Emmanuel Karenzi KarakeÀ Londres, la police a arrêté le chef des services de renseignements rwandais à la demande de la justice espagnole, selon la presse belge. Elle veut juger Emmanuel Karenzi Karake pour des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, pour des faits perpétrés au Rwanda et en République démocratique du Congo après le génocide de 1994 au Rwanda.

La solidarité occidentale pour avilir les Africains est inacceptable. C’est un scandale d’arrêter un responsable rwandais sur la base de la folie de pro-génocidaires“, a écrit sur son compte Twitter la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Cette arrestation fâche Kigali. Tout d’abord parce que Karenzi Karake est un proche du président Kagame. Il a 54 ans et est comme lui issu de la diaspora ougandaise. Il a joué un rôle important dans la lutte contre les génocidaires Hutus en 1994, génocide qui a fait entre 800 000 et plus d’un million de victimes, principalement tutsies, entre avril et juillet 1994.

Compétence universelle

La justice espagnole avait émis un mandat d’arrêt international contre lui et 40 officiers rwandais. Elle veut les juger pour les atrocités et les massacres qui ont été commis en RDC contre des présumés génocidaires hutus qui s’étaient réfugiés par dizaines de milliers dans l’est du Congo.

Mais pourquoi est-ce un juge espagnol qui le recherche ? Parce que trois humanitaires espagnols ont été tués pendant cette période. Et c’est aussi en vertu du principe juridique de compétence universelle. Ce principe impose aux États d’arrêter, et dans certains cas de juger, des accusés pour les crimes les plus graves, indépendamment du lieu oú ils ont été commis.

Étayer les soupçons d’un autre génocide

La Belgique avait été un des premiers pays à se doter d’une telle loi, ce qui avait permis de juger des génocidaires rwandais. En 2003, la Belgique a démantelé cette loi.

Mais Kigali est également embarrassé parce que cela pourrait étayer les soupçons d’un autre génocide. Ce n’est pas un fantasme – un rapport de l’ONU a évoqué ces faits – et pour Kigali il est impensable de parler d’un contre génocide, où après le génocide des Tutsis par les Hutus, les Tutsis se seraient eux aussi rendus coupables de massacres de masse contre les Hutus réfugiés en RDC.

Africpost

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