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A l’instar des pays d’Afrique, le Sénégal est très peu compétitif sur les marchés internationaux. 60% de ses exportations reposent sur des produits du secteur primaire halieutique, minier et agricole. Ces produits subissent à peine le premier niveau de transformation et sont très sensibles aux aléas du marché mondial. L’agro industrie représente près de 41% des emplois permanents, 74% des saisonniers et 40% de la valeur ajoutée. La faible intégration de l’industrie sénégalaise est à l’origine de la forte tendance à l’importation de bien intermédiaires.

La forte concentration des infrastructures et des investissements dans la région de Dakar constitue un obstacle à la décentralisation des activités industrielles. Près de 80% des industries y sont concentrées. Les grandes entreprises (10% de l’effectif total) réalisent 70% des emplois, 75% du CA et près de 80% de la valeur ajoutée. En revanche, 60% des entreprises de petite taille (actif brut immobilisé inférieur à 500 millions F CFA) contribuent pour moins de 10% de la valeur ajoutée. Ces dysfonctionnements structurels constituent des faiblesses majeures de l’économie Sénégalaise.

Les enjeux sont importants et les ajustements à effectuer considérables. Ils concernent aussi bien la compétitivité du tissu des entreprises que les moyens de l’état pour lesquels les droits de douane forment une part substantielle de leurs recettes fiscales. La prochaine entrée en vigueur des Accords de Partenariat Economique (APE) va constituer une menace considérable pour les productions locales. Le Sénégal doit penser dés á présent á restructurer ses entreprises. Les programmes de mise à niveau ont montré leurs limites. Ils ne peuvent constituer une réponse efficace au renforcement de la compétitivité des entreprises.

Au niveau international, les sources davantage concurrentiel sont non seulement liées au coût des facteurs de production, aussi aux capacités de négociation des états à la qualité des outils institutionnels, aux possibilités d’accéder aux sources d’innovations mais surtout aux capacités organisationnelles et techniques des entreprises…. Dans ce nouvel environnement en évolution permanente, elles ont besoin de se remettre en question afin d’opérer les changements nécessaires pour améliorer durablement leur compétitivité.

Le nouveau contexte mondial de l’environnement des affaires, du fait de son application réciproque devrait pourtant offrir des opportunités considérables pour le Sénégal sur les importants marchés du nord. Cependant, elles ne pourront être saisies que grâce à une mise à niveau substantielle du système de production ainsi que de l’environnement économique, réglementaire, financier & social. Les stratégies protectionnistes devront être remplacées par d’autres obéissant à une logique d’intégration avec l’économie mondiale. Dans son approche la globalisation de l’économie mondiale est une opportunité pour diversifier l’économie sénégalaise et renforcer son intégration.

Lansana Gagny Sakho
Consultant international
Chief Executive Officer at Office des forages Ruraux (Gouvernement du Sénégal)

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