Foto-Sokome

Bill Emile Davolk recevait Souleymane Sokome (Photo), auteur du livre “Les effets de la mondialisation sur le développement économique des pays de l’Afrique Subsaharienne au cours de l’émission “Visages d’Afrique” sur Fm Liberté, la Radio de la Diaspora africaine.

Amis, auditeurs, á l´écoute de Fm liberté, la radio de la Diaspora africaine, émettant depuis Chicago. Merci de vous retrouver cet après-midi pour l´émission « Visages d´Afrique », présentée, vous le savez, tous les dimanches á partir de 14h heure de Chicago et 19h temps universel. Notre invité aujourd´hui est Monsieur Souleymane Sokome. Avec lui nous allons essayer de décortiquer son ouvrage qui tarde la mondialisation et les effets de cette mondialisation sur le continent africain. L´équipe, elle est la même, Eric Alovor á la technique, je suis Bill Emile Davolk.

Bill Emile Davolk: Monsieur Souleymane Sokome, Bonjour ?

Souleymane Sokome: Bonjour Monsieur Bill, comment vous allez ?

Bill Emile DavolkNous nous portons très bien et comme le veut la tradition, présentez-vous á nos auditeurs qui ne vous connaissent pas mais qui vous écoutent présentement

Souleymane Sokome: Oui Monsieur Bill, volontiers, avant tout d´abord, permettez-moi de vous remercier pour cette belle opportunité que vous m´offrez sur votre antenne que je suis très souvent depuis Chicago aux Etats-Unis. Je salue de passage á tous vos fidéles auditeurs des quatre coins du monde, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, en Asie ou en Afrique.

En ce qui me concerne, je m´appelle Souleymane Sokome, je suis sénégalais, né au Sénégal. J´ai également grandi au Sénégal oú j´ai passé mon cursus scolaire et universitaire. En 2002, j´ai quitté mon pays voire mon continent á la recherche du savoir. J´ai choisi l´Allemagne pour poursuivre mes études en sciences politiques et juridiques. Présentement, je suis juriste et politologue, formé des universités allemandes de Francfort sur le Main et de Sarrebruck et de l´Université Lumiére Lyon 2 en France également. Après mes études de sciences politiques et de droit, j´ai travaillé dans des ONG et cabinets d´avocats allemand avant de servir mon pays notamment á l´Ambassade du Sénégal á Berlin. Présentement, je suis consultant politique et juridique dans un cabinet de Consultants basé á Berlin. Je suis également consultant chez Africpost, un journal panafricain en ligne, basé au Canada. Voilá Monsieur Bill, si vous voulez bien, en ce qui concerne ma personnalité en quelques mots.

Bill Emile Davolk: Vous venez de sortir un ouvrage intitulé «Les effets de la mondialisation sur le développement économique des pays de l´Afrique Subsaharienne. Vous avez pris l´exemple du Sénégal mais de quoi est-il question exactement dans cet ouvrage ?

Souleymane Sokome: Oui mon ouvrage se consacre aux problémes économiques, politiques voire sociaux auxquels le continent africain en l´occurrence mon pays le Sénégal est confronté des faits de la mondialisation. Disons l´ouvrage est subdivisé en quatre parties.

La premiére partie est consacrée á une approche définitionnelle de la mondialisation. La seconde partie met l´accent sur une analyse globale de la mondialisation sur le développement économique des pays de l´Afrique Subsaharienne. La derniére partie de l´ouvrage est relative aux effets de la mondialisation. Que ces effets soient positifs ou négatifs.

Dans la conclusion de mon ouvrage, j´ai proposé des solutions pour une mondialisation réussie en Afrique. Dans mon livre, Monsieur Bill, je ne fustige pas la mondialisation en tant que telle mais la maniére dont elle est gérée en Afrique par ses acteurs avec la complicité de nos élites et les institutions financiéres internationales.

Pour moi, personnellement, il serait illusoire de rejeter la mondialisation en tant que telle car la mondialisation peut permettre aux pays, quelque soit le niveau de leur développement de servir les opportunités offertes pour émerger. Donc pour moi, le probléme de l´Afrique dans la mondialisation ce n´est pas le manque d´investissements directs étrangers ou nationaux encore moins la croissance économique mais le manque de vision et de volonté de ceux qui sont censés d´organiser et de transformer les ressources naturelles pour le développement de notre cher continent. Voilá de quoi il s´agit dans mon livre.

