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Résidant présentement á Dakar au Sénégal, Tahéruka Shabazz (Photo), jeune intellectuel panafricain (36 ans), se prononce dans une interview exclusive accordée á Africpost sur la situation politique actuelle de son pays la Centrafrique, ses ambitions politiques ainsi que son parti dont il est membre fondateur, la gérance (ONU) et les acteurs de la crise Centrafricaine. Il répond ici aux questions des consultants de la Revue panafricaine Africpost.  

Monsieur Shabbaz pouvez­-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Avant tout, je tiens à remercier les rédactions de Protubérances Magazine et d’Africpost de me permettre de m’exprimer à travers leurs colonnes. C’est une chance et un honneur surtout en ces temps troublés qui nécessitent éclaircissements fréquents et nombreux.

Aussi pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je peux dire que je suis un universitaire panafricain qui a eu une formation académique et didactique en sciences de la matière et sciences humaines. Ce qui m’a permis d’appréhender le monde de façon globale, holistique. C’est du moins ce que j’ai tenté de transmettre dans des ouvrages et autres nombreuses contributions écrites. En plus, de mon expérience d’enseignants et de direction de centres de recherche qui a été couronnée en 2013 par l’attribution du Prix Internationale Imhotep du Meilleur Centre de Recherche, j’ai milité pendant dix ans en France dans le milieu panafricain, ce qui m’a valu beaucoup de démêlés avec l’appareil judiciaire français.

C’est alors qu’en 2011, j’ai décidé de retourner définitivement en Afrique afin d’y apporter ma pierre à l’édifice dans la reconstruction du continent-mère, nonobstant l’interdiction expresse qui m’était faîte par les autorités françaises de quitter le territoire français. Une fois en Afrique, en dehors des conférences que j’ai données ici et là, et de l’équipe des débatteurs de l’Université du Sahel de Dakar que j’ai drivé en 2012 jusqu’à gagner cette compétition inter-universitaire face au tenant du titre de l’époque, la prestigieuse Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, je me suis lancé dans l’activité entrepreneuriale en fondant ma propre start-up d’agro-alimentaire: ISA CORP, une société qui produit des fruits et légumes pour le marché intérieur africain et également du poisson salé-séché appelé makabo et très prisé en Afrique centrale. Comme vous pouvez le constater, en tant que farouche panafricain je tentais d’allier par tous les moyens, théorie et pratique, réalisme et pragmatisme.

Qu’est ce qui vous pousse à faire acte de candidature aux prochaines élections présidentielles centrafricaines en 2015 ?

Comme je l’ai dit tantôt j’ai été pétri par l’activisme politique d’obédience panafricaniste. Aussi, au-delà de la figure emblématique de Sa Majesté Royale Atabua Agami l’Agofé (Roi) du Royaume de Lado (en Afrique Equatoriale) et Chef de l’Organisation des Chefs Africains qui jouait un roi fondamental mais malheureusement méconnu dans la matérialisation du panafricansme, il y a un personnage panafricain dont l’engagement m’a durablement marqué, il s’agit d’Ibrahim Fanon qui écrivait dans son chef d’œuvre « Les damnés de la terre » que « chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ».

La génération à laquelle j’appartiens ne peut pas rester insensible à la destruction du monde africain sans réagir, sans faire front, sans répondre, sans proposer des alternatives, sans prendre ses responsabilités. Je considère que proposer la vision du Parti du Renouveau Panafricain (PRP) lors des futures élections à venir en Centrafrique constitue manifestement un devoir, une mission, pour reprendre le terme de Fanon. Et à dire vrai, cette irruption dans le paysage politique fait suite logiquement à un travail sous-terrain effervescent que j’ai envie de mettre en perspective avec le propos d’Aimé Césaire qui en l’occurrence parlait non pas d’engagement politique mais poétique en le présentant comme une « irruption des forces profondes, des forces enfouies dans les profondeurs de l’être, qui ressortirent à la face du monde exactement comme une irruption volcanique ». Car, en effet, nous ne pouvons plus passer le clair de notre temps à geindre, à nous plaindre de nos dirigeants ou des assaillants étrangers sans jamais rien proposer en retour, sans jamais se mettre en action. Une telle attitude relèverait tout simplement de la minorité politique.

