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Le président français commence une tournée au Niger et au Tchad, où il lancera le nouveau dispositif antiterroriste français au Sahel.

Source: lepoint

Le président français François Hollande a commencé jeudi en Côte d’Ivoire une visite destinée à renforcer les liens économiques avec ce pays dont la France est le premier partenaire commercial, avant une tournée au Niger et au Tchad où il lancera le nouveau dispositif antiterroriste français au Sahel.

Arrivé avec près d’une heure de retard à Abidjan en raison de sa participation à un conseil européen à Bruxelles jusque tard dans la nuit, François Hollande a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny par son homologue ivoirien Alassane Ouattara. Abidjan, pour la première visite du président français en Côte d’Ivoire, était pavoisée de drapeaux aux couleurs des deux pays ainsi que de grands portraits des deux dirigeants. François Hollande a tissé de bonnes relations avec son homologue ivoirien, qu’il a reçu quatre fois à Paris depuis son élection il y a deux ans.

Premier pays investisseur et deuxième exportateur

Le chef de l’État français, qui compte avec ce déplacement conforter la place des très nombreuses entreprises françaises implantées en Côte d’Ivoire, a commencé son déplacement par une rencontre avec la quarantaine de patrons faisant partie de sa délégation, dont le P-DG du groupe Bouygues, Martin Bouygues, et des membres de la direction d’Alstom et de Suez-Environnement. Avant ses entretiens officiels avec le président Ouattara, il visitera en bateau la lagune d’Abidjan où la construction d’un troisième pont, projet phare du gouvernement ivoirien, a été attribuée à Bouygues.

Premier pays investisseur et deuxième exportateur en Côte d’Ivoire, la France y compte selon les autorités ivoiriennes “800 entreprises, dont 160 représentant de grands groupes” et travaillant entre autres dans les secteurs bancaire, du BTP ou du transport. Ces entreprises emploient “près de 35 000 personnes” et leurs chiffres d’affaires cumulés représentent environ 30 % du PIB du pays, d’après Paris. Les intentions d’investissement françaises dans ce pays, qui a connu 9,8 % de croissance en 2012 et 8,7 % l’an dernier, sont passées durant ces deux ans de 220 milliards de francs CFA (environ 336 millions d’euros) à 500 milliards de francs CFA (environ 763 millions d’euros).

François Hollande doit clôturer en début d’après-midi avec son hôte ivoirien un forum économique sur “La ville durable”. Les questions de justice et de droits de l’homme sont aussi au programme. François Hollande devrait rencontrer en fin de journée des représentants du Front patriotique ivoirien (FPI), parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, actuellement emprisonné à La Haye, et des ONG.

Justice

La Côte d’Ivoire se remet progressivement de la crise post-électorale de 2010-2011, consécutive au refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara. Malgré le processus de réconciliation, la plupart des procédures judiciaires relatives à cette crise, qui fit plus de 3 000 morts, sont encore en cours. Laurent Gbagbo, poursuivi pour crimes contre l’humanité, est quant à lui emprisonné depuis plus de deux ans à La Haye, en attente d’être jugé par la Cour pénale internationale.

Un accord de coopération en matière de justice, doté de quelque 25 millions d’euros, sera signé entre la France et la Côte d’Ivoire. Objectif : aider la justice ivoirienne à mieux fonctionner pour pouvoir solder les comptes de cette crise.

Vendredi et samedi, la suite de tournée africaine de François Hollande au Niger puis au Tchad sera dominée par les questions de sécurité, au moment où la France s’apprête à déployer une nouvelle force antiterroriste au Sahel, baptisée “Barkhane”, forte de 3 000 hommes et basée à N’Djamena. Cette force, agissant en partenariat avec les cinq pays de la zone (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), aura pour objectif d’élargir à tout le Sahel l’action des forces françaises contre les mouvements djihadistes. Le déplacement du président, qui est accompagné notamment des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, intervient deux jours après la mort d’un nouveau soldat français au Mali tué pour la première fois lors d’une attaque suicide.

Africpost via lepoint

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