Bill Emile Davolk: On sait que pour éditer ces genres de livres, surtout hors du continent africain dans des pays qui ne sont pas forcément francophones, ce n´est pas une chose aisée, quelles ont été les conditions de publication de cet ouvrage ?

 Souleymane Sokome: Vous savez Monsieur Bill, publier un livre, ce n´est pas une chose facile. Il y a des phases á suivre. D´abord, il faut trouver un théme qui est pertinent. Un théme qui pourrait s´intéresser aux maisons d´éditions. Donc c´est la premiére étape. Vue l´actualité internationale depuis quelques années, on parle que de la mondialisation et depuis quelques années aussi l´Afrique est convoitée sur tous les plans, que soit économique et politique. J´ai pensé opportun de rédiger sur un théme trop populaire et trop discuté dans les relations internationales, donc la mondialisation. Une fois que j´ai rédigé mon livre, j´ai contacté une maison d´Edition appelée Edilivre.com, basée á Paris.

Quand j´ai contacté la maison d´Edition, ils m´ont proposé d´envoyer la maquette de mon livre. C´est ce que j´ai fait par Mail. L´auteur envoie d´abord le manuscrit á la maison d´Edition par Mail et une fois envoyée et reçue, la maison d´Edition va étudier et regarde si le théme est intéressant ou si le sujet est sélectionné ou pas. La premiére étape c´est d´envoyer le manuscrit. Une fois étudié, il y aura le feedback de la maison d´Edition qui va répondre á l´auteur s´il est sélectionné ou pas et c´est ce que j´ai fait.

J´ai attendu trois semaines et ils m´ont répondu favorablement pour me dire que Monsieur Sokome votre manuscrit a été sélectionné. Après cette étape, le contrat de publication sera envoyé á l´auteur qui doit signer et retourner á la maison d´Edition. Une fois signé, il reste la mise en page du manuscrit au format du livre. Cette mise en page c´est pour harmoniser le contenu du livre et rendre sa lecture la plus agréable possible aux futurs lecteurs. C´est la deuxiéme étape.

La troisiéme étape c´est la réalisation de la couverture du livre. Vous savez, Monsieur Bill, la couverture d´un livre est l´un des ingrédients clés de son succés. Pour soigner et personnaliser le plus possible l´œuvre de l´auteur, la maison d´Edition propose plusieurs modéles de couverture au choix de l´auteur. Ce sont les graphistes professionnels qui sont chargés de cette tâche qui vont proposer á l´auteur une belle couverture pour que le livre soit attractif au public et aux futurs lecteurs.

La quatrième étape c´est ce qu´on appelle la modification et la finalisation de l´ouvrage. La maison d´Edition envoie la maquette de l´ouvrage á l´auteur par Mail. L´auteur peut vérifier si le livre correspond bien á ses attentes et préciser si besoin les modifications qu´il souhaiterait y apporter. Si le livre est finalisé, il ne reste qu´á être édité au format papier et numérique, souhaité par l´auteur.

La derniére étape maintenant c´est ce qu´on appelle le dépôt légal. Conformément á la législation des différents pays, que ce soit en Allemagne, en France ou en Afrique, un numéro ISBN est attribué au livre pour protéger l´auteur, ce qu´on appelle le « Copyright » pour protéger l´œuvre de l´auteur. Une fois cette derniére étape terminée, le livre sera officiellement publié et pourra être distribué partout dans le monde. Voilá comment ça se passe.

Bill Emile Davolk: Tout un parcours de combattant, Monsieur Souleymane Sokome, quelles sont vos motivations, qu´est ce qui vous a poussé á rédiger cet ouvrage sur la mondialisation ?

Souleymane Sokome: Ma motivation, elle est très simple. Comme je vous ai dit, l´une de mes principales motivations de ma recherche se justifie d´abord par la volonté d´éclairer l´opinion publique nationale et internationale sur les raisons pour lesquelles, le continent africain, malgré des ressources naturelles innombrables et la convoitise au niveau international, reste toujours dans une situation désolante dans le contexte de la mondialisation.

Il y a plus de pauvres aujourd´hui qu´en 1960, date de l´indépendance de la plupart des Etats africains. L´Afrique est confrontée á des problémes qui interpellent tout africain. Et en tant que jeune africain, je n´avais pas droit au mutisme. Il fallait prendre la plume et dénoncer l´injustice que subit l´Afrique en sensibilisant l´opinion publique, nationale et internationale ainsi que les générations présentes et futures de ce qui se passe en Afrique et comment faire pour sortir le continent du sous-développement et de l´impasse. Le message véhiculé dans mon ouvrage est un message de prise de conscience et d´espoir. Prise de conscience, car il est temps que l´Afrique se réveille. Espoir, car le continent a de l´avenir si on se met au travail dés á présent.