La formation politique que vous dirigez, le Parti pour le Renouveau Panafricain, est­ t-il assez ancré dans la société centrafricaine ? N’avez­-vous pas l’impression que le PRP est plus un mouvement intellectuel panafricain qu’un parti politique à une réelle capacité de gouverner ?

Votre question est d’une importance capitale car elle met en exergue une dichotomie aberrante sous nos tropiques et notamment en RCA. Ainsi, à en croire les grands partis politiques centrafricains de gouvernement, il devrait y avoir une opposition irréversible entre la dynamique intellectuelle et l’activité de gouvernement.

Car pour eux comme pour le Caligula d’Albert Camus « gouverner, c’est voler ». Ce n’est évidemment pas ma position. Je considère pour ma part, comme Nicolas de Chamfort, même si je ne partage pas ses options politiques, que l’on ne « gouverne les hommes [qu’] avec la tête », donc l’intellect. Et sans le mouvement intellectuel, c’est le chaos qui nous attend indéfectiblement. Donc pour répondre plus prosaïquement à votre question, oui nous sommes un «mouvement intellectuel», car nous considérons cela comme le fondement du gouvernement; et oui nous disposons des capacités réelles de gouverner car je soutiens comme l’affirme le Pr Grégoire Biyogo dans son ouvrage « Omar Bongo l’insoumis ? » que « gouverner, c’est calculer, mesurer, programmer, c’est jouer dans une zone instable exigeant du souverain la connaissance de la loi de l’instabilité. Gouverner, c’est penser. C’est dérouler la réflexion politique au plus près de l’action, c’est l’y installer et y demeurer pour produire des choix pragmatiques, raisonnables, des actes de moins en moins arbitraires et inégaux ».

Vu que vous avez quitté la Centrafrique très jeune et que vous avez vécu longtemps à l’étranger, ne pensez­-vous pas que vous êtes en déphasage d’avec les réalités socioculturelles centrafricaines ?

A l’heure à laquelle nous parlons, tout le monde est en déphasage avec les réalités socioculturelles centrafricaines à commencer par les pouvoirs en place qui pourtant, eux, n’ont pas été en exil comme moi pendant plusieurs années. C’est également le cas des membres de la «communauté internationale» qui sont au chevet de l’Etat centrafricain depuis des décennies. Idem pour les pays frontaliers membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) qui assistent la Centrafrique depuis plus longtemps encore.

Toutes ces entités politiques sont réellement en déphasage avec la RCA. Aussi, la question la plus pertinente n’est pas forcément de savoir qui a été coupée le plus durablement de la RCA, mais de savoir qui peut extirper réellement ce pays de son marasme. Voyez par vous-même: que ce soit dans le domaine sanitaire, humanitaire, militaire, éducatif et autres ce sont des organisations étrangères, le plus souvent des ONG, qui mettent pied pour la première fois en RCA, qui maintiennent ce pays sous perfusion. Ce n’est donc pas le PRP qui éprouvera des difficultés à appréhender les réalités du terrain d’autant plus que nous avons déjà nos cellules implantées dans le sud de Bangui à Bimbo et dans les quartiers nord de la capitale, qui pourtant sont les zones les plus instables de Bangui.

Votre patronyme rappelle singulièrement celui d’un activiste Afro-­américain et militant des droits de l’homme, en l’occurrence El ­Hajj Malek El­ Shabbaz, est-ce qu´une pure et simple coïncidence ou plutôt un choix politique délibéré ?

Vous faîtes bien de parler de l’aîné El-Hajj Malik Ash-Shabazz que le grand public connait plus que sous le nom de Malcolm X. Car il appartient à une école de pensée, une doctrine, un enseignement dans laquelle je puise mes ressources tant intellectuelles que spirituelles. Je parle bien évidemment de la Nation Of Islam du Très Honorable Elijah Muhammad, qui a donné au Monde de grands hommes comme, bien sûr El-Hajj Malik Ash-Shabazz, mais aussi d’autres tout aussi connus que sont par exemple Muhammad Ali, le plus grand boxeur de tous les temps ou encore l’Honorable Ministre Louis Farrakhan l’actuel Leader de la Nation of Islam et seul homme à avoir réuni en 1995 dans toute l’Histoire des Etats-Unis plus d’un million d’hommes Noirs devant le Capitole à Washington D.C, la capitale fédérale américaine.

