Près de cinquante chercheurs en philosophie réunis à Dakar lors du colloque international en hommage à Souleymane Bachir Diagne ont exprimé la grandeur de la pensée du professeur.

La SOSEPHI (société sénégalaise de philosophie) a organisé à Dakar, la capitale de la République du Sénégal du 20 au 22 décembre, un colloque international en hommage à Souleymane Bachir Diagne. Plusieurs chercheurs venus des universités américaines, européenne et des pays d’Afrique ont honoré les organisateurs en assistant au colloque pendant trois jours. Des expositions sur la réflexion du professeur ont été enregistrées.

Les intervenants se sont tous montrés satisfait du colloque et ont retenu du philosophe sénégalais de « l’humanisme, de l’humilité, de la grandeur et de la simplicité ».

Souleymane Bachir Diagne est professeur en philosophie et auteur de plusieurs œuvres et articles. Il a publié en 2008 comment philosopher en islam et ma vie en islam en 2016. Actuellement, il est intervient à l’université de Columbia.

Voici quelques réactions des exposants et assistants.

Présent au colloque l’historien sénégalais Abdoulaye Bathily déclare que c’est : « un colloque de très haut niveau à la mesure de la contribution des travaux de Souleymane Bachir Diagne à la philosophie, à la pensée universelle et aux mouvements des idées dans l’Afrique contemporaine qui situe très bien le continent dans le monde. J’en profite pour remercier le département de philosophie et la SOSEPHI (société sénégalaise de philosophie) d’avoir eu cette initiative.

Souleymane Bachir Diagne est un philosophe dont l’œuvre est un effort remarquable de renversement des perspectives pour situer la pensée africaine contemporaine dans le mouvement global des idées de transformation sociale dans le continent et dans le monde. »

Le projet (la version Wolof du vocabulaire de la philosophie européenne) est fondamental. L’appropriation des idées de transformation sociale ne peut s’accomplir de manière durable que si les langues nationales sont utilisées comme instrument d’enseignement. »

Hady BA, professeur de philosophie à l’UCAD et membre du comité d’organisation. Après avoir fait une présentation sur : Que reste-t-il des mathématiques chez Bachir ?, monsieur BA est livre sa satisfaction : « Souleymane Bachir Diagne est le plus grand philosophe sénégalais et le plus gentil. C’est pourquoi nous avons organisé le colloque international pour lui rendre hommage. Nous sommes heureux de réunir 48 chercheurs venant dans le monde entier pour prendre part au colloque. Les échanges ont été fructueux et de haut niveau ».

C’est une fête de l’esprit dans le sens où des chercheurs viennent chez nous pour discuter de philosophie et une fête de l’un des sénégalais. La famille universitaire sénégalaise reconnaît un des siens en acceptant de s’associer aux activités.

Monsieur Diagne est le premier à enseigner la philosophie islamique au Sénégal et la logique formelle au département de philosophie. Lui rendre hommage, c’est reconnaître tout ce qu’il a fait pour nous. »

Gildas Nzokou, de l’Université Omar Bongo a présenté le thème : calcul des classes et théorie de l’inférence dans l’algèbre de Boole. Réflexion à propos des racines épistémologiques de l’échec du système de Boole. Selon lui : « Professeur Diagne représente sur le plan académique la plus grande figure tutélaire en matière de sciences humaines en général et de philosophie en particulier. Il est aussi le plus grand représentant africain dans le monde et le seul africain à traduire le message de George Boole. C’est l’ouvrage par lequel l’algébrisation formelle a été faite à la fin du 19ème siècle. Souleymane Bachir Diagne a fait sa thèse sur le travail de Boole et a traduit cette œuvre en langue française.

En tant que chercheur en logique formelle, j’ai une proximité avec les travaux de Bachir Diagne. Je reconnais également son humanisme, son humilité et sa générosité. Il est toujours disponible pour ses étudiants. Il répond avec promptitude aux soucis de ces étudiants à chaque fois que l’occasion se présente. »

Penser l’islam avec Souleymane Bachir Diagne : le défi de la rationalité est le thème présenté par Alioune BAH, Université de Conakry et de Strasbourg. Il exprime sa satisfaction : « ce colloque célèbre l’œuvre de Diagne qui a énormément apporté à la philosophie africaine et celle mondiale une vision nouvelle de l’islam, de l’Afrique et de la prospective.

La philosophie africaine évolue avec Jean Godefroy Bidima, Souleymane Bachir Diagne et d’autres. Tous les chercheurs présents sont là pour célébrer l’œuvre de Diagne et de la pensée africaine qui ouvrent de nouvelle perspective. On traite de l’islam africain désormais et à travers cet enseignement de l’islam africain, c’est le monde entier qui rayonne et qui profite de l’enseignement de Souleymane Bachir. »

Djibril Diouf  a exposé sur “Souleymane Bachir Diagne ou l’éducateur musulman au pluralisme’’. « On a besoin de quelqu’un qui nous éduque au pluralisme parce que nous sommes en présence de plusieurs sectes et de religions faces à l’islam. Souleymane Bachir nous propose d’être dans la 74ème secte qui n’existe que virtuellement et qui est l’acception de tout ce qui est vrai dans les 73 sectes.

Il faut comprendre que l’islam n’est pas à écarter des autres religions qui l’ont précédé mais une religion qui est un achèvement du christianisme et du judaïsme originel,» a-t-il confié.

Philippe Gouet université de Rennes a axé son intervention sur “Souleymane Bachir Diagne et Gaston Berger : la preuve de la réalité.’’ Il explique: « ce colloque me fait plaisir car il y’a une quinzaine d’année, j’ai travaillé dans le séminaire de Souleymane Bachir Diagne et on avait publié quelque chose sur Gaston Berger.

L’intérêt du colloque c’est d’avoir d’une part montré tous les aspects de la pensée du professeur Souleymane Bachir Diagne à la fois religieux et épistémologiques qui est philosophique et d’autre part divulgué cette pensée et d’être mieux connu. Sa pensée est ouverte car plusieurs intervenants ont expliqué leurs projets d’avenir sur cette pensée.

Il y a beaucoup de travail à faire sur la notion de traduction en épistémologie et en philosophie et en approfondissement des valeurs religieuses qui sont portées par l’islam qu’il défend. »

 

BA Oumar

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