Si j´essaie de me paraphraser lors de mon interview accordée á Africpost, de mon point de vue personnel et indépendamment de la religion, l´avenir ce n´est pas ce qui arrive mais ce que nous faisons présentement, comme pour dire c´est en forgeant qu´on devient forgeron. Pour cette cause, on doit se mettre au travail et pour cela l´Afrique a besoin des citoyens disciplinés, courageux, travailleurs et indépendants intellectuellement pour son indépendance. C´est le message que j´adresse á la classe politique, aux jeunes et intellectuels africains pour qu´ils ouvrent les yeux pour une Afrique prospére.

Bill Emile Davolk: Il faut que les africains ouvrent les yeux pour ne pas subir les effets de la mondialisation. Si vous venez de nous rejoindre sur les trois www.fmliberte.com ou sur le 3123485259, sachez que vous êtes á l´heure de l´émission « Visages d´Afrique » présentée par Bill Emile Davolk. Notre invité aujourd´hui c´est Monsieur Souleymane Sokome. Il est politologue, juriste et écrivain. Il vient de sortir un ouvrage intitulé «Les effets de la mondialisation sur le développement économique des pays de l´Afrique Subsaharienne». Pour entrer donc dans le vif du sujet, Monsieur Souleymane Sokome, est-ce-que avant tout d´abord la mondialisation a des effets plus bénéfiques ou nocifs pour le continent africain ?

Souleymane Sokome: Oui Monsieur Bill, vous savez la mondialisation est un concept qui fait peur á beaucoup de gens dans ce monde. On a tendance á accuser la mondialisation en disant qu´elle a des effets négatifs. Moi je pense personnellement comme je viens de souligner un peu plus haut, la mondialisation n´est pas la cause du sous-développement de l´Afrique. Je me justifie d´abord, la mondialisation sourit bien au continent car elle existe bien en Afrique. La preuve, certains pays sont prêts á exploiter les bénéfices possibles de la libération de l´économie mondiale.

On note également des taux de croissance économiques extrêmement forts. Je cite l´exemple du Rwanda avec 12% de croissance économique, l´Angola, le Tchad, Mozambique, l´Ethiopie et le Niger. Ce sont des pays très dynamiques du continent en ce qui concerne la croissance économique. Et si vous voyez et globalement si on analyse la situation économique mondiale, on peut dire que l´Afrique est la deuxiéme zone géographique la plus dynamique avec plus de 5,4% de croissance économique. A titre d´exemple derriére l´Asie émergente qui enregistre 6% de croissance économique tandis que la zone euro que soit l´Allemagne, la France ou l´Angleterre, ce sont des pays qui n´arrivent même pas á atteindre plus de 1% de croissance économique.

Si vous voyez, l´Afrique est en pleine croissance économique. L´Afrique a même surpris les économistes par sa résistance face á la crise financiére qui sévit depuis des années dans le monde, donc en 2008. En outre, la mondialisation a permis á l´Afrique de diversifier ses partenaires et ses produits. On note également de nouveaux acteurs de coopération par ce qu´avant il y avait que les pays de l´Europe Centrale, á savoir, la France, l´Allemagne et l´Angleterre. Mais de nos jours grâce á la mondialisation on note de nouveaux acteurs de coopération comme la Chine, l´Inde, la Turquie, le Japon, la Russie et les pays de l´Amérique latine qui interviennent sur le continent africain.

De nos jours nous avons plus de 10.000 multinationales qui opérent un peu partout en Afrique avec la présence effective de la Chine. La participation de l´Afrique á l´économie mondiale a fortement augmenté ces derniéres années aussi bien du point de vue du PIB des pays africains, des exportations respectives que des investissements directs étrangers reçus même si l´Afrique cherche toujours á mieux s´intégrer dans l´économie mondiale.

Le continent africain est la seule région du monde oú la croissance économique s´accélére au lieu de régresser comme partout ailleurs dans le monde. Si je crois á ces chiffres économiques venant de la Banque mondiale ou des différents instituts économiques, on peut dire que l´Afrique est bien mondialisée. Par contre, il y a des facteurs qui freinent le développement du continent. Ces facteurs sont indogénes et exogénes. Il faut chercher les causes au niveau de l´Afrique et en dehors de l´Afrique avec la complicité des acteurs de la mondialisation.