Et si je partage le même patronyme que cet illustre devancier c’est que tout deux nous nous sommes reconnectés au nom du patriarche éponyme de cette tribu africaine antique qui date d’il y a cinquante mille ans à qui nous devons tous, le phénotype de Noirs aux cheveux crépus dont parlait Cheikh Anta Diop. Moi-même, j’ai produit une étude fouillée, la seule à ma connaissance en milieu francophone, sur l’épopée de ces Maîtres Shabazz qui nous ont précédés de cinquante mille ans et ont fondé de grands empires et royaumes en Afrique et à travers le globe. Et je reconnais être assez fier de porter ce patronyme « Shabazz » de ces glorieux ancêtres dont le Très Honorable Elijah Muhammad nous a rappelés le souvenir et que l’Honorable Ministre Louis Farrakhan perpétue la tradition de leadership, de droiture, de connaissance et de haute civilisation. Puisse Dieu, toujours me permettre de montrer digne de cet héritage multi-millénaire.

A votre avis qu’est qui est à l’origine de la crise centrafricaine ?

Si l’on devait tout ramener à une échelle de 0 à 100, je dirais que 97% de la situation chaotique en RCA est due à l’inconsistance des apparatchiks de la classe politique centrafricaine qui depuis la période post-indépendance en 1960 et plus précisément depuis le mandat de Dacko II n’ont brillé que par l’avilissement de la chose publique.

L’instabilité est congénitale à la politique centrafricaine depuis 1960 répond à une étrange loi de l’alternance bipolaire oscillant entre des miliaires et des civils: David Dacko (civil), Jean-Bedel Bokassa (militaire), David Dacko II (civil), André Kolingba (militaire), Ange-Félix-Patassé (civil), François Bozizé (militaire), Michel Djotodia (civil devenu militaire), Catherine Samba-Panza (civil). Une telle succession à la tête de l’Etat démontre déjà un caractère éminemment une instabilité, un tempérament chaogène, un chaos en gésine. Ajouter à cela une absence totale de vision politique, une incapacité à se projeter loin dans le futur, une incompétence notoire, vous comprenez alors la fragilité du modèle centrafricain qui est dès lors livré à la merci de n’importe quel prédateur politico-économique qui peut ainsi gravement déstabiliser le pays avec une facilité déconcertante.

Y­a t­-il toujours eu une tension entre musulmans et chrétiens en Centrafrique avant la guerre ?

Avant les évènements du 24 avril 2013 qui marque le coup de force des milices rebelles menés par Michel Djotodia contre le Général putschiste François Bozizé, alors occupant du Palais de la Renaissance (Présidence de la RCA), personne ne pouvait parler ou même imaginer une guerre une seule seconde une quelconque « guerre » ouverte entre Centrafricains de confessions chrétienne et musulmane. C’était juste impensable, inimaginable.

Ne voyez­-vous pas quelque part une responsabilité de la France en tant que ex-puissance coloniale dans cette crise?

Tout à l’heure, j’expliquais que 97% de la responsabilité de ce qui arrive à la RCA incombaient aux hommes et femmes politiques ponérologiques, pathocrates, assoifées de pouvoir centrafricains. Et sur les 3% restant, j’en accorde 2% à l’Etat socialo-colonialiste français avec sa doctrine sarko-hollandiste qui a semé le chaos en Afrique durant les quatre dernières années notamment dans le Sahel en assassinant le Frère-Guide Muammar al-Gaddhafi, dans le Golfe de Guinée avec le bombardement de la Côte d’Ivoire et le jeu trouble au Nigéria, en Afrique de l’Est en accentuant la situation apocalyptique en Somalie, et bien sûr en jouant au pompier pyromane sur le théâtre de guerre centrafricain.

