expliqué que le premier défi pour le Sénégal est l’harmonisation des textes qui passera par le vote du code de l’enfant. La Rapporteure Spécial a souhaité une réduction du mariage des enfants au Sénégal dans les deux prochaines années avec la mobilisation de tous et en mettant l’accent sur la mise en place de réseaux.

La représentante de la Commission de l’UA, Mme Cissé Mariama a informé l’assistance du déroulement de La campagne à l’échelle continentale. Celle-ci a été lancée à Addis-Abeba, en Ethiopie le 29 Mai 2014 durant la Conférence des ministres du Développement social. Elle vise à mettre fin au mariage des enfants par: (i) un soutien des actions juridiques et politiques dans la protection et la promotion des droits de l’homme, (ii) une sensibilisation continentale accrue de l’impact socio-économique négatif du mariage des enfants, (iii) un renforcement des mouvements sociaux et de la mobilisation sociale ; et (iv) une augmentation de la capacité des acteurs non étatiques à entreprendre le plaidoyer grâce aux nouvelles technologies, et le leadership des jeunes, entre autres.

Elle a assuré le Gouvernement du Sénégal du soutien de l’UA pour atteindre les objectifs de la campagne et a exhorté les partenaires à soutenir le gouvernement du Sénégal pour le succès de la campagne.

Des représentants de la société civile et également des enfants ont fait des allocutions au cours de la cérémonie. Les enfants ont réalisé une pièce de théâtre pour l’occasion mettant l’accent sur les pratiques traditionnelles néfastes comme le mariage des enfants.

La Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance,   Madame Mariama Sarr lors du discours officiel du lancement de la campagne nationale « mettre fin au mariage des enfants », dans ses propos a évoqué la lourdeur des tâches domestiques à effectuer pour les filles mariées, ne leur permettant plus de continuer une scolarité. « Dans la plupart des cas, les filles elles-mêmes abandonnent l’école sans y être obligées par la famille, pour s’occuper des travaux domestiques », souligne-t-elleLe lancement de la campagne au Sénégal offre l’occasion de renforcer la détermination du Gouvernement à continuer à travailler avec les législateurs, les partenaires, les associations des femmes, les services de sécurités, les communautés locales et les chefs traditionnels afin de sensibiliser et de lutter contre les violences faites aux femmes, notamment le mariage des enfants. 

Distribué par APO pour African Union Commission (AUC).

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