Bill Emile Davolk: Justement certains pensent plutôt que l´émergence de l´Afrique dépendra des institutions de Bretton woods notamment la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) qui ont un réel impact sur l´économie du continent, est-ce-qu´il est temps pour les africains de se débarrasser, essaimer de la Banque mondiale pour réellement se consacrer sur leur propre modèle économique?

Souleymane Sokome: Vous savez, moi je ne crois pas á ces institutions que vous citez, que ce soit la Banque mondiale ou le Fonds Monétaire international ou d´autres institutions financiéres ou économiques.

Pour moi, la solution pour l´émergence de l´Afrique cela dépend des africains. Cela vaut dire, il faut croire et avoir confiance en nous-mêmes. Personne ne développera notre continent á notre place, il faut que cela soit très claire dans nos esprits.

L´Afrique doit penser á son développement en le voulant et en le mettant en œuvre. Pour moi, Monsieur Bill, le développement d´un pays ne se négocie pas du tout, il se pense, il se veut, il se met en œuvre et il se dit aussi. Ni les organisations internationales financiéres que vous venez de citer, á savoir la Banque mondiale ou le FMI, encore moins les sommets soi-disant sommet Afrique-France, Afrique-Union européenne, Afrique-Chine, Afrique-Etats-Unis ou leur aide de développement ne feront avancer l´Afrique sans la volonté politique de nos gouvernements.

Il faut que nos gouvernements aient la responsabilité pour avancer nos pays tout en ayant une souveraineté nationale des Etats africains sans dépendre d´aucun pays et d´aucune institution financiére. Pour cela, nous devons nous mettre au travail. Comme je viens de dire avant, nous devons nous mettre au travail, nous devons faire en sorte que nos dires, nos discours ainsi que nos mentalités soient en parfaite harmonie avec nos actes pour une Afrique prospére. L´émergence de l´Afrique dépend de nous-mêmes, elle peut venir nulle part ailleurs.

Bill Emile Davolk: Mais on ne peut pas parler d´émergence économique sans une monnaie forte. Aujourd´hui le constat sur le continent africain est que le Francs CFA constitue souvent comme une monnaie coloniale, toujours dominante. Il n´y a pas de monnaie africaine, comment peut-on développer le continent dans ces conditions ?

Souleymane Sokome: Oui c´est pourquoi, je vous ai dit que pour développer une nation, la souveraineté nationale d´un Etat est très importante. Alors que si vous voyez, nous ne sommes pas des Etats indépendants, nous sommes pris en otage sur le plan économique, monétaire, politique et social. Comment voulez-vous émerger un Etat si l´Etat même n´est pas indépendant ou libre? Nos Etats ne peuvent pas se décider seuls, ils sont influencés au niveau international, c´est un probléme qui se pose. Tant que l´Afrique ne tient pas son émergence et son avenir dans ses propres mains, il est très difficile de s´émerger. Voilá ce que je défends dans la conclusion de mon livre. L´émergence de l´Afrique n´est pas impossible mais elle dépend particuliérement des Chefs d´Etat africains.

Bill Emile Davolk: Malheureusement on assiste sur le continent noir á la mauvaise gouvernance. Les ressources miniéres sont pillées par les dirigeants. Il n´y a pas cette transparence, cette volonté de mettre les ressources du pays au profit des populations, est-ce-qu´il est temps qu´on se focalise plutôt sur la bonne gouvernance que sur les paradigmes de relations internationales, á savoir, l´indépendance vis á vis de l´étranger ?

Souleymane Sokome: Vous savez la bonne gouvernance de toutes les façons elle est primordiale. Si vous voyez la corruption, le népotisme et le clientélisme ce sont des maux dont l´Afrique souffre depuis des années. La corruption est synonyme de la mauvaise gouvernance. Si les institutions ne sont pas fortes, il n´y a pas de transparence et les ressources naturelles ne peuvent pas aussi être distribuées équitablement au niveau des populations locales. C´est pourquoi je vous dis que la mondialisation en tant que telle n´est pas responsable de la misére de l´Afrique. L´Afrique est mondialisée, on note des investissements étrangers d´une grande importance. L´Afrique est attirante et sa population est très consommatrice, l´Afrique bouge, l´Afrique se développe, la croissance économique galope. Mais ce qui manque á l´Afrique ce sont des visions claires de développement et l´égalité des citoyens devant les ressources naturelles qui ne sont pas bien distribuées au niveau des populations locales.

