XVM64044f9a-edca-11e4-839a-236446a0a2dcNous vous le disions hier que les neuf condamnés à mort pourraient être fusillés dans la nuit de mardi à mercredi. Les appels internationaux auront été vains. L’Indonésie a finalement fait exécuter ce mardi ces huit condamnés à mort – dont sept étrangers – pour trafic de drogue, annoncent les médias locaux. Deux Australiens, un Brésilien, quatre Nigérians et un Indonésien ont ainsi été fusillés peu après minuit (heure locale) soit 7h GMT, lors d’une exécution impliquant un peloton de 12 tireurs.

Les huit hommes exécutés ont apparemment tous refusé d’avoir les yeux bandés, comme ils en avaient la possibilité, et ont chanté des hymnes peu avant d’être fusillés par un peloton d’exécution dans une clairière au milieu de la jungle, selon un pasteur qui était présent.

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A la nouvelle de l’exécution de leurs ressortissants, le gouvernement brésilien a exprimé sa «profonde consternation». Quant à l’Australie, le Premier ministre a rappelé son ambassadeur en Indonésie. Le gouvernement brésilien s’est dit choqué par l’annonce de l’exécution d’un de ses ressortissants – la seconde d’un Brésilien en Indonésie en trois mois –, malgré les appels à la clémence lancés par la présidente Dilma Rousseff en personne. Les Nations unies ont jugé les exécutions « extrêmement regrettables, extrêmement tristes » et ont demandé à Djakarta de rétablir le moratoire sur la peine de mort. La France a réagi en rappelant « son opposition à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances » et s’est dit « solidaire avec les pays des ressortissants » étrangers exécutés. « Les autorités françaises demeurent totalement mobilisées en faveur de Serge Atlaoui, dont la situation reste très préoccupante », a ajouté le porte-parole du ministère des affaires étrangères.

Le mutisme des autorités Nigérianes reste toujours incompréhensible alors que ses quatre ressortissants figuraient parmi les exécutés.

L’exécution de la condamnée philippine Mary Jane Veloso, une domestique de 30 ans, mère de deux jeunes garçons, qui a répété avoir été victime d’un réseau international de trafiquants de drogue, a quant à elle été reportée au tout dernier moment, selon le porte-parole du procureur général. Selon lui, le président philippin a demandé ce sursis après la reddition à la police des Philippines de la personne qui aurait recruté la condamnée à mort. Celle-ci devrait donc être amenée à témoigner dans le cadre de cette enquête. Le Français Serge Atlaoui, lui aussi condamné pour trafic de drogue, attend toujours dans le couloir de la mort.

Jusqu’au bout, l’Union européenne, la France et l’Australie ont pourtant appelé l’Indonésie à ne pas procéder à ces exécutions, estimant qu’il n’était «pas trop tard» pour changer d’avis, dans un communiqué commun publié ce mardi. Elles demandaient à Jakarta de réfléchir à «l’impact de la position indonésienne dans le monde et sa réputation internationale». «Nous respectons la souveraineté de l’Indonésie, mais nous sommes contre la peine de mort dans notre pays et à l’étranger», soulignaient les auteurs du communiqué.

Muhammad Prasetyo, procureur général d’Indonésie, a défendu ces exécutions, déclarant que son pays faisait face à une « guerre contre les horribles crimes liés à la drogue, qui menacent la survie de [la] nation ». « Nous ne faisons pas des ennemis de pays d’où venaient les exécutés », a-t-il ajouté.

 

 

Africpost avec lemonde et lefigaro 

 

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