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Malgré les engagements pris par Hollande, l’aide publique au développement a baissé de 9,8 % en 2013, selon l’OCDE, dans un contexte global de hausse. Un mauvais résultat qui s’ajoute à la suppression du ministre du développement.

Le développement, c’est à dire l’aide aux pays pauvres, a perdu son ministre en la personne de Pascal Canfin et l’aide publique a reculé de 9,3 % en 2013. Il s’agit de la troisième baisse consécutive. Pourtant, cela faisait partie des priorités affichées par le président Hollande. Surtout, cette aide diminue dans un contexte global de hausse, après deux années de recul pour cause de crise et de restrictions budgétaires. Les nouveaux chiffres publiés ce mardi par l’OCDE montrent une progression globale de 6,1 % de l’APD dans le club des pays développés. «L’APD atteint son plus haut niveau historique malgré les tensions budgétaires qui persistent dans l’OCDE», souligne le rapport. Les apports nets se sont élevés à 134,8 milliards de dollars l’an dernier, ce qui constitue un rebond après deux années de baisse.

Dix-sept pays ont consacré plus d’argent, en particulier la Grande-Bretagne qui grâce à une forte augmentation de 27,8 %, atteint l’objectif fixé par les Nations Unies de consacrer 0,7 % du revenu national au développement – avec un record pour la Grande-Bretagne. A l’inverse, la France en est encore loin avec un ratio à 0,41 % en 2013, contre 0,45 % en 2012. La baisse, explique l’OCDE, est surtout imputable à des remboursements de prêts et des allégements de dette moins importants qu’en 2012. A noter toutefois qu’avec 11,4 milliards de dollars, l’Hexagone fait partie des pays qui contribuent le plus au financement de l’aide dans le monde, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon.

Taxe sur les transactions financières

Une à une, les ONG ont critiqué le manque d’engagement de la France. «L’OCDE vient contredire directement les autorités françaises qui, au moment du vote des budgets ne cessent d’argumenter sur la stabilisation des crédits APD. Or, ils sont en baisse, et très fortement, entraînant des répercussions pour les populations les plus vulnérables», déplore Christian Reboul, d’Oxfam France. Et d’insister: «Plus de ministre du développement, forte baisse des budgets, nous assistons à une détérioration claire de la solidarité internationale dans l’action gouvernementale. Changement climatique, sécurité alimentaire, crises humanitaires, développement des services publics… La France baisse-t-elle les bras?».

Un autre combat des ONG est que le produit de la taxe sur les transactions financières soit allouée en priorité au développement. Aujourd’hui seuls 15 % y sont affectés. L’enjeu se joue surtout à Bruxelles: la future taxe européenne ira-t-elle au développement ou servira-t-elle à renflouer les finances publiques?

AFRICPOST VIA LE FIGARO

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