Voilá le malheur de l´Afrique, il faut qu´on ait le courage de chercher les causes de nos problémes au niveau de nous-mêmes c´est á dire en Afrique sans accuser les puissances étrangéres. Si les multinationales ou la Banque mondiale viennent en Afrique pour nous dicter le chemin de l´émergence c´est á nous de refuser en leur disant non tout en cherchant notre émergence par nos propres moyens et voies de développement.

Bill Emile Davolk: La mondialisation devait être un rendez-vous de donner et de recevoir mais on a l´impression que l´Afrique subisse plus de cette mondialisation. Est-ce-que l´Afrique peut apporter comme exemple á suivre en matiére d´économie au reste du monde ?

Souleymane Sokome: Pour arriver á cela il faut la volonté. Mais oú est cette volonté ? Cette volonté manque á l´Afrique. En Afrique, ce ne sont pas les ressources humaines ou naturelles qui manquent mais la vision claire de développement. Ceux qui sont censés apporter cette vision claire de développement ne sont pas lá pour l´intérêt général mais pour des intérêts personnels. Tant que cette volonté n´est pas lá on ne peut pas parler de développement et il est aussi impossible de bénéficier des retombées de la mondialisation.

Et les plus grands perdants de la mondialisation ce ne sont pas nos dirigeants mais la population locale africaine qui croupit dans la misére alors que ceux qui sont au plus haut sommet de l´Etat en profitent des retombées de la mondialisation et c´est ça le malheur de l´Afrique. Il faut que les intellectuels africains se lévent et refusent d´être dictés par quiconque, que ce soit la Banque mondiale, le FMI ou les puissances étrangéres. Nous devons trouver les moyens et stratégies pour sortir l´Afrique du sous-développement.

Bill Emile Davolk: Monsieur Souleymane Sokome, je rappelle que vous êtes vous-mêmes originaire du Sénégal donc un fils du continent, vous avez grandi en Afrique. Selon les réalités que vous avez vécues quels sont les modèles économiques qui s´adaptent mieux á nos sociétés africaines ? Est-ce-qu´il faut recourir au capitalisme, au libéralisme, au socialisme ou au communisme, entre autres?

Souleymane Sokome: Personnellement, le modéle économique que je proposerais c´est le libéralisme. Je suis un fervent et convainquant défenseur du libéralisme mondial. Je suis pour la libération des marchés.

Le libéralisme n´est pas incompatible au développement de l´Afrique. Libérer signifie il faut une ouverture envers le monde économique en ayant plus de partenaires économiques entre les pays. L´ouverture est une bonne chose mais cela dépend toujours comment on ouvre nos économies face aux autres économies du monde. Il n´y a pas un modèle économique spécifique á chaque pays. Cela dépend de la maniére dont on méne ces concepts de développement car nous avons plusieurs concepts économiques á mener dans un pays. Ces concepts dépendent aussi de la situation des pays et les institutions installées dans ces pays. Il revient donc aux pays locaux de chercher un moyen de développement dynamique et compatible á la libération de l´économie mondiale. Que ce soit le modèle socialisme, libéralisme, capitalisme ou autres, l´importance est que cela soit compatible á la nation ou au pays dont le modéle économique est développé.

Bill Emile Davolk: L´un des problémes qui freine le développement économique de l´Afrique c´est l´évasion fiscale massive et les fuites de capitaux. Comment peut-on éradiquer ce fléau qui continue par nous plomber, par nous tirer vers le bas ?

Souleymane Sokome: Vous savez, Monsieur Bill, l´évasion fiscale je l´ai souligné á la 150éme page de mon livre. L´évasion fiscale est une contrainte au développement de l´Afrique, mais qui sont ceux qui volent l´argent de l´Afrique pour déposer dans les paradis fiscaux? S´il y a évasion fiscale donc il y a forcement une complicité. Cette complicité se trouve déjá en Afrique. Ce sont la corruption et toutes ces institutions qui ne sont pas fiables qui sont responsables de ce fléau.

La solution maintenant dépend de l´Afrique. Il faut qu´on ait des institutions capables de mettre fin á cette injustice, voir méchanceté humaine. Mais tant que l´Afrique n´est pas capable de gérer ses propres problèmes, il sera impossible d´éradiquer le fléau.

Bill Emile Davolk: Vous avez cité dans votre ouvrage l´exemple du Sénégal. Est-ce-que vous êtes satisfait de l´approche économique du Président Macky Sall qui a fait du développement de l´émergence du Sénégal son cheval de bataille ?