Alors on pourrait nous dire qu’accorder seulement 2% de responsabilité à la politique de l’Etat socialo-colonialiste sako-hollandiste, c’est vraiment trop peu au vu des conséquences désastreuses que l’on constate sur le terrain. Mais je dirais que si la situation est pire qu’ailleurs c’est justement parce qu’en RCA nous n’avons pas de pare-feu politique ou d’élites capables de nous protéger contre les attaques des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Notre système immunitaire politique est à terre, si bien que n’importe quel virus ou bactérie politique ou non peut causer de graves dégâts dans le corps national voire carrément notre mort étatique. Je ferais remarquer en aparté que les pays qu’on appelle aujourd’hui le Canada et les USA étaient des colonies françaises sous le nom de Nouvelle France, que le Viet-Nam, le Laos et le Cambodge étaient des colonies françaises sous le nom d’Indochine, que la moitié de l’Inde et un certain nombre d’îles de l’Océan Indien comme les Seychelles ou l’Île Maurice étaient des colonies françaises, qu’un bout de l’Argentine (les Îles Malouines) était une colonie française, que des parties de la Chine comme le territoire de Kouang-Tchéou-Wan (aujourd’hui gu?ngzh?u w?n) étaient des colonies françaises, que le Royaume du Maroc et la Syrie étaient des protectorats français. Et pourtant ces pays ne sont pas aussi soumis ou tributaires de la France comme la RCA l’est. Bien au contraire, ils sont tous devenus de puissants pays qui comptent énormément sur l’échiquier mondial, pour la plupart. Pourquoi eux et pas la RCA ?

Tout simplement parce qu’en RCA c’est la médiocrité de l’élite politique locale qui a prévalu, ce qui a grandement favorisé la perpétuation de l’asservissement, de l’assistanat vis-à-vis de la France colonialiste. Ce qui signifie que la solution est d’abord et avant tout entre les mains des Centrafricains eux-mêmes, et pas des Sarkozy et autres Hollande qui sont à yeux des personnes insignifiantes que les Français eux-mêmes rejettent farouchement.

Qu’en est t-­il de la responsabilité des Etats ­membres de la CEMAC si on considère que la Communauté Économique et Monétaire des États de l’Afrique Centrale avait déployé une force d’interposition, la FOMAC, qui aurait pu parfaitement stopper la progression de la Séléka ?

J’impute à hauteur de 1% la responsabilité de ce qui nous touche en RCA aux pays frères et frontaliers de la CEMAC. Aussi, je ne leur en tiens pas rigueur outre raison. Je regrette seulement que nous n’ayons pas depuis ces cinquante dernières années suffisamment consolider nos liens de fraternité à travers une plus grande intégration dans les organes des institutions sous régionales comme la CEMAC, la CEEAC ou encore la CENSAD. Et surtout, depuis la mort du feu président gabonais Omar Bongo, il n’arrive pas à se dégager une figure motrice incontestable parmi les chefs d’Etat de la région. De la même manière que la RCA souffre terriblement d’un manque de leadership au niveau local, les institutions régionales (CEMAC et CEEAC surtout) cherchent encore la locomotive qui ferait consensus et qui tirerait l’ensemble de la Région vers le haut, et c’est très dommageable, car au final c’est la population civile qui en pâtit. Surtout en ces temps de prolifération de milices et groupes armés.

Une force militaire onusienne appelée «Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique» vient de prendre le relais Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine, qu’est ce que vous en pensez ?

Ecoutez, je pense qu’il faut être clair sur des sujets aussi sensibles. Combien de fois des missions militaires de l’ONU ou de l’OTAN sous couvert de l’ONU ont porté des fruits dans le monde et à plus forte raison en Afrique ? En Yougoslavie ce fut un échec, en Afghanistan une catastrophe, en Libye une honte, au Congo une déchéance, au Rwanda un désastre, en Somalie une bérézina, etc. Tout ce que les Centrafricains gagneront de plus avec la MINUSCA ce sera l’augmentation de la prostitution et des maladies vénériennes. Si avec 38 000 soldats de la mission UNITAF de l’ONU en Somalie en 1992 ça a été une débâcle sans nom, ce n’est pas la MINUSCA avec seulement 12 000 hommes qui pourra faire quoi que ce soit en territoire centrafricain, soyons réalistes. Renvoyons ces troupes chez elles et réglons nous-mêmes cette crise. Car il est évident que la lumière ne viendra ni de l’ONU, ni de l’OTAN, ni de l’AFRICOM, ni de la Françafrique mais des Centrafricains eux-mêmes et de leurs frères Africains.

