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Dans son rapport “Perspectives des migrations internationales 2014” publié au mois de décembre, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) aborde le fait migratoire sous tous ses aspects, y compris celui de la discrimination à l’embauche et l´intégration des étrangers dans leurs pays d´accueil etc.

Les flux d’immigration permanente dans les pays de l’OCDE sont de nouveau orientés à la hausse, d’après les données préliminaires pour 2013. Par rapport à 2012, ils ont légèrement progressé (+1.1 %) pour atteindre le chiffre d’environ 4 millions de nouveaux immigrés permanents. Cette hausse modérée est le résultat d’évolutions contrastées dans plusieurs grands pays d’immigration. En Allemagne, l’immigration a augmenté pour la quatrième année consécutive, et enregistre une croissance à deux chiffres. En revanche, plusieurs grands pays d’immigration ont connu une diminution du nombre de nouveaux arrivants, notamment les États-Unis, l’Italie, le Portugal et l’Espagne. Les taux de migration nette demeurent bien en-dessous des niveaux d’avant la crise, mais ils restent positifs dans la plupart des pays de l’OCDE, à l’exception notable du Mexique, de l’Islande et de?l’Irlande.

Selon l´OCDE, l´intégration des immigrés et de leurs enfants sur le marché du travail pose très souvent un grand probléme. La maîtrise de la langue du pays d´accueil est la compétence la plus importante pour l´insertion sur le marché du travail. En outre, les immigrés et leurs enfants manquent souvent de réseau et de connaissance du fonctionnement du marché de travail et cela constitue un blocage. Le rapport souligne également que la discrimination sur le marché du travail est un facteur entravant á l´emploi des immigrés et de leurs enfants nés dans le pays.

Le recrutement sélectif de personnes présentant certains antécédents ou la discrimination á l´égard de ceux en présentant d´autres est difficile á prouver car les méthodes utilisées par les employeurs pour le recrutement sont différentes et discrétes. Souvent le choix peut se découler d´une préférence de l´employeur pour certains candidats plutôt que d´une discrimination pure et simple. Le rapport souligne par contre que la discrimination des étrangers sur le marché du travail est une réalité dans beaucoup de pays de l´OCDE.

Par exemple, en France ce sont les noms à consonance provenant d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne qui occupent le haut du tableau les plus discriminés, sans que l’on sache pour les autres origines. En Espagne et en Belgique ce sont les Marocains qui sont les premiers discriminés de la sorte. En Allemagne, les Turcs, les arabes et les africains accédent difficilement sur le marché du travail car étant très souvent discriminés. Au Royaume-Uni, à peu près toutes les minorités visibles sont aussi discriminées. L’OCDE a réalisé une “cartographie” mondiale des discriminations à l’embauche : à CV équivalent, les immigrés et leurs descendants doivent envoyer deux fois plus de candidatures que les autres candidats avant d’être convoqués à un entretien d’embauche. Les enfants d´immigrés nés dans les pays d´accueil sont plus discriminés que les immigrés eux-mêmes.

Le rapport conclut que la discrimination peut avoir de multiples effets négatifs et l´importance significative de la discrimination est préoccupante. La discrimination ne fait pas que réduire les incitations des immigrés á investir dans l´éducation et la formation, mais elle a un impact négatif tant sur l´économie que sur la cohésion sociale. Malgré cette discrimination cela ne doit pas masquer le fait que dans la plupart des pays de l´OCDE la majorité des immigrés et de leurs enfants occupent un emploi même si le potentiel des immigrés et de leurs enfants est encore plus important.

 

Africpost

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