Souleymane Sokome: Vous savez les problémes de l´Afrique, que ce soit au Sénégal, au Togo ou ailleurs, ils sont identiques. Bien vrai que le Sénégal est stable sur le plan économique. Mais le développement économique du Sénégal n´avance pas depuis 1960 date de l´indépendance du pays. Les années se passent (s´écoulent) et se ressemblent avec plusieurs modèles de développement.

Aucun de ces modéles n´a pu conduire le Sénégal sur le chemin de l´émergence économique que cela soit au temps de Senghor en passant par Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade tout récemment ou Macky Sall présentement. Il n´y a aucun changement noté aux différentes stratégies de développement même s´il y a des progrés économiques á souligner par exemple la construction des infrastructures solides au Sénégal. Mais jusqu´á présent le modèle économique reste le même. Il n´y a pas de développement économique depuis quarante années ou plus d´indépendance. Le Sénégal reste toujours un pays pauvre. Avec Macky Sall qui devait relever le défi on peut toujours espérer mais je pense il sera très difficile d´émerger le Sénégal dans les conditions actuelles.

Bill Emile Davolk: Comment voyez-vous alors l´Afrique sur le plan économique dans cinquante ans puis que ce sera le centenaire des indépendances ?

Souleymane Sokome: Si on analyse globalement la situation économique de l´Afrique de 1960 á 2014 on peut noter des progrés. Le probléme ne se trouve pas lá car l´Afrique bouge avec des taux de croissance économiques extrêmement forts. Le probléme de l´Afrique c´est que la pauvreté n´est pas éradiquée á tel point que les populations locales peuvent se sentir á l´aise ou profiter de cette croissance.

La croissance économique n´est pas synonyme de réduction de la pauvreté et cela constitue un probléme présentement. Sur le plan économique, les différents modéles de développement ont tendance á avancer mais au niveau des populations locales c´est toujours la même chose depuis 1960 jusqu´á présent.

Bill Emile Davolk: Pour conclure Monsieur Souleymane Sokome quel serait votre message á l´endroit des gouvernants et des décideurs économiques qui vous écoutent á ce moment ?

Souleymane Sokome: Le seul message que je lancerais, je dirais, il faut que nos Chefs d´Etat se comportent comme des Chefs d´Etat et non comme des administrateurs. Il faut qu´ils sachent qu´ils sont élus pour l´intérêt général. Nous ne devons jamais perdre de vue le fait que c´est l´intérêt général qui doit primer sur l´intérêt personnel.

Etre Président de la République ne signifie pas diriger avec sa propre famille ou sa propre personnalité en optant le clientélisme, le népotisme, la corruption ou les maux qui freinent aujourd´hui le développement de l´Afrique. Le message que je lance est le suivant: Développer l´Afrique, mettez-vous au service des africains pour une Afrique prospére, pour que la génération présente et future puisse profiter de l´émergence éventuelle de l´Afrique. Ce message s´adresse á toute la classe politique africaine pour qu´elle ouvre les yeux. Et nous les jeunes intellectuels africains si jamais demain on arrive au pouvoir qu´on ne recommence pas les mêmes erreurs que nos aînés.

Bill Emile Davolk: Les effets de la mondialisation sur le développement économique des pays de l´Afrique Subsaharienne. Cet ouvrage est disponible en librairie, sur Amazon, sur internet. Monsieur Souleymane Sokome merci de nous accorder cette interview.

Souleymane Sokome: Je vous remercie Monsieur Bill. Je remercie á tous les auditeurs qui ont eu le temps de nous suivre même s´ils sont un peu pris par l´effet de la coupe du monde. J´espére mon message sera bien véhiculé. Je leur prie d´acheter mon ouvrage pour soutenir des projets humanitaires en Afrique. Je leur souhaite également une bonne lecture. Le livre est déjá mis en vente depuis le 20 mars 2014 sur la librairie en ligne d´edilivre.com et d´autres librairies sur internet (Amazon ou chapitre.com) ou d´autres points de vente en France via le réseau Dilicom. Le livre est facile á se procurer. Il n´est pas cher. Que vous soyez en Afrique, en Europe, en Asie, aux Etats-Unis ou ailleurs vous pouvez faire votre commande via internet et vous recevrez le livre au bout de deux á trois semaines.

Vous pouvez écouter l´interview audio en cliquant sur ce lien: 

 

 

 

 

Source: FM Liberté, radio de la Diaspora africaine depuis Chicago

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comments

comments

Loading...