Le chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, a déclaré, le 27 janvier, qu’une  opération internationale pour mettre un terme à l'instabilité qui prévaut actuellement dans le sud de la Libye serait un scénario idéal. «L'idéal serait de pouvoir monter une opération internationale avec l'accord des autorités libyennes. Mais  quelles autorités?», a-t-il affirmé, en allusion à la faiblesse de l’Etat libyen qui ne contrôle qu’une partie de la capitale Tripoli. « Le problème du Sud libyen, c'est qu'il faut d'abord qu'il y ait un Etat dans le Nord. Ensuite il y a plusieurs Sud libyen, il y a Koufra, à coté de la frontière égyptienne, et la zone de Sebha", a-t-il ajouté, évoquant l'existence d'un «trou noir» susceptible de devenir le «nouveau centre de gravité du terrorisme ».

Les affrontements entre tribus rivales se sont intensifiés ces dernières semaines dans le sud de la Libye, notamment dans la ville de Sebha. L'armée libyenne a imputé ces violences à des forces loyales à l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, renversé en 2011 par un soulèvement populaire appuyé par une intervention militaire occidentale menée sous l'égide de l'Onu. Selon les services de renseignement français, de nombreux groupes terroristes ont aussi trouvé refuge dans cette vaste zone de non-droit, où ils prépareraient des actes terroristes qu’ils commettent parfois à l’étranger grâce à des frontières poreuses, comme l’attaque d’In Amenas en janvier 2013, en Algérie.

L'amiral Edouard Guillaud, qui avait supervisé l'opération Harmattan contre le régime du colonel Kadhafi, a, par ailleurs, révélé que «nombre de ses homologues étrangers qui estiment qu'il va falloir que la communauté internationale y aille mais, pour cela, il faut d'abord que le Nord soit stabilisé».

«L'option d'une intervention militaire internationale, qui n'est pour l'heure qu'au stade de réflexion, ne sera possible qu'en cas d'accord avec les autorités libyennes et uniquement sous mandat», a souligné l'amiral Guillaud.

La Libye ne semble pas, pour l’heure, disposée à accepter une intervention étrangère sur son sol, même si son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Abdelaziz, dit vouloir discuter de la proposition française. « Nous, les Libyens, nous ne voulons pas avoir une intervention militaire étrangère, mais une coopération sur la formation des soldats, sur l’équipement, les armes. Je ne sais pas si l’opinion publique, le gouvernement ou le Congrès accepteraient la présence de militaires étrangers mais il faut examiner l’initiative française », a déclaré le chef de la diplomatie libyenne.

Agence Ecofin

 

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