Faudrait t-il une cour pénale internationale pour la Centrafrique pour poursuivre les crimes commis durant la guerre ?

Vous mettez le doigt sur un sujet bien épineux. En effet, il est habituel d’attendre nos frères africains invoquer le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont aucun pays africain ne dispose d’un siège permanent, pour instituer des tribunaux internationaux sur le modèle du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) sise à Arusha en Tanzanie. Mais dans le même temps, nous connaissons les reproches, justifiées le plus souvent, émises contre le TPIR. Aussi à l’instar du Cambodge, dans le cadre du Tribunal à mettre en place pour juger les crimes des Khmers Rouges, je m’oppose aux décisions intrusives de ce « machin » qu’est l’ONU et qui est hébergée à New York City par la Famille Rockfeller. Je m’inscrirais plutôt sur le modèle des Chambres Africaines Extraordinaires instituées par le Sénégal en 2012 en accord avec l’Union Africaine pour juger l’ancien président tchadien Hissène Habré. Mais c’est juste dommage que depuis la fusion en 2008 de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et la Cour de Justice de l’Union africaine en une cour unique appelée « Cour africaine de Justice et des Droits de l’Homme », seulement cinq (5) Etats membres, à savoir la Libye, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Congo, ont ratifié le Protocole adopté par le Sommet de l’UA, réuni à Charm el-Cheikh, en Egypte, le 1 juillet 2008, ce qui malheureusement empêche l’entrée vigueur du Statut et du Protocole.

Or, il suffirait seulement que quinze (15) Etats-Parties déposent les instruments de ratification pour qu’un mois plus tard la Cour africaine de Justice et des Droits de l’Homme soit effectivement instituée et capable de fonctionner sans avoir recours à la CPI ou aux tribunaux internationaux ad hoc du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En tous les cas, sachez que sur ce point nous serons très actifs et très dynamiques pour qu’au niveau législatif toutes les dispositions soient prises pour signer un accord-cadre avec l’Union Africaine, le ratifier aussitôt et voter les lois nécessaires à l’intégration au plus vite dans le droit centrafricain des dispositifs juridiques d’un tel tribunal, quitte à réviser la future Constitution centrafricaine. Et pour ce faire nous comptons pour nous épauler dans cette rude tâche de la justice post-crise sur la coopération avec nos frères africains notamment ceux du Sénégal qui ont une grande avance sur cette question.

Pour finir Monsieur Shabbaz pourquoi le choix du Sénégal puis que vous y vivez présentement ?

L’adage dit « Dieu propose, l’Homme dispose », c’est un peu ce qui s’est passé dans mon cas. Ce sont les contingences de l’Histoire qui m’ont mené au Sénégal, le pays de Cheikh Anta Diop, de Cheikh Ibrahim Niasse, de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, de Cheikh Malik Sy ou encore de Cheikh Amadou Bamba. Et au final je ne regrette pas d’avoir posé mes bagages au Sénégal avant de reprendre la route pour la Centrafrique, car j’ai beaucoup appris dans ce pays: sur les Hommes, sur moi-même, sur mon domaine de prédilection qu’est l’agriculture, sur le monde des affaires en général. Ce fut une expérience globalement très éprouvante, il faut le reconnaitre, mais en même temps comme disent nos frères de l’autre coté de l’Atlantique « No pain, no gain »

 

Merci d’avoir bien voulu prendre part à cette interview avec la rédaction de Protubérances Magazine en collaboration avec la revue panafricaine Africpost.

 

C’est moi qui vous remercie.

 

Interview réalisée par Abd El Kader Niang

 

 

Africpost

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